Moto GP
Publié le 18 août 2026 • 20:30 par Nicolas Pascual

Parlons MotoGP : De nombreuses villes veulent le MotoGP, mais est-ce raisonnable ?

Le MotoGP veut investir les villes, et les villes ont l'air intéressées d'après Carmelo Ezpeleta. Qu'en penser ?

Carmelo Ezpeleta

Il y a quelques jours, Carmelo Ezpeleta livrait une longue interview où il s’étendait sur le futur du sport. Même si Liberty Media est désormais aux manettes, l’Espagnol garde une grande influence sur la discipline. Il y évoque Adélaïde, bien sûr, mais affirme que de nombreuses villes à travers le monde seraient intéressées par le spectacle MotoGP. Va-t-on se rapprocher de la Formule 1 ? Tout cela est-ce bien pertinent ? Analyse.

Cet article ne traitera pas directement le cas Adélaïde, pour lequel j’ai déjà réalisé une étude en plusieurs parties que je vous invite à lire en cliquant ici.

 

Si grave que ça ?

 

Au risque de vous surprendre, je n’ai absolument rien contre les circuits urbains, et cette idée – seulement si elle est appliquée avec bon sens comme je l’évoquerai dans quelques instants – me paraît bonne. Je trouve même que certains d’entre eux ont un charme fou, et qu’ils pourraient parfaitement recevoir le MotoGP. D’ailleurs, l’histoire de notre sport s’est écrite sur des routes publiques : le Snaefell Mountain Course, antre du Tourist Trophy, n’est-il est pas un circuit urbain ? Que dire de Macao ? Sans parler de Montjuïc et bien d’autres lieux historiques. Sur le principe, cela me convient donc parfaitement, et je suis même pour.

 

Villes MotoGP
Après tout, ça donne un charme au Tourist Trophy.

 

Les circuits urbains, un vrai challenge

 

Si je suis d’accord avec l’essence de cette idée, cela ne veut pas dire que j’apprécierai forcément sa réalisation. Pour qu’il soit bon, un circuit urbain doit cocher plusieurs cases. Premièrement, il doit être sûr pour les pilotes. C’est le grand défi des plus hautes instances, car la proximité avec les murs et l’irrégularité d’une route publique rend le tout souvent très dangereux. Je n’ai pas envie de m’attarder sur ce point, car j’imagine que, si c’est dans les tuyaux, alors, cela veut dire que la sécurité est déjà au centre de l’attention – tout du moins, je l’espère. Franco Uncini, champion 500cc 1982, est également pour et assure que tout sera fait dans les règles si on vient à courir en ville.

 

L’influence de Liberty Media

 

Passons désormais à ce qui pourrait me déplaire, et même, fortement. Dans la déclaration de Carmelo Ezpeleta, plusieurs choses m’ont alerté. Entre autres, le fait qu’il mentionne encore la Formule 1 comme référence. C’était à prévoir, car l’influence de Liberty Media se fait de plus en plus forte, mais j’en ai ma claque que le MotoGP devienne une F1 sur deux roues. Les deux disciplines, que j’aime et dont j’adore l’histoire, sont pourtant diamétralement opposées. Culturellement, les deux sports ne partagent rien ou presque, et notamment depuis le début du XXIe siècle.

Après les Sprints, la cool down room et les hymnes, voilà que le MotoGP voudrait encore copier la F1 parce que c’est ce qui fonctionne, sans prendre en compte, bien sûr, le caractère propre de chaque discipline. C’est ridicule. Car, laissez-moi vous dire une chose : aller sur des circuits urbains, oui, l’idée me plaît, mais sur les circuits urbains utilisés en F1, certainement pas !

 

Villes MotoGP
Singapour ? Je dis oui, mais irréalisable.

 

Hormis Monaco, Singapour et Melbourne, tous les circuits urbains utilisés par la F1 sont dénués d’intérêt, d’âme, et de tout ce qu’il faut pour faire une bonne course de MotoGP. Bakou ? Ce tracé, qui produit du spectacle en F1, serait très répétitif sur deux roues. Miami ? Une horreur née de l’inspiration de quelque milliardaire. Las Vegas ? Une honte. Jeddah, en Arabie Saoudite ? Le tracé est intéressant (urbain, mais permanent), mais je ne vois pas comment il pourrait devenir sûr pour de la moto.

Pour que l’idée soit pertinente, il faudrait donc créer de nouveaux circuits urbains, ce qui est à la mode, d’ailleurs. Si l’on se fie aux dernières décisions du MotoGP, ils se trouveraient sans doute en Asie du Sud-est, peut-être au Vietnam, où un GP de F1 était un temps envisagé.

 

Un gâchis ?

 

Soyons clairs : il ne faudrait pas ajouter de nouvelles manches à un calendrier déjà trop chargé, non, mais bien arrêter d’aller courir sur certains circuits traditionnels. De ce fait, si vous me dites qu’on remplacera Aragon, Portimao ou Mandalika par de nouveaux circuits en ville, alors, je signerai des deux mains, car ces tracés ne génèrent que trop rarement de belles courses en catégorie reine. En revanche, et c’est malheureusement ce qu’il risque d’arriver, nous allons peut-être devoir nous passer de lieux mythiques au profit de nouveaux circuits sans âme, exactement comme en F1 où la présence annuelle de Spa-Francorchamps est menacée.

Justement, en parlant de Spa, n’est-ce pas là un gâchis monstrueux ? Plutôt que de nouveaux tracés urbains, j’aimerais d’abord revoir des joyaux au calendrier, comme Spa ou Laguna Seca. Il serait toujours plus facile de les mettre aux normes que de créer un nouveau circuit de zéro, mais, hélas, est-ce assez vendeur ? Je ne le crois pas.

En conclusion, je dirais donc que c’est une idée logique, dans l’air du temps. Si toutes les conditions sont réunies, le spectacle peut en valoir la peine, mais j’ai peur d’un nouveau plagiat de la Formule 1 et d’une démarche totalement dépassionnée.

Quel est votre avis concernant les circuits urbains ? Dites-le-moi en commentaires !

Pour rappel, cet article ne reflète que la pensée de son auteur, et pas de l’entièreté de la rédaction.

 

De quelles villes parle-t-il ? S’il évoque des lieux pertinents au vu de l’histoire des Grands Prix motos, pourquoi pas. Mais si on parle de Bangkok, de Détroit, ou de Dubaï, non merci. Pourquoi pas un retour à Istanbul pour Toprak ?