Moto GP
Publié le 28 août 2026 • 18:00 par André Lecondé

MotoGP, Aragon J1 : près de deux secondes entre Marquez et Bagnaia relégué encore en Q1, Guintoli pointe un problème qui devient inquiétant

Bagnaia arrivera-t-il à se ressaisir ou sa confiance va-t-elle encore plus s’effriter au fil du week-end ? Le chrono ne ment pas.

Bagnaia

Vingtième à 1,875 seconde de Marc Marquez lors des FP1 du Grand Prix d’Aragon, condamné encore à une Q1 au terme de la Practice, Francesco Bagnaia n’a pas simplement connu une mauvaise journée au Motorland ce vendredi. Pour Sylvain Guintoli, l’ampleur de l’écart risque surtout d’endommager encore davantage une confiance déjà sérieusement ébranlée à Silverstone. Et le contraste avec son coéquipier Ducati devient difficile à ignorer.

Deux pilotes, la même Ducati et près de deux secondes d’écart. Il serait évidemment imprudent de tirer des conclusions définitives d’une première séance d’essais libres. Mais les chiffres de Francesco Bagnaia vendredi matin à MotorLand sont suffisamment inhabituels pour interpeller.

Pendant que Marc Marquez installait sa Ducati en tête avec un 1’47″532, Bagnaia terminait seulement 20e à 1,875 seconde. Pour Sylvain Guintoli, le problème dépasse désormais le simple chrono.

Guintoli : « Cela ne va pas améliorer la confiance de Bagnaia »

Consultant pour TNT Sports, le champion du monde Superbike 2014 a immédiatement rapproché cette FP1 du week-end particulièrement difficile vécu par Bagnaia à Silverstone. « Silverstone a été un désastre, n’est-ce pas ? », a-t-il rappelé, avant de revenir sur l’étrange chute de l’Italien en course.

« Il a perdu l’avant à la sortie du virage, ce qui est très étrange. Mais cela ne va pas améliorer sa confiance, avec près de deux secondes de retard. » C’est probablement là que réside la véritable inquiétude.

Un pilote en confiance peut considérer une mauvaise FP1 comme une séance de travail. Un pilote qui cherche déjà ses sensations risque davantage de voir dans 1,875 seconde de retard une confirmation de ses difficultés. Et Bagnaia arrive justement en Aragon dans une situation physique particulière.

Jeudi, le double champion du monde avait révélé avoir subi une intervention chirurgicale durant la pause estivale afin de traiter ses problèmes de syndrome des loges. Bagnaia assurait toutefois que cette opération ne devrait pas constituer un handicap majeur à MotorLand.

C’est également ce qui incite Mat Oxley à chercher l’explication ailleurs. Le journaliste britannique estime que l’intervention ne semble pas avoir limité l’amplitude des mouvements de l’Italien et considère plutôt que Bagnaia est « de retour dans la même situation difficile qu’à la fin de l’année dernière ».

Autrement dit, la question pourrait être moins médicale que technique et mentale : retrouver la confiance dans le train avant et comprendre une Ducati avec laquelle Marquez semble, lui, immédiatement à l’aise.

Francesco Bagnaia

Le contraste Zarco rend la situation encore plus frappante

Un autre élément relativise également l’hypothèse d’un Bagnaia simplement diminué par sa convalescence. Johann Zarco effectuait ce vendredi son retour après une absence beaucoup plus longue consécutive à sa blessure en Catalogne.

Et malgré plusieurs semaines sans Grand Prix, le Français a immédiatement signé le 11e chrono, à 1,117 seconde de Marquez, soit près de huit dixièmes devant Bagnaia. Et il s’est qualifié pour la Q2 avec sa Honda LCR.

La comparaison possède évidemment ses limites : motos différentes, programmes de travail différents et blessures différentes. Mais elle montre combien la 20e place du pilote officiel Ducati est inhabituelle.

Le problème Bagnaia devient aussi le problème Marquez

Marc Marquez est premier. Chaque fois que Bagnaia souffre pendant que son coéquipier place la même moto au sommet de la feuille des temps, il devient plus difficile d’expliquer ses difficultés uniquement par la machine.

Une FP1 ne fait pas un week-end. Mais après Silverstone, cette première séance d’Aragon n’était certainement pas celle dont il avait besoin. Car 1,875 seconde se récupère avec des réglages. Une confiance qui disparaît est autrement plus difficile à reconstruire. Et on l’a constaté lors de la Practice

Bagnaia