F1
Publié le 28 août 2026 • 01:00 par Oléna Champlain

F1 – Stella déroule le tapis rouge à Norris : après les victoires, le chéquier ?

Andrea Stella couvre Norris d’éloges. Champion et eader chez McLaren, Lando pourrait bientôt faire encore grimper l’addition.

Andrea Stella ne distribue généralement pas les compliments comme des confettis. Alors lorsqu’il explique que Lando Norris pilote désormais « au niveau d’un champion du monde », le message porte forcément un peu plus loin que le simple débrief du dimanche soir. Deux victoires consécutives, un Oscar Piastri repoussé à 55 points et une confiance retrouvée : à Woking, on célèbre le pilote. Et à ce rythme, la prochaine conversation pourrait bien avoir lieu autour d’un contrat… avec quelques zéros supplémentaires. Car lorsqu’un patron explique publiquement que son pilote devient meilleur course après course, le comptable finit généralement par entendre la conversation.

Norris – Stella : le champion reprend la main

Stella ne met même plus de frein aux compliments

Budapest avait déjà annoncé le réveil. Zandvoort l’a confirmé avec beaucoup moins de subtilité. Pole position, victoire, mais surtout un succès construit après avoir perdu la tête au restart face à Kimi Antonelli. Norris n’a pas paniqué. Il a attendu, travaillé ses pneus puis attaqué le leader du championnat lorsqu’il estimait le moment venu.

C’est précisément ce changement qu’Andrea Stella met en avant.

« Il exprime désormais un niveau supérieur d’affirmation. »

Le patron de McLaren insiste surtout sur la confiance nouvelle de son pilote et considère son dépassement sur Antonelli comme l’une des meilleures illustrations de cette évolution. Pour Stella, Norris ne confond plus agressivité et autorité : il sait désormais renoncer à une bataille lorsqu’elle est inutile pour mieux revenir plus tard.

Autrement dit : le Norris qui se demandait parfois s’il avait fait le bon choix semble progressivement avoir laissé sa place à celui qui considère que le bon choix est celui qu’il vient de faire. Et en Formule 1, cette nuance vaut souvent quelques dixièmes.

« Plus fort course après course »

Stella va encore plus loin.

« Je vois Lando devenir de plus en plus fort, course après course. »

Il estime que quelque chose a véritablement changé au début de la saison 2025, année durant laquelle Norris a fini par décrocher son premier titre mondial. L’évolution se poursuit en 2026, avec davantage d’assurance et une capacité accrue à gérer les moments délicats d’un Grand Prix. Après Zandvoort, le constat statistique soutient joliment le discours patronal.

Norris possède désormais 159 points, contre 104 pour Piastri : 55 points d’avance sur son équipier. L’Australien n’a plus gagné depuis Zandvoort 2025 et a terminé sixième cette année aux Pays-Bas, à plus de 32 secondes de l’autre McLaren. Norris, lui, vient d’enchaîner Budapest et Zandvoort et remonte au quatrième rang du championnat. Le fameux débat sur la hiérarchie interne chez McLaren commence donc à prendre une drôle de tournure. Il y a un an, Piastri pouvait encore regarder Norris dans les yeux. Aujourd’hui, il lui faut aussi regarder le classement.

Antonelli reste loin… mais Norris recommence à faire peur

Il ne faut évidemment pas transformer deux victoires en titre déjà emballé dans du papier orange. Kimi Antonelli demeure solidement installé en tête avec 242 points, contre 159 à Norris. Soit 83 unités d’écart. Russell et Hamilton suivent à 183 points chacun

Mais la dynamique s’est inversée.

Mercedes ne paraît plus aussi intouchable et Antonelli lui-même a reconnu après Zandvoort que son équipe ne possédait plus nécessairement la monoplace la plus rapide. McLaren a nettement progressé depuis ses évolutions introduites à Budapest.

Et Toto Wolff ne balaie plus Norris d’un revers de main : le patron de Mercedes le considère désormais, comme Hamilton, parmi les véritables menaces pour le championnat malgré le retard accumulé. Il y a encore quelques semaines, Norris poursuivait un rêve. Maintenant, Mercedes regarde régulièrement dans ses rétroviseurs. C’est déjà beaucoup plus amusant.

Et au milieu de tout cela… le salaire

Voilà où le discours dithyrambique de Stella devient particulièrement intéressant. Parce que Norris est champion du monde en titre. Parce qu’il porte sportivement McLaren. Parce qu’il vient de reprendre très nettement l’avantage sur Piastri. Et parce que sa valeur sur le marché n’a probablement jamais été aussi élevée.

Son salaire a déjà fortement progressé après son titre 2025. Les chiffres exacts ne sont pas publics et les estimations divergent selon la manière de comptabiliser fixe, primes et revenus annexes. Sportune estime sa rémunération 2026 à environ 40 millions d’euros et évoquait dès janvier une « augmentation substantielle ».

La Gazzetta dello Sport, de son côté, avance environ 18 millions de dollars de salaire fixe, avec un ensemble pouvant avoisiner 40 millions en intégrant bonus et sponsoring. Là encore, il s’agit d’estimations et non de chiffres communiqués officiellement par McLaren ou Norris.

Une chose est certaine : McLaren l’a verrouillé avec un contrat pluriannuel, après une prolongation annoncée dès janvier 2024 au-delà de 2025.

Et Norris ne donne guère l’impression de vouloir préparer ses cartons. Cet été, il expliquait encore vouloir rester chez McLaren« pour toujours », tout en reconnaissant qu’une seule autre équipe pourrait éventuellement susciter son intérêt Tout va donc parfaitement bien. Ce qui, dans le merveilleux univers des contrats de Formule 1, signifie généralement que quelqu’un finira par demander davantage d’argent.

Pas encore d’augmentation annoncée… mais le terrain est joliment préparé

Soyons précis : aucune nouvelle revalorisation salariale de Norris n’a été annoncée par McLaren à ce jour. Mais difficile de ne pas sourire devant l’enchaînement. Champion du monde en 2025. Salaire déjà revalorisé en 2026. Deux victoires consécutives. Piastri repoussé à 55 points. Et maintenant Andrea Stella qui explique publiquement que son pilote atteint un niveau supérieur de confiance, d’affirmation et de maîtrise.

À ce rythme-là, le prochain secteur violet de Norris pourrait bien apparaître sur une feuille Excel.

D’autant que McLaren se trouve dans une situation délicieuse : avoir un pilote qui affirme vouloir rester toute sa carrière constitue une formidable preuve de fidélité… mais cela n’oblige absolument pas ce pilote à accepter éternellement le même tarif. Et un champion du monde capable de recommencer à gagner avec une voiture qui n’était pas la référence en début de saison possède un argument assez simple à déposer sur le bureau de Zak Brown :

« Vous dites vous-mêmes que je suis meilleur qu’avant. Alors pourquoi mon contrat ne le serait-il pas aussi ? »

Stella fabrique-t-il lui-même le prochain argument de Norris ?

C’est peut-être finalement l’ironie de l’histoire. À force d’expliquer combien Norris a progressé, Andrea Stella fournit publiquement à son pilote les meilleures lignes de son futur dossier de négociation. Plus confiant ? Stella l’a dit. Plus affirmé ? Stella l’a dit. Au niveau d’un champion du monde ? Encore Stella. Plus fort course après course ? Toujours Stella.

Si Lando arrive bientôt dans le bureau de Zak Brown avec les déclarations de son propre team principal imprimées sous le bras, il ne faudra donc pas chercher très loin le responsable. Pour l’instant, Norris poursuit Antonelli.

Mais chez McLaren, il y a peut-être déjà un autre compteur qui commence doucement à grimper. Et celui-là n’affiche pas des points. Il affiche des millions.