C’était le Retour du roi, mais en MotoGP. Quoi qu’on en dise, quoi qu’on en pense, Marc Marquez est le meilleur pilote actuel, et sans doute de tous les temps. Ce n’est pas cette formidable double victoire à Aragon qui me fait dire ça, mais une quinzaine d’années d’excellence, qui, additionnées, ont façonné sa légende.
À la fin, c’est le roi qui gagne
Un temps, on a cru que son hégémonie était menacée en Aragon. Il est bon de rappeler que dans cet ancien royaume, Marquez est le digne successeur de Ferdinand II. L’Espagnol y comptait sept victoires en catégorie reine avant ce week-end, ce qui en faisait l’un de ses jardins favoris, au même titre que le Sachsenring ou le COTA – sur lequel il galère un peu plus depuis quelques années. Le vendredi, Marco Bezzecchi s’est illustré à la surprise générale, alors qu’il était diminué.

Mais une fois les feux éteints, il n’y avait même pas de suspense. Lors des deux courses, Marquez a tenté l’attaque au premier virage sur le poleman, qui m’a étrangement rappelé celle qui a mis fin à la carrière de Jorge Lorenzo en 2018. C’est passé en Sprint et il s’est échappé, mais Bezzecchi a répliqué lors du Grand Prix. On aurait pu croire que le « Bez » allait s’envoler, car la large majorité de ses victoires sont remportées de cette manière. Mais à Aragon, Marquez a beaucoup plus de rythme. Il l’a simplement rattrapé, l’a dépassé dans un virage très technique après une très jolie passe d’armes, et c’était fini. Pedro Acosta, deuxième après s’être engouffré dans la brèche, n’y pouvait rien non plus.
Le meilleur
À Silverstone, nous apprenions que Marquez n’était pas du tout rétabli, que son bras le faisait encore souffrir. D’après Davide Tardozzi, il faudra attendre la tournée outre-mer pour voir Marc à 100 % de ses moyens, soit pas avant un mois, grosso modo. Il n’est pas en pleine forme, et pourtant, c’est juste le meilleur.
Je crois que jamais nous n’avons vu, dans l’histoire récente – à partir du début des années 1980 –, un pilote aussi supérieur aux autres dans certaines configurations. Quand on arrive au Sachsenring ou à Aragon, on sait qu’il va gagner, c’est inévitable. Ce sont les autres pilotes en parlent le mieux ; deux déclarations ont retenu mon attention.
The 93 party is GOING CRAZY 🔊#AragonGP 🏁 pic.twitter.com/m2vEgPDWBV
— MotoGP™🏁 (@MotoGP) August 30, 2026
Le vendredi, Pedro Acosta affirmait que la victoire allait être déterminée par le niveau d’effort déployé par Marc Marquez uniquement. S’il se donne à fond, il gagne, et sinon, il est plus loin derrière. Rendez-vous compte de l’avantage qu’il faut avoir sur le reste de la grille pour qu’un concurrent direct dise ça. En gros, c’est comme si Marc Marquez décidait de gagner selon son envie, selon sa tolérance au risque. Mais qui s’est permis telle réflexion dans l’histoire des Grands Prix ?
Puis, le samedi, son frère Alex nous a éclairés. Il disait que lui et les autres étaient capables, sur un tour, de tenir un bon rythme. Mais que Marc pouvait le faire 24 tours, ce qui relevait de l’impossible pour toute la grille sauf lui. Je n’ai pas le souvenir, par exemple, que l’on parle de Rossi en ces termes, même au plus fort de sa domination, c’est-à-dire dans la première moitié de la décennie 2000.

Quel bilan tirer de tout ça ? Eh bien, c’est le meilleur, voilà tout. Et je crois que tous le savent, même ceux qui jouent le titre face à lui. En MotoGP, les résultats dépendent uniquement de Marquez, tout comme le spectacle d’ailleurs. C’est pour cette raison que je n’ai jamais cessé de croire en ses chances même lorsqu’il accusait un retard de plus de 100 points, après son retour au Mugello. Il fait la pluie et le beau temps ; s’il décide de se donner pour gagner – au risque de se blesser, attention – alors il sortira vainqueur. L’écart de niveau entre lui et les autres est presque inquiétant.
Un titre assuré ?
Qu’en est-il de ses chances pour le titre mondial ? Marquez est revenu deuxième du classement à 19 points de Jorge Martin. Il sait que, face à des adversaires assez largement inférieurs, il n’a pas besoin d’écraser la concurrence à chaque Grand Prix. Ainsi, je l’imagine gérer sur des pistes moins favorables, car les blessures lui font plus peur que Bezzecchi et consorts. S’il est titré en fin de saison, ça ne surprendra personne. Et, cela n’engage que moi, mais si Marquez ne l’est pas, c’est qu’il n’était physiquement pas en mesure de sauver assez de points sur les circuits défavorables. Qui d’autre sortirait victorieux et aurait le cran de dire : « Cette année, j’ai été le meilleur pilote » ? Personne.
Je suis curieux de savoir ce que vous pensez de l’écart entre Marc Marquez et les autres. Dites-le-moi en commentaires !
Pour rappel, cet article ne reflète que la pensée de son auteur, et pas de l’entièreté de la rédaction.

Photo de couverture : Michelin Motorsport









