Le Grand Prix du Qatar 2026 aura-t-il finalement lieu ? Alors que des rumeurs apparues dans le paddock d’Aragon évoquent désormais une annulation pure et simple de la manche de Losail, la Fédération qatarie de l’automobile et de la moto maintient exactement la position inverse : elle continue de préparer l’événement. Mais derrière son message rassurant se trouve une réalité beaucoup plus incertaine. Le Qatar peut préparer une course ; il ne peut pas garantir que la situation géopolitique permettra de l’organiser.
Le MotoGP possède toujours une grande inconnue dans son calendrier 2026 : Losail. Initialement prévu du 6 au 8 novembre, le Grand Prix du Qatar a été reporté en raison du conflit qui bouleverse le Moyen-Orient depuis février.
Et à Aragon, une nouvelle hypothèse a commencé à circuler dans le paddock : le MotoGP pourrait finalement renoncer complètement au rendez-vous qatari sans chercher à le remplacer. Le championnat passerait alors de 22 à 21 Grands Prix. Pour l’instant, le Qatar refuse pourtant de considérer cette possibilité comme acquise.
« Le plan est d’organiser la course »
Le président de la QMMF, Abdul Rahman bin Abdul Latif Al Mannai, assure que les préparatifs continuent normalement. « Le plan est d’organiser la course. Nous sommes opérationnels et nous nous préparons pour le MotoGP, et il en va de même pour nos discussions avec la Formule 1. »
Une déclaration importante, mais qui ne constitue évidemment pas une confirmation du Grand Prix. Al Mannai reconnaît lui-même que la décision finale dépendra largement d’éléments échappant au contrôle des organisateurs. « Bien sûr, il y a des choses que nous ne pouvons pas prévoir. C’est difficile. Nous ne savons pas ce qui va se passer. »
Les nouvelles opérations militaires américaines et iraniennes viennent justement rappeler à quel point la situation peut évoluer rapidement.
Le Qatar prépare donc une course… sans savoir s’il pourra l’accueillir
La position de la QMMF répond en réalité à une logique simple. Organiser un Grand Prix nécessite plusieurs mois de préparation. Attendre que la situation géopolitique soit définitivement stabilisée avant de reprendre le travail rendrait pratiquement impossible la tenue de l’événement.
Le Qatar doit donc continuer comme si le MotoGP allait revenir. « Pour nous, il est impossible d’interrompre les projets. Nous devons être prêts. Nous avançons étape par étape pour évaluer la situation. Mais jusqu’à présent, tout va bien. Tout est en ordre. » Losail sera prêt. Reste à savoir si le MotoGP pourra venir.

La Formule 1 confrontée au même problème
L’incertitude dépasse largement le championnat MotoGP. La Formule 1 a déjà été contrainte de déplacer son Grand Prix de Bahreïn en Malaisie, où la course doit désormais se tenir du 2 au 4 octobre.
Deux autres rendez-vous restent particulièrement exposés : le Grand Prix du Qatar, programmé du 27 au 29 novembre, puis la finale d’Abu Dhabi une semaine plus tard. La région occupe donc une place considérable dans les calendriers internationaux précisément au moment où les organisateurs disposent de moins en moins de visibilité.
Le précédent du WEC montre d’ailleurs que les annulations ne sont plus théoriques. Le Championnat du monde d’Endurance a été l’une des premières grandes compétitions internationales directement touchées.
Son Prologue et son ouverture de saison au Qatar avaient d’abord été reportés avant que les manches de Losail et de Bahreïn soient finalement annulées, avec Barcelone et Monza utilisées pour restructurer le calendrier.
Cela n’empêche pourtant pas le Qatar de préparer déjà 2027. La QMMF affirme que Losail doit accueillir en mars prochain le Prologue puis la manche d’ouverture du prochain championnat WEC. Même logique, donc : continuer à organiser tant qu’une impossibilité définitive n’a pas été établie.
Le MotoGP devra bientôt trancher sur le cas du Qatar
Le problème est désormais celui du calendrier. Plus novembre approche, moins le MotoGP dispose de marge pour attendre une stabilisation durable de la situation ou envisager une solution alternative.
Les rumeurs entendues à Aragon concernant une saison réduite à 21 manches prennent ainsi davantage de sens, même si aucune décision officielle ne les confirme pour l’instant.
Le Qatar, lui, envoie un message très clair : ce ne sera pas Losail qui renoncera le premier. La QMMF continuera de préparer son Grand Prix aussi longtemps que cela restera possible.
Mais dans le contexte actuel, « tout est en ordre » signifie seulement que le circuit sera prêt. Pour savoir si les MotoGP pourront réellement s’y rendre, ce n’est désormais plus le chronomètre qui décide. C’est la géopolitique.










