Le Grand Prix du Qatar figure toujours officiellement au calendrier MotoGP du 6 au 8 novembre. Mais à Aragon, l’hypothèse de son annulation a brutalement gagné en crédibilité. Carlos Ezpeleta reconnaît que le MotoGP cherche encore une solution avec les autorités qataries, tandis que des informations venues du paddock annoncent désormais une suppression pure et simple de l’épreuve, sans remplacement. Une décision loin d’être neutre dans une lutte pour le titre particulièrement serrée.
Officiellement, le MotoGP veut toujours aller au Qatar. Officieusement, le paddock commence sérieusement à se préparer à ne pas y aller.
Le Grand Prix de Losail devait initialement constituer la quatrième manche du championnat avant que la situation géopolitique au Moyen-Orient ne contraigne le MotoGP à le reporter au 8 novembre. Le Portugal et Valencia avaient alors été décalés d’une semaine pour lui faire une place.
Cinq mois plus tard, le problème n’est toujours pas résolu. Et Carlos Ezpeleta ne le cache plus.
« Nous essayons toujours de pouvoir aller au Qatar »
Fraîchement promu directeur général adjoint du MotoGP, le fils de Carmelo Ezpeleta s’est exprimé vendredi à MotorLand. « Nous continuons à travailler et à discuter avec le gouvernement qatari », a-t-il expliqué, précisant que le championnat essayait toujours de pouvoir organiser l’épreuve.
Mais il existe désormais une échéance. MotoGP veut trancher avant le début de la tournée asiatique, qui commencera au Japon début octobre. La raison n’est pas seulement logistique. « Ce n’est pas la même chose de gérer six ou sept événements », souligne Ezpeleta.
Autrement dit, les pilotes doivent savoir combien de Grands Prix leur restent réellement pour construire leur stratégie de fin de championnat.
Le scénario d’un remplacement du Qatar semble s’éloigner
Il y a encore quelques semaines, MotoGP reconnaissait étudier des solutions alternatives. Un déplacement de l’épreuve vers un autre pays avait même été envisagé, à l’image des modifications effectuées par d’autres championnats touchés par la situation au Moyen-Orient.
Mais la piste paraît désormais se refermer. Selon les informations de The Race, recueillies dans le paddock d’Aragon, le scénario privilégié serait maintenant beaucoup plus simple : annuler le Qatar et ne pas le remplacer.
L’hypothèse d’un second week-end à Sepang aurait notamment été évoquée avant d’être abandonnée. Le championnat passerait alors de 22 à 21 Grands Prix. Contractuellement, MotoGP disposerait de suffisamment d’épreuves pour que cette réduction ne pose pas de problème avec ses diffuseurs. Sportivement, c’est une autre histoire.

37 points qui pourraient décider du titre
Une manche MotoGP représente désormais jusqu’à 37 points : 12 lors du Sprint et 25 le dimanche. Supprimer le Qatar revient donc à retirer brutalement 37 points du championnat. Et cette saison, cela compte énormément.
Jorge Martin est arrivé en Aragón avec 31 points d’avance sur Marco Bezzecchi, tandis qu’Ai Ogura, Marc Márquez et Fabio Di Giannantonio restent regroupés juste derrière. Pour ceux qui poursuivent Martin, chaque course supplémentaire représente une occasion de revenir. Pour le leader, chaque course supprimée rapproche mécaniquement la ligne d’arrivée.
Le choix possède même une dimension supplémentaire concernant Marc Marquez. Losail ne figure historiquement pas parmi ses circuits les plus favorables. Une éventuelle manche supplémentaire à Sepang n’aurait pas nécessairement constitué un cadeau non plus. Supprimer l’épreuve plutôt que la déplacer modifie donc subtilement les opportunités offertes à chacun.
Le calendrier 2027 également suspendu au Moyen-Orient
Le problème dépasse enfin la saison actuelle. Carlos Ezpeleta affirme que le calendrier 2027 est bouclé à environ 95 %, mais reconnaît que la situation au Moyen-Orient empêche encore de le finaliser. Son annonce devrait intervenir dans les prochaines semaines.
Pour l’instant, le Qatar reste officiellement au calendrier 2026 et les billets sont toujours commercialisés. Aucune annulation n’a donc été annoncée. Mais la tonalité a changé.
Il y a quelques semaines, la question était de savoir où le MotoGP pourrait remplacer Losail. À Aragon, elle devient plutôt : quand annoncera-t-on que le championnat comptera une course de moins ?
Et avec un titre aussi disputé, supprimer le Qatar ne reviendrait pas seulement à modifier un calendrier. Ce seraient 37 points que la géopolitique retirerait directement de la bataille pour le championnat du monde.










