Stefano Domenicali dirige la Formule 1 mondiale, mais à quelques jours de Monza, son cœur parle très clairement italien. Et en 2026, il a de quoi être servi : Kimi Antonelli domine le championnat, Ferrari a retrouvé la victoire et l’Italie recommence à rêver d’un dimanche rouge… ou argenté.

Domenicali s’enflamme pour Antonelli, Ferrari reste incontournable
Kimi électrise l’Italie, Ferrari reste l’autre obsession nationale.
Le patron de la F1 estime que l’ascension fulgurante d’Antonelli constitue bien davantage qu’une belle histoire sportive. À seulement 20 ans, le pilote Mercedes créerait selon lui un véritable effet d’entraînement pour l’Italie, y compris sur le plan économique. Domenicali décrit même le jeune homme comme un personnage doté d’un « extraordinaire romantisme », symbole idéal d’une nouvelle génération italienne. Voilà Kimi promu à la fois pilote, héros national… et presque indicateur du PIB.
Six victoires, 59 points d’avance : le romantisme roule très vite
Il faut reconnaître que les chiffres facilitent quelque peu l’enthousiasme de Domenicali.
Après douze Grands Prix, Antonelli possède six victoires et 59 points d’avance sur George Russell et Lewis Hamilton. Mercedes domine également le championnat constructeurs avec 87 points d’avance sur Ferrari.
Le scénario est historique : Antonelli est le premier Italien depuis 1953 à arriver à son Grand Prix national en tête du championnat du monde. Autrement dit, l’Italie attendait ce moment depuis l’époque où les casques ressemblaient encore à des bols retournés.
Domenicali ne cache donc pas sa satisfaction. Dès juillet, il parlait déjà d’une véritable « revanche italienne », estimant que le succès d’Antonelli et le retour de Ferrari aux avant-postes dépassaient largement le simple cadre des circuits.
Petit détail : Antonelli partira du fond
Évidemment, parce qu’une belle histoire italienne sans complication serait beaucoup trop simple, Antonelli abordera Monza avec une pénalité moteur qui doit le faire partir du fond de la grille.
Mercedes a décidé de remplacer complètement son unité de puissance, condamnant son leader du championnat à une opération remontée devant les tifosi. Le garçon qui possède 59 points d’avance devra donc commencer son Grand Prix en regardant presque tout le monde devant lui. Pour le côté « romantique » évoqué par Domenicali, difficile de faire mieux. S’il remonte jusqu’au podium, l’Italie aura son film. S’il gagne, Netflix aura probablement déjà trouvé le titre de l’épisode.
Et puis Domenicali glisse forcément Ferrari dans la conversation
Car aussi enthousiasmante soit l’histoire Antonelli, Domenicali sait parfaitement qu’en Italie, la Formule 1 possède une religion officielle : Ferrari.
L’ancien patron de la Scuderia estime ainsi qu’une Ferrari capable de gagner produit un impact qui « va au-delà de l’aspect sportif », avec des retombées sur l’image et l’économie italiennes.
Une manière très diplomatique de rappeler une réalité que Maranello connaît depuis plusieurs décennies : on peut organiser un superbe championnat, accueillir des stars et vendre des tribunes pleines…
…mais quand Ferrari gagne, l’Italie entière change de température.
Et justement, la Scuderia arrive à Monza avec quelques raisons d’espérer. Elle occupe la deuxième place du championnat constructeurs, tandis que Lewis Hamilton et Charles Leclerc ont chacun déjà remporté une course cette saison.
Pas encore la domination impériale. Mais au moins, cette année, la victoire n’est plus classée dans la rubrique science-fiction.
Ferrari sort Schumacher du placard à souvenirs
Maranello a d’ailleurs parfaitement compris qu’à Monza, l’émotion compte presque autant que le chrono. Ferrari célèbre ce week-end le 30e anniversaire de la première victoire de Michael Schumacher à Monza en rouge, obtenue en 1996, avec une livrée spéciale inspirée de la F310. Les SF-26 de Hamilton et Leclerc adopteront des références rouges, blanches et noires à cette monoplace, accompagnées de sept étoiles et du logo « MS ».
La F2002 sera également remise en piste lors du week-end, avec Sebastian Vettel et Rubens Barrichello annoncés à son volant.
Donc récapitulons : Antonelli joue le titre. Ferrari invoque Schumacher. Hamilton compte cinq victoires à Monza. Leclerc y a déjà gagné deux fois. Et Domenicali explique que tout cela fait du bien à l’économie italienne.
Il ne manque plus qu’un ministre des Finances sur le podium.
Un duel italien… sans Italien chez Ferrari
C’est finalement le paradoxe délicieux de cette saison. Le meilleur espoir italien de titre mondial conduit une Mercedes. Pendant que Ferrari, symbole automobile absolu du pays, aligne un Monégasque et un Britannique. Le dernier Italien à avoir gagné le Grand Prix d’Italie reste Ludovico Scarfiotti en 1966. Antonelli peut donc mettre fin à une attente de soixante ans… mais au volant d’une Flèche d’Argent. Pour les tifosi puristes, le cerveau risque de demander quelques secondes de recalibrage.
Applaudir Kimi ? Évidemment. Souhaiter qu’il batte Ferrari ? Là, la réunion familiale risque d’être plus compliquée.
Domenicali a finalement le problème dont rêverait n’importe quel patron
L’Italie possède cette saison deux histoires capables de vendre la F1 : un jeune prodige italien qui mène le championnat et une Ferrari redevenue suffisamment compétitive pour faire vibrer Monza. Domenicali peut donc insister sur l’économie, le rayonnement du pays et la dimension romantique du phénomène Antonelli sans avoir besoin de beaucoup forcer le trait.
Le véritable test arrivera dimanche.
Car les chiffres économiques sont intéressants, les audiences également et les histoires romantiques font de beaux articles.
Mais à Monza, l’unité de mesure reste beaucoup plus simple :
si Antonelli remonte depuis le fond pendant que Ferrari joue la victoire, l’Italie oubliera très vite le PIB pour regarder le chronomètre.
A livery fit for home 🏡 Our Monza livery is here, inspired by the lasting impact of Michael Schumacher on our team ❤️ pic.twitter.com/MWGlJi4miv
— Scuderia Ferrari HP (@ScuderiaFerrari) September 1, 2026









