Il y a des week-ends où le scénario semble écrit par quelqu’un qui aime franchement l’ironie : vendredi, Lando Norris regardait quasiment les EL2 depuis son garage, sa McLaren immobilisée par un problème de boîte de vitesses. McLaren parlait alors d’un sérieux handicap sur un circuit entièrement nouveau, où chaque tour devait compter double. Vingt-quatre heures plus tard ? Le champion du monde colle sa MCL40 en pole au Madring. Contre toute attente, l’invité surprise s’appelle donc… karma. Mark Temple, directeur technique Performance de McLaren, n’avait pourtant rien enjolivé vendredi : « C’est clairement un gros coup dur pour lui », expliquait-il après la panne. Norris n’avait effectué que deux tours en EL2, sans chrono représentatif, et reconnaissait lui-même être « clairement en retrait » avant le samedi. Sur un tracé inédit, technique et bordé de murs, difficile d’imaginer préparation plus bancale.

Norris, de la panne à la pole
Onze millièmes, et Mercedes perd son monopole
Le réveil est venu en EL3. Norris a retrouvé du kilométrage et signé le quatrième temps, derrière Kimi Antonelli, Charles Leclerc et son équipier Oscar Piastri. Pas encore de quoi annoncer la foudre, d’autant qu’Antonelli semblait avoir mis la main sur le Madring tandis que Mercedes avait jusque-là trusté les premières places.
Et la qualification n’a pas spécialement donné l’impression que Norris préparait son hold-up. Verstappen, Antonelli, Hamilton, Leclerc et Russell se sont tour à tour montrés capables d’aller chercher la pole. Hamilton a même placé Ferrari en tête provisoire avec un 1’32’’079 en début de Q3. Pendant ce temps-là, Norris récoltait une amende de 900 euros pour excès de vitesse dans la voie des stands et un drapeau noir et blanc pour conduite jugée incorrecte. Quitte à fabriquer un scénario improbable, autant ne rien oublier.
Puis est arrivé « le tour ».
1’31’’824. Norris arrache la pole à Antonelli pour onze millièmes de seconde. 0,011 s. À peine le temps de cligner des yeux, Verstappen est 3e, Lewis Hamilton est 4e, Charles Leclerc est 5e. Les cinq premiers tiennent en moins de deux dixièmes.
McLaren : du bricolage au coup parfait.
C’est évidemment là que le week-end devient savoureux. Vendredi, McLaren devait récupérer les données de Piastri et des autres équipes pour compenser les kilomètres perdus par Norris. Samedi, c’est cette même voiture supposément en retard dans son apprentissage qui signe le meilleur tour jamais réalisé en qualification au Madring.
Tout n’est donc pas soudainement réglé chez McLaren. La panne de vendredi reste un sérieux avertissement et Piastri, seulement septième, montre que la MCL40 n’est pas devenue par magie l’arme absolue du plateau. Mais Norris, lui, vient encore de rappeler pourquoi il porte le numéro 1 : quand une fenêtre s’entrouvre, il est capable de passer au travers avant même que les autres ne l’aient vue.
Et sur un Madring où les pilotes ont déjà constaté combien les dépassements peuvent être compliqués, cette pole vaut potentiellement beaucoup plus qu’un joli samedi après-midi. Charles Leclerc avait lui-même souligné après les essais qu’il était extrêmement difficile de dépasser, faisant de la qualification l’un des moments déterminants du week-end. Norris signe la pole en 1’31’’824, avec Antonelli à 0,011 s et Verstappen qui complètent le top3. Bearman n’a pas pu participer après son accident des EL3, tandis que Sainz et Alonso ont vécu une élimination particulièrement douloureuse dès la Q1 devant leur public.
Vendredi : “gros coup dur”. Samedi : pole position. À Madrid, le karma n’a même pas attendu dimanche.
The grid is set for Round 14 at the MADRING 🤩📊
And we have four different teams in the first four positions! 👀#F1 #SpanishGP pic.twitter.com/KV9je1IxDq
— Formula 1 (@F1) September 12, 2026
























