Moto GP
Publié le 14 septembre 2026 • 08:00 par André Lecondé

MotoGP – Fabio Quartararo en ferait-il trop avec Yamaha ? « Il a choisi l’argent plutôt que les performances, qu’il s’en souvienne », mais qui a dit ça ?

Alors que Fabio Quartararo continue de critiquer Yamaha à chaque Grand Prix, un expert britannique a sorti l’artillerie lourde.

Quartararo

Fabio Quartararo ne ménage plus Yamaha et vient encore d’expliquer pourquoi le constructeur japonais a, selon lui, raté la révolution technologique du MotoGP. Mais Mat Oxley estime que le Français oublie une partie de l’histoire : lorsqu’Aprilia lui offrait une porte de sortie en 2024, Quartararo a choisi de prolonger avec Yamaha. Pour le journaliste britannique, il aurait alors privilégié son salaire à ses chances sportives. Une critique sévère qui replace aussi le pilote devant ses propres choix.

Yamaha a-t-il laissé tomber Fabio Quartararo ? Ou Fabio Quartararo a-t-il également participé à la situation dans laquelle il se trouve aujourd’hui ? Mat Oxley a choisi la deuxième lecture sur X. Et il ne prend aucune précaution particulière pour le dire.

« Quartararo a trop pleuré ces derniers temps »

Le Français multiplie les critiques envers Yamaha. Après Aragon, il estimait que certaines évolutions avaient même rendu la M1 moins performante. À Misano, il vient d’expliquer que Yamaha n’avait pas réussi à suivre la révolution technologique du MotoGP.

Aérodynamisme, électronique, puissance : selon lui, sa moto ressemble désormais à « une moto d’il y a quatre ans ». Oxley reconnaît la réalité du problème. « Yamaha traverse une période extrêmement difficile. »

Mais il estime que Quartararo dépasse désormais une limite. « J’adore quand les pilotes disent ce qu’ils pensent vraiment plutôt que de débiter des conneries de relations publiques, mais Quartararo a trop pleuré ces derniers temps. »

Aprilia lui avait offert une autre route

L’argument central d’Oxley ramène le débat à 2024. Quartararo arrivait alors au terme de son contrat et plusieurs possibilités s’offraient à lui. Aprilia faisait partie des alternatives. Le Français a finalement choisi de prolonger avec Yamaha, convaincu par les investissements promis et le projet de reconstruction du constructeur japonais.

Mais aussi, selon Oxley, par les conditions financières proposées. « Il y a deux ans, il aurait pu signer chez Aprilia, pour la moitié du salaire, et il aurait peut-être remporté un autre titre MotoGP. »

La dernière partie restera évidemment impossible à démontrer. Personne ne peut savoir ce que Quartararo aurait accompli sur l’Aprilia. Mais l’évolution de la RS-GP rend aujourd’hui la perspective particulièrement piquante.

« Il a privilégié l’argent »

Oxley va encore plus loin. « Au lieu de cela, il a privilégié l’argent au détriment de ses performances. Il devrait s’en souvenir. » Le salaire qu’il évoque, proche de douze millions d’euros annuels, reste une estimation circulant dans le paddock et non un chiffre officiellement confirmé.

Mais le débat ne porte finalement pas sur le montant exact. Quartararo connaissait déjà les difficultés de Yamaha lorsqu’il a prolongé. Il a accepté de participer à la reconstruction. Et c’est précisément ce qu’Oxley lui reproche aujourd’hui d’oublier lorsqu’il critique publiquement la lenteur des progrès.

Quartararo avait pourtant une raison sportive d’y croire

La critique mérite néanmoins son propre contre-argument. Présenter la prolongation de 2024 comme un choix exclusivement financier serait également excessif. Yamaha avait engagé d’importants moyens, recruté des ingénieurs, obtenu des concessions réglementaires et promis une profonde transformation de son projet MotoGP.

Quartararo pouvait donc raisonnablement espérer que ces investissements permettraient à la marque de revenir. Deux ans plus tard, le pari n’a simplement pas produit les résultats espérés. Et c’est cette déception qui nourrit probablement une partie de sa colère actuelle.

Le procès de Yamaha devient aussi celui de Quartararo

Son départ vers Honda en 2027 fermera bientôt cette histoire. D’ici là, chaque critique du Français envers Yamaha pourra désormais provoquer cette réponse : pourquoi être resté ?

Oxley ne disculpe donc pas Yamaha de son échec technique. Il rappelle simplement que Quartararo n’était pas prisonnier de la M1. En 2024, il pouvait partir et a choisi de rester. Était-ce pour l’argent, comme l’affirme brutalement le Britannique, ou parce qu’il croyait encore au projet ? Probablement un mélange plus complexe. Mais après deux années supplémentaires, le choix appartient aussi à l’histoire de son échec avec Yamaha.

Quartararo