Moto GP
Publié le 13 septembre 2026 • 18:45 par André Lecondé

MotoGP – Alex Marquez a-t-il laissé gagner son frère à Misano ? Ducati dit non… mais Tardozzi laisse une porte ouverte

Alex Marquez a-t-il épargné Marc ? Ducati nie toute consigne, mais Tardozzi admet que l'intérêt du championnat pourrait changer la donne.

Ducati

Alex Marquez est revenu à moins d’une seconde de Marc dans les derniers tours du Grand Prix de Saint-Marin sans finalement tenter d’attaque. Consigne Ducati ? Davide Tardozzi et le pilote Gresini le démentent catégoriquement. Mais Alex rappelle qu’ils « courent pour Ducati » et Tardozzi reconnaît qu’en fin de championnat, l’intérêt du titre pourrait changer les règles du jeu.

La question que les images de Misano faisaient inévitablement naître a finalement été posée directement aux intéressés. Pourquoi Alex Marquez n’a-t-il pas attaqué Marc ? Le cadet venait pourtant de montrer qu’il n’avait aucun problème à prendre des risques lorsqu’il avait un adversaire devant lui. Il avait dépassé Jorge Martin avec autorité au virage 6 avant de revenir progressivement sur son frère. À quelques tours de l’arrivée, moins d’une seconde séparait les deux Marquez. Puis plus rien.

Tardozzi : « Non, non, non, non, non »

L’hypothèse d’une consigne Ducati provoque une réaction immédiate de Davide Tardozzi. « Non, non, non, non, non. » Difficile de démentir plus fermement. Selon le cadre de Ducati Lenovo, Borgo Panigale n’a demandé à Alex ni de protéger Marc ni de renoncer à la victoire.

Tardozzi propose néanmoins lui-même une explication. « Je crois qu’Alex a jugé qu’attaquer Marc était trop risqué et que la deuxième place était importante. »

Pas d’ordre d’équipe ne signifie pas nécessairement absence de calcul. Alex connaît son frère mieux que quiconque. Il savait également qu’une chute entre deux Ducati aurait été catastrophique.

Alex : « Nous savons que nous courons pour Ducati »

Interrogé à son tour, Alex rejette lui aussi l’idée d’un scénario préparé avant le départ. « Je n’aime pas faire de plans parce que, plus tard dans les courses, des choses inattendues peuvent arriver très facilement. »

Il préfère donc décider en fonction de la situation. Mais sa réponse contient ensuite une phrase qui ne manquera pas d’alimenter le débat. « Nous savons que nous courons pour Ducati, même si nous sommes des professionnels et que nous devons faire nos courses. »

Alex n’affirme évidemment pas qu’il a laissé gagner Marc. Mais il reconnaît l’existence d’un intérêt supérieur commun. Et à Misano, cet intérêt était particulièrement visible : un doublé Ducati et Marc propulsé en tête du championnat.

Pourquoi attaquer Martin et pas Marc ?

C’est précisément là que la question devient impossible à évacuer complètement. Alex a attaqué Martin. Cette manœuvre a fait perdre des points au rival direct de son frère. Puis Alex est revenu sur Marc sans tenter une attaque comparable.

Cela ne prouve absolument pas qu’il aurait refusé de dépasser Marc si une occasion claire s’était présentée. Une attaque permettant de prendre une deuxième place n’implique pas le même rapport risque-récompense qu’une offensive contre son propre frère pour une victoire Ducati.

Mais lorsque Marc et Martin sont désormais à égalité avec 274 points, chaque position prise par Alex à l’un ou à l’autre possède une conséquence directe sur le championnat.

Et Tardozzi entrouvre lui-même la porte chez Ducati

Le passage le plus intéressant arrive finalement lorsque Tardozzi évoque l’avenir. Il assure qu’il n’existe actuellement aucune discussion destinée à organiser les positions des pilotes. Puis il ajoute que si une telle situation devait survenir, ce serait probablement lors de la dernière course, parce qu’« il est plus important de gagner le championnat que tout le reste ».

C’est la reconnaissance que la doctrine de non-intervention pourrait avoir ses limites. À Misano, rien ne permet donc d’accuser Alex Marquez d’avoir laissé gagner son frère. Ducati le nie, Alex le nie et aucune preuve ne démontre le contraire. Mais leurs propres réponses révèlent une réalité plus subtile : Alex sait qu’il court aussi pour Ducati, Tardozzi comprend qu’il ait préféré sécuriser le doublé et le même Tardozzi admet que l’intérêt du championnat MotoGP pourrait un jour devenir prioritaire. Pas de consigne à Misano, donc. Pour la suite ? La réponse est déjà beaucoup moins catégorique.

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