Francesco Bagnaia vient de vivre ses pires qualifications à Misano avant de terminer seulement 13e du Sprint. Mais le plus préoccupant vient peut-être désormais du garage Ducati. Davide Tardozzi assure que Borgo Panigale continue de « se battre » pour rendre à Pecco les sensations qu’il recherche, tout en reconnaissant que les ingénieurs n’ont toujours pas trouvé la solution. À quelques mois de leur séparation, le mystère Bagnaia-GP26 reste entier.
Misano devait être l’endroit idéal pour retrouver Francesco Bagnaia. Il est en train de devenir le symbole exactement inverse. Double vainqueur sur ce circuit, plusieurs fois poleman et encore détenteur du record jusqu’à ce que Marco Bezzecchi l’efface samedi matin, Pecco connaît un week-end méconnaissable. 14e sur la grille. 13e du Sprint. Et toujours aucune véritable explication.
Tardozzi : « Nous n’y sommes pas parvenus »
Davide Tardozzi ne cherche pas à masquer la situation. « Nous travaillons toujours pour essayer de trouver quelque chose qui lui permette de retrouver ses sensations. Mais pour l’instant, nous n’y sommes pas parvenus. »
Depuis des mois, les performances des autres Ducati servent presque systématiquement de contre-argument aux difficultés de Bagnaia. Marc Marquez est rapide. Alex Marquez également. Fabio Di Giannantonio peut lui aussi placer sa GP26 devant. Conclusion facile : la moto fonctionne. Tardozzi décrit pourtant une situation beaucoup moins simple.
Ducati continue de chercher une solution technique
Le patron de l’équipe ne demande pas publiquement à Bagnaia de simplement changer son pilotage. Il affirme que Ducati cherche quelque chose sur la moto capable de lui rendre ses sensations. « On se bat toujours pour trouver la bonne solution. »
Valentino Rossi avait déjà proposé vendredi une piste après avoir observé son protégé depuis le bord du circuit. Selon lui, le frein moteur et l’électronique semblaient empêcher Pecco de disposer d’une moto suffisamment stable au freinage. Samedi matin avait pourtant apporté une petite amélioration avec le huitième temps. Quelques heures plus tard, Bagnaia était de nouveau perdu en Q1.

La détresse de Francesco Bagnaia à Misano : Ducati admet son impuissance
Le résultat est d’autant plus brutal que Bagnaia n’a même pas réussi à décrocher l’une des deux places donnant accès à la Q2. Fermin Aldeguer et Raul Fernandez sont passés. Fabio Quartararo a également terminé devant Pecco malgré les difficultés actuelles de Yamaha.
Bagnaia n’a pris que la quatrième place de la Q1, à 0″117 du Français. Pour un pilote qui a construit une partie de sa domination passée sur sa capacité à produire un tour parfait en qualification, la situation interpelle.
Et à Misano plus qu’ailleurs. « C’est dommage que Bagnaia ne soit pas en première ligne, car il a toujours été l’un des pilotes les plus rapides sur ce circuit », reconnaît sur TNT Sports 2 Tardozzi.
Le cas Di Giannantonio invite aussi à la prudence
Un autre élément apparu ce week-end rend toute conclusion définitive encore plus délicate. Di Giannantonio a révélé que l’une de ses deux GP26 était depuis plusieurs courses environ une seconde plus lente que l’autre, sans que son équipe ait encore réussi à identifier précisément pourquoi.
Cela ne démontre évidemment aucun lien avec les problèmes de Bagnaia. Encore moins que Pecco disposerait d’une Ducati inférieure. Mais cela rappelle qu’en MotoGP, deux machines théoriquement identiques peuvent produire des comportements très différents pour des raisons extrêmement difficiles à isoler.
Dès lors, réduire le problème actuel à « Marquez va vite avec la GP26, donc Bagnaia est seul responsable » devient insuffisant. C’est probablement ce qui rend la situation si préoccupante : Bagnaia ne comprend plus complètement sa Ducati et Ducati ne semble pas encore comprendre comment lui rendre celle qu’il connaissait. À Misano, sur l’un des circuits où Pecco devrait avoir le plus de repères, même Tardozzi ne promet plus une solution. Il assure seulement que Borgo Panigale continue de la chercher.

























