Marco Bezzecchi n’est qu’à 33 points de Marc Marquez et Jorge Martin, mais Uccio Salucci estime que le pilote Aprilia n’est actuellement pas suffisamment immergé dans sa bataille pour le championnat. Après sa chute alors qu’il menait à Misano, le directeur de VR46 ne l’a même pas sermonné : pour lui, l’erreur était suffisamment évidente. Son avertissement est ailleurs et beaucoup plus personnel : lorsqu’on joue un titre MotoGP, il faut « s’y plonger douze heures par jour ». Or, selon Salucci, Bezzecchi ne le ferait plus autant ces derniers temps.
Marco Bezzecchi possède peut-être devant lui l’occasion d’une vie. Sept Grands Prix restent à disputer. Il compte 33 points de retard sur Marc Marquez et Jorge Martin. Son Aprilia est capable de gagner. Et pourtant, l’un des hommes qui le connaît le mieux dans le paddock estime qu’il manque actuellement quelque chose. Pas à sa moto. À son approche.
« Il faut s’y plonger douze heures par jour »
Uccio Salucci n’est pas le patron actuel de Bezzecchi. Mais le directeur de VR46 reste extrêmement proche du pilote passé par l’équipe de Valentino Rossi et toujours membre de la VR46 Riders Académie. Lorsqu’on lui demande s’il a parlé à Bezzecchi après sa chute de Misano, sa réponse surprend. « Je ne lui ai rien dit, car il a commis une erreur inutile. »
Bezzecchi menait son Grand Prix national lorsqu’il est tombé. Avec Marquez et Martin engagés dans la bataille pour le championnat, les conséquences ont été immédiates : zéro point et désormais 33 longueurs de retard.
Mais Salucci va plus loin sur GPOne. « Pour comprendre pourquoi les choses se produisent, il faut s’y plonger douze heures par jour à ce niveau, et ces derniers temps, il ne l’a pas fait autant. »
Une critique beaucoup plus lourde qu’une simple chute
Salucci ne reproche pas seulement à Bezzecchi d’avoir perdu l’avant à Misano. Une erreur de pilotage peut arriver à n’importe quel candidat au titre. Il semble s’interroger sur ce qui précède l’erreur : préparation, concentration, investissement quotidien, capacité à vivre totalement pour l’objectif.
Il avait d’ailleurs déjà estimé que certains pilotes italiens s’étaient « relâchés », particulièrement à Misano. Il n’apporte cependant aucun élément permettant de savoir précisément ce que Bezzecchi ferait moins qu’auparavant. Il faut donc s’arrêter là. Mais venant de Salucci, la remarque pèse.
Bezzecchi n’est pas un candidat mathématique survivant artificiellement au championnat. Il reste dans la bataille. Une chute de Marquez ou Martin peut bouleverser la hiérarchie en un week-end. Et l’Aprilia a déjà démontré qu’elle possédait la vitesse nécessaire pour affronter Ducati. Mais Bezzecchi dispose désormais de moins de marge d’erreur que ses deux adversaires.

En Autriche, la réponse de Bezzecchi devra d’abord venir de la piste
Son vendredi au Red Bull Ring n’a rien d’alarmant. Bezzecchi a obtenu directement son passage en Q2 avec le neuvième chrono de la Practice. Mais devant lui, Jorge Martin est cinquième et Marc Marquez quatrième. Encore eux.
Chaque week-end où Bezzecchi termine derrière les deux hommes rendra les 33 points plus difficiles à récupérer. Et contrairement à Martin et Marquez, désormais exactement à égalité, l’Italien ne peut plus se contenter de gérer son adversaire direct. Il doit reprendre des points aux deux.
Salucci n’enterre pas Bezzecchi, il le réveille
Salucci ne dit pas que Bezzecchi n’a pas le talent pour devenir champion. Il ne dit même pas que le titre est perdu. Il réclame au contraire une réaction. « J’espère qu’il va se remettre sur les rails. »
À 33 points du sommet avec sept Grands Prix encore à courir, Marco Bezzecchi possède toujours une chance très réelle de devenir champion du monde. Mais c’est justement cette proximité qui rend le message de Salucci si brutal : une occasion pareille exige peut-être de vivre MotoGP douze heures par jour, parce qu’elle pourrait ne jamais se représenter.
À Misano, Bezzecchi n’a pas manqué de vitesse. Il a manqué une occasion. Et son ancien patron semble désormais lui rappeler que, dans une lutte contre Marc Marquez et Jorge Martin, il n’en reste plus beaucoup à gaspiller.









