Marco Bezzecchi avait reçu une consigne simple avant le départ de Misano : se détendre, car un Grand Prix ne se gagne pas au premier tour. Quelques virages plus tard, le poleman était par terre. Mat Oxley qualifie sa faute d’« erreur de débutant ». Plus préoccupant encore : avec sept abandons cette saison et seulement 68 points marqués sur les sept derniers week-ends, le pilote Aprilia transforme progressivement une vitesse de champion en championnat des occasions manquées.
Marco Bezzecchi avait tout pour vivre un dimanche parfait à Misano. La pole position, une Aprilia extrêmement rapide, son public et surtout l’occasion de reprendre des points à ses adversaires directs. Son Grand Prix n’a même pas duré un tour. Et pour Mat Oxley, cette chute n’a rien d’une simple erreur parmi d’autres.
Aprilia lui avait pourtant dit exactement ce qu’il ne fallait pas faire
Sur la grille, Paolo Bonora avait adressé un message très clair à son pilote. « Détends-toi. Il y a 27 tours. On ne gagne pas une course au premier tour. » Bezzecchi avait terminé deuxième du Sprint derrière Marc Marquez et savait donc parfaitement à qui il aurait affaire dimanche.
Mais une fois le départ donné, Oxley estime qu’il a précisément fait ce qu’Aprilia lui demandait d’éviter. « Il est en tête, alors il se dit : “OK, ce que je veux faire maintenant, c’est essayer de faire la différence.” » Quelques virages plus tard, Bezzecchi perdait l’avant au virage 13.
« On ne peut pas aborder le virage 13 avec le plein d’essence à pleine vitesse dès le premier tour. Il faut s’en rendre compte. Pour moi, c’était une erreur de débutant. »
Sept abandons commencent à coûter très cher à Bezzecchi
Une chute isolée pourrait être facilement pardonnée. Le problème est qu’elle s’inscrit dans une statistique beaucoup plus inquiétante. Bezzecchi compte désormais sept abandons en 2026, davantage que n’importe quel autre pilote du top 15 et autant que ses deux principaux adversaires au championnat réunis.
La vitesse, pourtant, est incontestable. Il a devancé Jorge Martin lors de dix des quatorze qualifications et dans onze des seize courses où les deux hommes ont été classés. Et pourtant, c’est Martin qui possède davantage de points. Voilà peut-être toute l’histoire de la saison de Bezzecchi.

Il avait 102 points d’avance sur Marquez
La comparaison avec Marc Marquez est encore plus brutale. Après sa victoire au Mugello, Bezzecchi menait le championnat avec 17 points d’avance et possédait 102 unités d’avance sur Marquez.
Sept week-ends plus tard, la situation s’est complètement inversée. Sur cette période, Bezzecchi n’a inscrit que 68 points. Jorge Martin en a marqué 118. Marc Marquez ? 203. Le résultat est spectaculaire : Bezzecchi se retrouve désormais troisième, à 33 points des deux leaders ex æquo.
Ce n’est donc pas sa vitesse qui l’a fait reculer. C’est principalement son incapacité à convertir suffisamment souvent cette vitesse en gros points.
Le championnat que Bezzecchi pourrait regretter longtemps
Les problèmes physiques de Marquez avaient ouvert une fenêtre rarement disponible. Aprilia possède désormais une RS-GP capable de gagner régulièrement et Bezzecchi a démontré à plusieurs reprises qu’il pouvait être son pilote le plus rapide.
Tous les ingrédients étaient réunis pour transformer un outsider en champion du monde. Il reste encore suffisamment de points pour revenir sur Marquez et Martin. Trente-trois unités ne constituent absolument pas une condamnation.
Mais la méthode doit changer. Marquez vient justement de montrer à Misano ce que Bezzecchi doit apprendre : parfois, un championnat se gagne moins en étant le plus rapide à chaque virage qu’en restant suffisamment longtemps sur ses roues pour exploiter sa vitesse.
Marco Bezzecchi n’a probablement pas besoin d’aller plus vite pour devenir champion du monde. Il doit surtout arrêter de perdre les points que sa vitesse lui permet déjà de gagner. À Misano, Aprilia le lui avait dit avant même le départ : 27 tours l’attendaient. Il n’en a pas terminé un. Si le titre lui échappe pour quelques dizaines de points, cette première boucle pourrait devenir l’une des plus longues de sa carrière.









