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Publié le 28 septembre 2026 • 17:00 par Charlotte Guerdoux

Superbike – Nicolò Bulega, un Champion du monde revenu de loin : « Avoir touché le fond m’a permis de mûrir en tant que pilote »

Nicolò Bulega a décroché le titre en Superbike ce dimanche, après un parcours atypique, qui l'a vu sombrer en Moto2 avant de renaître en Supersport.

Nicolo Bulega

Il y a cinq ans, Nicolò Bulega quittait le Championnat du monde Moto2 après avoir terminé à une lointaine 26e place au classement général. Depuis son arrivée dans la petite catégorie en 2016, le pilote italien n’était pas parvenu à tout aligner et n’avait fait que connaître des saisons de plus en plus compliquées. Hormis sa première année en Moto3, qui l’avait vu finir septième et décrocher deux podiums, il avait dégringolé sans plus évoluer aux avant-postes.

Son passage en Moto2 en 2019 n’y avait rien changé et, alors qu’il avait été attendu comme la nouvelle révélation italienne aux côtés de Francesco Bagnaia ou Marco Bezzecchi, il avait tout quitté et retenté sa chance en Championnat du monde Supersport. C’est là, moins exposé médiatiquement, qu’il avait commencé à renaître, au sein de l’équipe Aruba.it Racing dans laquelle l’alchimie avait tout de suite opéré.

« Traverser des moments difficiles m’a aidé », a-t-il déclaré ce dimanche. « Quand ma carrière en Moto3 a commencé, tout le monde parlait de moi et prédisait que j’allais conquérir le monde. Pourtant, la réalité a été tout autre. Dans tous les sports, et particulièrement en moto, qui est un sport individuel mais où l’on dépend de nombreuses personnes, il faut avoir derrière soi tout ce qu’il faut pour gagner et être devant. Je pense qu’avoir touché le fond m’a forgé et m’a permis de mûrir, aussi bien du point de vue personnel qu’en tant que pilote. »

De retour sur le podium, il est immédiatement devenu l’un des hommes forts de la catégorie, avant de décrocher le titre l’année suivante. Passé en Superbike en 2024, son ascension ne s’est pas arrêtée là. Après deux saisons à enchaîner les podiums et les victoires, et à avoir terminé vice-Champion du monde, la saison 2026 a enfin été son année.

Survolant la compétition depuis le début de la saison, il a décroché le titre ce dimanche, au terme d’un week-end qui a mal commencé et durant lequel la pression lui a fait commettre plusieurs erreurs. Finalement, Nicolò Bulega n’a pas flanché en course et a été sacré Champion du monde à domicile, grâce à trois secondes places.

Nicolo Bulega

« Vendredi, j’ai chuté deux fois, et je ne sais pas pourquoi je suis tombé la deuxième fois. Alors, avant la course, je me suis dit : ‘va toujours à 90 % et n’en fais jamais plus que ce qui est nécessaire’. Je me suis répété ça pendant toute la course. En pilotant comme ça, c’est normal de ne pas être à 100 %, mais c’était ce que je devais faire, donc je suis quand même content car ce n’est pas non plus une 15e place mais une deuxième », a-t-il expliqué.

« J’ai commencé à pleurer après le drapeau à damier. C’était génial parce que plein de pilotes sont venus me féliciter. C’était un super moment. Après ça, je suis allé au virage 5, où tous mes amis m’attendaient pour célébrer le titre. C’était fantastique. »

Revenu de loin, Nicolò Bulega a désormais un brillant avenir qui s’offre à lui avec un contrat signé en MotoGP dans l’équipe VR46 en 2027, la même avec laquelle il avait effectué une partie de sa carrière en Moto3 et Moto2. La boucle semble donc bouclée.

« Quand j’étais petit, mon père avait une équipe en Supersport, alors j’ai grandi dans ce paddock. Quand j’avais 6-7 ans, j’étais là à regarder Bayliss, Haga et tous ces pilotes incroyables, et maintenant, quelques années plus tard, je suis Champion du monde. C’est une histoire incroyable. Après ce titre, je passerai en MotoGP. Tout se déroule donc pour le mieux. C’est un moment exceptionnel pour moi, je veux le savourer pleinement, et je tiens à remercier toutes les personnes qui m’ont aidé à arriver jusque-là », a-t-il conclu.