Aprilia espère revoir Jorge Martin en Malaisie. Claudio Costa, lui, ne partage guère cet optimisme. L’ancien médecin emblématique du paddock estime qu’une fracture du radius droit, même sans opération, rend un retour à Sepang presque irréalisable. Et il pointe un détail décisif : Martin ne s’est pas blessé au mauvais moment seulement, mais aussi au mauvais poignet.
Le poignet droit, cette complication qui change tout rappelle Costa
Après sa chute dans le Sprint australien, Martin souffre d’une fracture non déplacée du radius distal droit. Les examens ont écarté une fracture du cubitus initialement suspectée. L’équipe Aprilia, par la voix de Paolo Bonora, se dit positive et vise Sepang, tout en laissant la décision aux médecins.
Interrogé sur cette perspective, Claudio Costa oppose sur GPOne une analyse autrement pessimiste : « avec son poignet droit, et sans opération, courir en Malaisie est impossible, même s’il essayait. »
Pourquoi cette différence entre droite et gauche ? Sur une MotoGP, la main droite commande l’accélérateur et le frein avant. Elle encaisse donc des sollicitations déterminantes, particulièrement lors des freinages violents de Sepang. Une fracture à cet endroit complique autant le pilotage que la maîtrise des réactions de la machine.
Costa précise toutefois ne pas avoir vu les radiographies. Son jugement repose sur la description de la blessure et son expérience, pas sur un examen personnel de Martin.
Rivalry aside, we want you back ❤️
Gigi Dall’Igna sends his best to @88jorgemartin 🤝 #AustralianGP🇦🇺 pic.twitter.com/JnrgdGP8Ok
— MotoGP™🏁 (@MotoGP) October 25, 2026
Schwantz, le précédent d’une autre époque, celle de Costa
Costa évoque Kevin Schwantz, qu’il avait accompagné après une fracture du poignet gauche en 1994. Le pilote américain avait continué à courir grâce à une attelle et à des adaptations de sa Suzuki, remportant ensuite le Grand Prix de Grande-Bretagne alors qu’il souffrait encore des séquelles de sa blessure.
« Si Martin s’était fracturé le poignet gauche, il aurait pu continuer à se battre pour le titre », assure Costa, en évoquant ses méthodes « peu orthodoxes ». L’anecdote rappelle une époque où la volonté du pilote pesait parfois davantage dans les décisions de retour.
Mais elle ne constitue ni un protocole applicable aujourd’hui ni une preuve qu’un retour précoce serait sans danger. Les critères médicaux et les conséquences possibles d’une nouvelle chute doivent primer.
Le Qatar, une semaine de plus pour espérer
Costa n’écarte pas toute perspective de retour. Il déplace simplement l’horizon : « au Qatar, l’impossible pourrait devenir possible. » La manche de Losail est programmée une semaine après Sepang, sous réserve de son maintien.
Sept jours supplémentaires pourraient permettre une amélioration de la douleur et de la fonction du poignet, sans garantir pour autant une consolidation suffisante. Pour Martin, l’enjeu dépasse la guérison.
L’annulation du Grand Prix d’Australie a figé son retard à dix points sur Marc Marquez. Manquer Sepang offrirait au leader Ducati une nouvelle occasion de creuser l’écart, à condition que la course se dispute et qu’il marque des points.
Alors, qu’est-ce qu’on retient ?
- Costa estime Sepang quasiment hors de portée à cause du poignet droit.
- Aprilia reste optimiste, mais aucune aptitude médicale n’est confirmée.
- Le Qatar représente une possibilité, pas une date de retour acquise.
Claudio Costa a connu les champions capables de courir malgré une fracture. Mais son avertissement est précisément celui-ci : la bravoure ne suffit pas à remplacer un poignet droit fonctionnel. Pour Martin, sauver le championnat commence peut-être par accepter de manquer une course.




