Kimi Antonelli n’a pas encore reçu la couronne, mais il vient de s’offrir la meilleure place pour aller la chercher. Le pilote Mercedes a décroché la pole position du Grand Prix des États-Unis, à Austin, avec un tour en 1’33’’594. Max Verstappen s’élancera à ses côtés, tandis qu’Isack Hadjar a signé le troisième temps. Le jeune Italien a donc placé sa Mercedes devant son rival le plus pressant… et devant une partie de ceux qui pourraient compliquer sa journée. Le titre se rapproche, mais Austin n’a jamais été réputé pour distribuer ses trophées avant le départ.

Antonelli fait un pas de plus vers le titre …
La séance a d’abord semblé vouloir suivre le scénario écrit par Ferrari. Charles Leclerc avait dominé les deux premières séances d’essais libres, avant que Lewis Hamilton ne signe le meilleur temps des EL3. Trois séances, trois fois une Ferrari au sommet : la Scuderia avait de quoi aborder les qualifications avec confiance. Elle repart pourtant sans la pole et avec Leclerc quatrième, juste devant Hamilton, cinquième. Le joli bulletin des essais s’est transformé en résultat plus ordinaire au moment où les chronos comptaient vraiment.
Mercedes, elle, a attendu le bon moment. George Russell a établi la première référence en Q3 en 1’34’’035. Antonelli l’a ensuite effacée de 441 millièmes, avec un tour suffisamment propre pour s’installer en tête. Russell n’a finalement pas pu accompagner son équipier sur la première ligne : il partira sixième, derrière les deux Red Bull et les Ferrari. La pole est donc une excellente nouvelle pour Mercedes, mais aussi un résultat à double lecture pour son leader. Antonelli a fait le travail ; son principal rival pour le titre, lui, est relégué au troisième rang de la grille.
Et devant Russell, il y aura Verstappen. Le Néerlandais a pris la deuxième place, juste devant son équipier Hadjar, troisième. Pour Antonelli, le départ s’annonce donc moins confortable qu’une pole solitaire pourrait le laisser croire : Verstappen sera à ses côtés, tandis que Hadjar pourra peser sur la course depuis la deuxième ligne. La Red Bull place ses deux voitures dans le trio de tête, là où Ferrari n’a pas réussi à convertir son rythme des essais en première ligne. Voilà qui promet une ouverture de course animée, avec peu de marge pour un leader du championnat qui n’a pas besoin de transformer sa pole en duel à quitte ou double.
Le contraste est d’autant plus net qu’Antonelli arrive à Austin avec une avance de 102 points sur Russell et de 111 sur Hamilton. Il reste six courses à disputer après le Grand Prix texan ? Non : Austin est la 18e manche d’un calendrier de 23 Grands Prix, et cinq courses resteront après dimanche. Le calcul du titre est clair : Antonelli ne peut être sacré ici qu’en gagnant, à condition que Russell termine neuvième ou plus loin et qu’Hamilton ne fasse pas mieux que cinquième. La pole le place en position d’attaquer ce scénario, mais les conditions sont assez strictes pour éviter tout emballement prématuré.
L’Italien avait justement choisi de ne pas se laisser absorber par les calculs avant le week-end. « Nous nous sommes dit : “amuse-toi” », expliquait-il à propos de son échange avec son ingénieur de course, Bono, avant Austin. Une consigne simple, presque désarmante dans un week-end où chaque résultat peut rapprocher le championnat de son dénouement. Mais la pole confirme que la pression ne l’a pas empêché de répondre sur la piste. La course, elle, sera une autre affaire : départ, gestion des pneus, stratégie et éventuelles neutralisations peuvent rebattre les cartes.
Derrière les cinq premiers, Oscar Piastri s’élancera septième et Lando Norris huitième. Les deux McLaren ont donc manqué le premier groupe de la grille, tandis que Fernando Alonso a été éliminé dès la Q2. Esteban Ocon, Lance Stroll, Carlos Sainz, Alex Albon, Sergio Pérez et Valtteri Bottas se sont arrêtés en Q1. La séance a aussi rappelé combien Austin peut punir une tentative imparfaite : bosses, vent et limites de piste ont rendu chaque tour lancé délicat, avec plusieurs chronos supprimés pendant le week-end.
Antonelli a donc pris la pole au moment où le championnat lui offre sa première balle de match. C’est une position idéale, pas une garantie. Verstappen est juste à côté, Hadjar est en embuscade, et Russell devra remonter depuis la sixième place pour empêcher son équipier de s’échapper davantage. Si Antonelli convertit dimanche cette pole en victoire, le titre pourra réellement entrer dans la dernière ligne droite. Sinon, l’occasion restera ouverte — et le jeune pilote Mercedes devra patienter encore un peu avant de transformer la pression du championnat en célébration.

Saturday: Pole ✅
Sunday: ? 👀#F1 #USGP pic.twitter.com/29PhQ6keBp— Formula 1 (@F1) October 24, 2026




