Quinze ans après avoir quitté la Formule 1, Bridgestone semble avoir décidé que regarder les autres fabriquer des pneus n’était finalement plus très amusant.Le manufacturier japonais prépare sérieusement son retour dans la catégorie reine et pourrait se porter candidat lorsque la FIA lancera son prochain appel d’offres pour la fourniture des pneumatiques. Cette fois, il ne s’agit plus simplement d’un nom lancé dans le paddock pour meubler un dimanche matin.

Bridgestone prépare 2029.
Selon RacingNews365, Bridgestone a envoyé une délégation de haut niveau lors des Grands Prix de Singapour puis des États-Unis. Des discussions auraient été menées en coulisses afin d’étudier les conditions d’un retour. Et ce ne serait pas pour faire de la figuration.
Le constructeur japonais préparerait une proposition technique, commerciale et financière plus ambitieuse que celle présentée lors du précédent appel d’offres. Pirelli peut donc conserver ses couvertures chauffantes. Mais peut-être commencer à regarder derrière lui.
Pas avant 2029
Inutile toutefois d’imaginer des Bridgestone montés sur les monoplaces dès la saison prochaine. Pirelli a sécurisé sa présence jusqu’à la fin de l’année 2028. Le manufacturier italien fournit exclusivement la Formule 1 depuis 2011 et son contrat couvrant initialement la période 2025-2027 disposait d’une option supplémentaire. Celle-ci a été activée en 2026. La première saison théoriquement disponible pour un changement de fournisseur sera donc 2029. Et Bridgestone connaît parfaitement la procédure.
Lors du précédent appel d’offres, le groupe japonais avait déjà tenté de récupérer le marché. Son dossier avait été considéré comme particulièrement sérieux, mais la Formule 1 avait finalement choisi de poursuivre avec Pirelli. Trois ans plus tard, Bridgestone semble vouloir revenir avec une proposition encore plus solide.
Un homme de McLaren au centre du projet
Un détail donne encore davantage de crédibilité à l’offensive japonaise : Hiroshi Imai.
Ancien cadre de Bridgestone, il avait rejoint McLaren en 2009 et y avait occupé plusieurs fonctions importantes dans l’ingénierie de course pendant près de seize ans. Il est retourné chez Bridgestone en 2025 pour prendre des responsabilités majeures dans la division compétition. Et il faisait partie de la délégation présente à Singapour et Austin. Difficile de considérer son recrutement comme totalement anodin.
Bridgestone ne repart d’ailleurs pas de zéro. Le groupe fournit déjà l’IndyCar sous la marque Firestone, reste impliqué dans plusieurs championnats japonais et devient fournisseur exclusif de la Formule E à partir de la saison 2026-2027. Autrement dit, la compétition internationale est redevenue l’un des piliers de sa stratégie technologique.
La Formule 1 constituerait évidemment la vitrine ultime.
Pirelli n’est pas encore battu
Attention cependant à ne pas organiser les funérailles du manufacturier italien quatre ans trop tôt. Pirelli peut parfaitement décider de candidater une nouvelle fois. Et son avantage est considérable.
En 2029, l’entreprise disposera de dix-huit années consécutives d’expérience comme fournisseur exclusif de la F1. Elle connaîtra parfaitement les nouvelles monoplaces introduites en 2026 ainsi que leurs contraintes aérodynamiques, mécaniques et énergétiques. Pour un concurrent arrivant de l’extérieur, rattraper cette quantité de données ne sera pas une promenade dominicale.
Bridgestone devra donc proposer quelque chose de suffisamment séduisant pour convaincre la FIA puis Formula 1 de changer une organisation déjà parfaitement rodée. Et il pourrait ne pas être seul.
Hankook est régulièrement cité parmi les constructeurs intéressés, tandis que le nom de Michelin circule lui aussi autour du futur appel d’offres. Une véritable guerre commerciale pourrait donc se préparer. Pas une guerre des pneus comme au début des années 2000, lorsque plusieurs manufacturiers se battaient directement sur la piste : la F1 reste attachée au principe du fournisseur unique.
Mais une guerre pour avoir le droit d’être ce fournisseur.
Le retour d’un géant
Pour Bridgestone, l’histoire aurait forcément une saveur particulière. La marque japonaise est arrivée durablement en F1 en 1997 et a connu l’époque des batailles face à Goodyear puis Michelin, avant de devenir fournisseur unique à partir de 2007. Elle a notamment accompagné Ferrari durant une partie de l’ère Michael Schumacher et quitté la discipline à la fin de la saison 2010.
Pirelli avait alors repris le flambeau.
Dix-neuf ans après son dernier Grand Prix, Bridgestone pourrait donc retrouver la grille en 2029. Il reste un appel d’offres à lancer, un dossier à déposer, une sélection de la FIA puis des négociations commerciales avec Formula 1. Autrement dit, énormément de chemin avant de revoir le logo japonais sur un pneu de F1.
Mais une chose a changé. Bridgestone ne se contente plus de regarder la porte. Il vient clairement de poser la main sur la poignée.
Et pour Pirelli, c’est déjà une information à prendre très au sérieux.
🚨 BRIDGESTONE COULD RETURN TO FORMULA 1! 👀
The Japanese tyre manufacturer is reportedly preparing a serious bid to return to F1 from 2029.
Senior Bridgestone representatives have attended recent Grands Prix, holding discussions behind the scenes.
Pirelli’s current contract… pic.twitter.com/c7q90DTNIJ
— Everything Formula (@evrythngformu1a) October 26, 2026




