Chez Alpine, les organigrammes ont parfois une durée de vie plus courte que les pneus tendres. Cette fois, c’est David Sanchez qui se retrouve au centre des spéculations. Selon une rumeur apparue dans le paddock, le directeur technique exécutif pourrait quitter l’écurie française dans les prochaines semaines.

Chez Alpine, la hiérarchie bouge.
Pour l’instant, rien n’est officiel. Mais comme souvent chez Alpine, le contexte suffit à donner quelques vitamines au bruit de couloir.
Arrivé à Enstone en mai 2024, sous l’ère Bruno Famin, David Sanchez avait été recruté pour remettre de l’ordre dans une structure technique alors en pleine reconstruction. Passé par McLaren et surtout Ferrari, où il avait occupé plusieurs postes majeurs dans l’aérodynamique et la conception, le Français devait devenir l’un des piliers du renouveau.
Deux ans plus tard, Alpine a effectivement retrouvé des couleurs. Mais pas suffisamment pour rester tranquillement installé dans le fauteuil de cinquième force du championnat.
Après le Grand Prix des États-Unis, Racing Bulls occupe désormais cette cinquième place avec 102 points, contre 69 pour Alpine. Trente-trois unités d’écart qui commencent à ressembler moins à un petit accident de parcours qu’à un problème qu’il va falloir expliquer quelque part dans les bureaux d’Enstone.
Et lorsque Flavio Briatore cherche des explications, les organigrammes ont historiquement tendance à devenir assez nerveux.
Elliott change la donne
Le détail le plus intéressant ne se situe pourtant pas au classement.
En septembre, Alpine a recruté Mike Elliott comme Chief Technical Officer. L’ancien directeur technique de Mercedes supervise désormais l’ensemble des fonctions techniques et d’ingénierie du site d’Enstone.
Autrement dit, un étage supplémentaire a été ajouté au-dessus de David Sanchez.
Sur le papier, rien d’anormal. Une équipe de Formule 1 peut parfaitement fonctionner avec un CTO chargé de la vision globale et un directeur technique exécutif responsable du développement quotidien de la monoplace.
Mais dans une écurie qui a changé de dirigeants avec une régularité presque industrielle ces dernières années, l’arrivée d’un poids lourd comme Elliott ne pouvait qu’alimenter les interrogations.
D’autant que Sanchez n’est pas un choix de Briatore. Il avait été recruté avant le retour de l’Italien aux commandes du projet Alpine.
Et l’histoire récente du personnage montre que Flavio Briatore n’a jamais manifesté une passion débordante pour les héritages administratifs laissés par ses prédécesseurs.
Pour autant, conclure que Sanchez est déjà condamné serait aller beaucoup trop vite.
Lors de l’arrivée d’Elliott, les informations disponibles indiquaient au contraire que Sanchez devait poursuivre son travail sur les monoplaces 2026 et 2027. Alpine avait également renforcé son département technique quelques mois plus tôt avec Jason Somerville, nommé directeur technique adjoint et placé sous la responsabilité de Sanchez.
Il serait donc assez étonnant de construire une structure autour d’un homme au printemps pour lui montrer la porte à l’automne. Assez étonnant. Pas impossible. Nous parlons quand même d’Alpine.
Briatore veut désormais des résultats
Le véritable problème de Sanchez pourrait finalement être beaucoup plus simple : les résultats.
Alpine avait démarré 2026 avec l’ambition de s’installer durablement derrière les quatre grosses structures. Le passage au moteur Mercedes devait supprimer l’une des principales faiblesses du projet et permettre à Enstone de se concentrer entièrement sur le châssis.
Pierre Gasly a montré que la voiture pouvait produire de très belles performances. Franco Colapinto a également apporté des points.
Mais Racing Bulls a progressivement repris l’avantage. Et avec seulement cinq Grands Prix encore à disputer, les 33 points séparant les deux équipes commencent à peser lourd.
Dans ce contexte, l’arrivée de Mike Elliott peut se lire de deux façons : comme un renforcement destiné à soutenir Sanchez… ou comme le début d’une nouvelle réorganisation.
La rumeur d’un départ du Français n’est pour l’heure étayée par aucune annonce d’Alpine et doit donc être considérée exactement pour ce qu’elle est : une rumeur. Mais elle tombe à un moment suffisamment particulier pour ne pas être balayée d’un revers de main.
Chez Alpine, le chantier technique devait enfin entrer dans une période de stabilité. Mike Elliott vient d’arriver. David Sanchez pourrait partir. Décidément, à Enstone, même la stabilité semble avoir besoin d’un plan B.





