Bon, eh bien, à week-end spécial, article spécial. Puisqu’il n’y a pas eu de Grand Prix MotoGP à Phillip Island hier, je me vois contraint de changer mes plans et d’évoquer, justement, cette annulation. Après tout, c’est un phénomène rare, et ça restera, mine de rien, un moment marquant de cette saison. Nous a-t-on volé la der sur ce circuit mythique ? Analyse.
Pas d’autres choix
En fait, la réponse à la question posée dans le titre n’est pas soumise à interprétation : non, rien n’a été volé, les plus hautes instances n’avaient pas le choix. J’ai vu beaucoup de gens, sur internet, se tromper sur les raisons de l’annulation ; ce n’est pas parce qu’il y avait trop d’eau ou à cause des pneus (ça paraissait roulable, d’ailleurs), mais l’explication réside dans le fait que l’hélicoptère ne pouvait pas joindre l’hôpital de Melbourne en 45 minutes, en raison du brouillard. Vu que Phillip Island est éloigné de la ville la plus proche, alors, il n’y a pas d’autres options, comme l’ambulance, par exemple. On dépend entièrement des moyens aériens, et s’ils ne sont pas opérationnels, pas de course. C’est aussi simple que ça.

Donc, spectateurs ou pas, dernière du circuit au calendrier ou pas, la course ne pouvait pas être tenue. Il n’y a pas de quoi polémiquer, surtout que le MotoGP a très bien réagi en termes de communication.
Le MotoGP, vrai vainqueur de la course à Phillip Island
Vous le savez, je critique assez souvent l’organisation et les nouveaux propriétaires du championnat, Liberty Media – surtout dernièrement. Mais quand le travail est bien fait, il faut également le dire. Cette fois, c’est le département communication qui a été excellent.
Tout d’abord, dans la nuit. Par le biais des réseaux sociaux et de l’application officielle, il était facile de suivre, même sans regarder la transmission internationale. On savait à quelle heure serait donnée une décision concernant le départ, et c’est bien plus pratique que d’attendre à quatre heures du matin devant son écran. Les mises à jour étaient fréquentes, nous tenant constamment informés.
Ensuite, le show du tour d’honneur. J’ai personnellement adoré cette attention. Les spectateurs ont pu entrer en communion avec les pilotes, et certains étaient particulièrement touchés – je pense notamment à Jack Miller ou à Fabio Di Giannantonio. C’était beaucoup mieux que ce que la F1 avait proposé aux centaines de milliers de fans présents à Spa-Francorchamps en 2021, quand les pilotes avaient pris la piste pour une « course » officielle de quelques tours seulement, histoire de ne pas avoir à rembourser les spectateurs. Donc, cet hommage à Phillip Island était plutôt bien amené.
Troisièmement, la communication de la direction de course, par le biais de Graham Webber. Dès que l’annulation a été prononcée, Webber s’est simplement expliqué, faisant comprendre à tous le problème de l’hélicoptère. J’ai déjà eu des mots durs concernant la communication du MotoGP, notamment en ce qui concernait les pénalités à l’ère Spencer, car personne n’y comprenait rien. Mais, depuis quelques années, ils ont fait un grand pas en avant ; je félicite encore toutes les équipes de com. C’est une facette du championnat que l’on n’aborde jamais, mais qui fait le pont entre eux et nous.
Le problème de ce circuit
Beaucoup se sont interrogés : pourquoi, comme en 2023, le Grand Prix n’a-t-il pas eu lieu le samedi plutôt que le dimanche, au risque d’annuler le Sprint moins important ? C’était sans doute une possibilité, mais il faut bien comprendre que sous ces latitudes, à cette époque, la météo tourne très vite et les prévisions ne sont pas aussi fiables que par chez nous.

Mais n’est-ce pas le problème de Phillip Island ? Beaucoup regrettent son départ, mais il faut être aveugle pour ignorer les difficultés logistiques que cette piste engendre. Sans même parler des nuisances à l’écosystème insulaire protégé, Phillip Island est toujours un vrai casse-tête. C’est loin des terres, donc difficile d’accès pour les équipes comme les fans. Ensuite, l’hôpital le plus proche est loin même en hélicoptère. La météo y est toujours imprévisible, et ce n’était pas la première fois qu’une tempête menaçait la zone le jour J. Il y a eu 2023, bien sûr, mais le débat revient sur la table chaque année ou presque. Et puis, c’est sans compter sur les infrastructures vieillissantes et le peu de tribunes qu’il y a.
En 2026, ce circuit ne convient pas à ce que le MotoGP veut devenir. C’est pour cette raison que je n’ai pas pleuré à l’idée de quitter Phillip Island, car, d’accord, le tracé est merveilleux, les pilotes l’adorent et nous offrent souvent du spectacle, mais il représente aussi des défis majeurs, incompatibles avec le MotoGP de rêve de Liberty Media. Attention, ça ne veut pas dire que je suis heureux d’aller à Adélaïde l’année prochaine ! Juste qu’à notre époque, l’abandon de Phillip Island ne me surprend pas, et nous avons vu, une fois de plus, les limites de ce tracé ce week-end.
Qu’avez-vous pensé de ce rendez-vous manqué ? Dites-le-nous en commentaires !
Pour rappel, cet article ne reflète que la pensée de son auteur, et pas de l’entièreté de la rédaction.

Photo de couverture : LCR




