Moto GP
Publié le 1 novembre 2026 • 16:00 par André Lecondé

MotoGP, tout n’est pas rose chez les Rouges de Ducati : Bagnaia évoque une « pièce disparue », Tardozzi répond « Je ne sais pas de quoi il parle » !

Bagnaia explique ses difficultés une évolution technique introuvable. Chez Ducati, Tardozzi assure ne même pas comprendre sa référence.

Tardozzi

Chez Ducati, la crise Bagnaia ne se limite plus aux chronos : elle touche désormais la compréhension même du problème. Après le Grand Prix de Malaisie, Francesco Bagnaia a évoqué un élément technique dont il disposait au Japon et lors des essais de Misano, mais qui aurait depuis disparu. Interrogé sur cette explication, Davide Tardozzi a livré une réponse déconcertante : « Pour être honnête, je n’ai aucune idée de ce à quoi il fait référence. » À quelques semaines de leur séparation, pilote et équipe semblent ne plus parler le même langage.

Bagnaia décrit une disparition, Tardozzi ne voit pas laquelle

L’affirmation du double champion du monde est lourde de sous-entendus. Elle suggère qu’une configuration technique lui permettait de retrouver certaines sensations, avant qu’un changement ne les lui retire.

Mais Tardozzi ne confirme ni la disparition d’une pièce, ni même l’identité de l’élément évoqué. Ce désaccord ne prouve pas que Ducati ait retiré volontairement une solution favorable à Bagnaia. Il révèle en revanche une incompréhension publique inhabituelle entre un pilote d’usine et sa direction.

Le responsable italien ne cherche d’ailleurs pas à minimiser l’impasse : « Tout ce que nous avons fait ces derniers temps, et même au cours de l’année écoulée, n’a pas amélioré les performances de Pecco. »

Et le constat devient plus sévère encore : son chef mécanicien et son ingénieur électronique, avec lesquels il a remporté deux titres, « n’ont pas de solution claire ».

Tardozzi : « Nous avons tout examiné, et nous sommes dans une impasse »

Ducati affirme avoir multiplié les ajustements, y compris des interventions spécifiques pour Bagnaia. « J’ai toujours dit que nous n’arrêterions jamais de l’aider. Nous avons même fait des choses spécifiquement pour lui. » Le problème est que les résultats ne suivent pas. Pour Tardozzi, la moto actuelle est pourtant celle avec laquelle Bagnaia a déjà signé des performances encourageantes.

« C’est la même moto que celle avec laquelle Marc a gagné aujourd’hui et celle avec laquelle Alex est monté sur le podium. » L’argument est cinglant : la Ducati reste capable de gagner, mais son ancien chef de file n’arrive plus à en exploiter le potentiel de façon régulière. Cela n’exclut pas une incompatibilité entre les caractéristiques de la machine et le style de Bagnaia. Cela rend simplement la solution beaucoup plus difficile à identifier.

Tardozzi

Marquez célébré, Bagnaia sans réponse

La comparaison avec Marc Marquez accentue le malaise. Après la victoire de l’Espagnol à Sepang, Tardozzi salue sur Moto.it « un grand champion parmi nous, LE champion » et décrit une symbiose exceptionnelle entre Marquez et Gigi Dall’Igna.

D’un côté, un pilote qui entraîne le garage vers la victoire. De l’autre, un double champion du monde dont les ingénieurs ne parviennent plus à retrouver les repères. La crise n’est donc pas seulement mécanique : elle est aussi sportive et humaine. Et chaque succès de Marquez rend l’écart plus visible.

Aprilia en 2027 : la vérité sortira-t-elle du garage ?

La séparation est déjà programmée. Tardozzi confirme que Bagnaia pourra découvrir Aprilia aux essais de Valence, pendant que Pedro Acosta prendra ses marques chez Ducati. « Pedro viendra chez nous et Pecco pourra évidemment aller chez Aprilia. »

Bagnaia disposera alors d’un nouvel environnement technique et d’une liberté de parole différente. Mais imaginer qu’il révélera nécessairement un secret dissimulé par Ducati serait aller trop loin : aucune preuve ne permet aujourd’hui de soutenir une telle hypothèse.

Son passage chez Aprilia offrira surtout un test grandeur nature. Si l’Italien retrouve sa vitesse, les questions sur son adaptation à la Ducati prendront une autre dimension. S’il reste en difficulté, le diagnostic sera plus complexe.

Alors, qu’est-ce qu’on retient ?

  • Bagnaia évoque un élément technique disparu ; Tardozzi dit ignorer lequel.
  • Ducati reconnaît une impasse malgré les modifications apportées pour son pilote.
  • 2027 verra Bagnaia rejoindre Aprilia et Acosta remplacer l’Italien chez Ducati.

La phrase la plus inquiétante n’est peut-être pas celle de Bagnaia. C’est celle de Tardozzi : quand un pilote explique ce qui lui manque et que son propre manager ne comprend pas de quoi il parle, la rupture dépasse déjà le tableau des résultats.

Bastianini

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