Chez Ducati, Marc Marquez ne se contente plus de gagner : il fascine ceux qui pensaient avoir déjà tout vu. Après sa démonstration au Grand Prix de Malaisie, Gigi Dall’Igna et Davide Tardozzi ont multiplié les superlatifs pour saluer leur pilote. Une admiration presque sans réserve, alors que l’Espagnol, toujours diminué physiquement, vient de signer sa septième victoire de la saison et se rapproche d’un dixième titre mondial.
Mais derrière cette célébration se dessine aussi un contraste embarrassant : pendant que Marquez sublime la Desmosedici, Pecco Bagnaia ne parvient toujours pas à retrouver le mode d’emploi de sa Ducati.
Dall’Igna : « Je pense que Marc Marquez a un talent fantastique »
Le directeur général de Ducati Corse n’a pas caché son admiration après la victoire de Sepang.
« Marc a réalisé une course fantastique. La journée n’a pas été facile. Il devait bien gérer ses pneus et rouler vite, deux choses difficiles à accomplir. Et il a réussi à le faire avec brio. » Pour Gigi Dall’Igna, la performance dépasse largement la vitesse pure. « Je pense que c’est le pilote qui sait le mieux s’adapter. »
L’ingénieur italien insiste sur cette faculté exceptionnelle à comprendre les limites de la machine, mais aussi les siennes. « Il sait s’adapter et, s’il trouve la solution, il exploite au maximum à la fois la moto et son physique. Je pense qu’il a un talent fantastique, et je le félicite. »
Voilà probablement le compliment le plus révélateur : Marquez ne demande pas seulement à Ducati de lui fournir la meilleure moto. Il trouve comment gagner avec celle dont il dispose.
Tardozzi : « Un champion de ce calibre est sans précédent »
Davide Tardozzi est allé encore plus loin. « Je tiens à féliciter Marc, car il a réalisé une course parfaite. Un champion de ce calibre est sans précédent. » Et le directeur de Ducati Lenovo d’ajouter : « Il nous surprend toujours plus ; ses limitations physiques ne sont pas un obstacle pour lui grâce à son mental. »
La déclaration prend une dimension particulière lorsqu’on connaît les douleurs persistantes de Marquez à l’épaule et au bras droits. À 33 ans, l’Espagnol ne dispose plus de l’intégralité de ses moyens physiques. Pourtant, il continue de repousser les limites de ce que ses dirigeants imaginaient possible.
« Je pense que le partenariat entre Marc et Ducati est essentiel. » Difficile d’exprimer plus clairement la place qu’occupe désormais le numéro 93 à Borgo Panigale.

Le génie de Marc Marquez ? Savoir aussi ne pas gagner
Dall’Igna a également salué un aspect moins spectaculaire de son champion : sa gestion du risque. Samedi, lors du Sprint remporté par Pedro Acosta, Marquez avait accepté la deuxième place. « C’est une stratégie que, selon moi, seuls les meilleurs pilotes adoptent. »
Pour l’ingénieur italien, savoir renoncer à une victoire lorsque le risque devient excessif constitue une qualité rare. Le lendemain, Marquez a changé de registre : domination, gestion des pneumatiques et victoire. Deux courses, deux stratégies, une même intelligence du championnat.
Avec 44 points d’avance sur Jorge Martin, cette maturité pourrait bien faire la différence dans la conquête du titre.
Et pendant ce temps, Bagnaia laisse Ducati perplexe
L’enthousiasme des dirigeants contraste brutalement avec leur désarroi concernant Pecco Bagnaia. Interrogé sur les difficultés techniques évoquées par l’Italien, Tardozzi a répondu : « Honnêtement, je ne vois pas de quoi il parle. » Puis il a reconnu : « Nous avons tout envisagé, mais nous sommes dans l’impasse. »
Ducati assure avoir développé des solutions spécifiques pour Bagnaia, sans parvenir à résoudre ses difficultés. Tardozzi rappelle surtout que les machines de Marquez, Bagnaia et Alex Marquez reposent sur une base technique comparable.
L’affirmation ne signifie pas que leurs réglages ou leurs sensations sont identiques. Mais elle renforce une interrogation : pourquoi Marquez parvient-il à exploiter cette Ducati là où Bagnaia se retrouve démuni ?
Alors, qu’est-ce qu’on retient ?
- Dall’Igna : Marquez possède une capacité d’adaptation et une intelligence de course exceptionnelles.
- Tardozzi : son mental compense des limitations physiques toujours présentes.
- Ducati : l’admiration pour Marquez contraste avec l’impasse technique de Bagnaia.
Dall’Igna a conçu la Ducati. Tardozzi dirige ceux qui la font gagner. Mais à les entendre aujourd’hui, Marquez leur apprend encore quelque chose en MotoGP : jusqu’où un pilote d’exception peut emmener leur machine.





