Toto Wolff avait perdu son septuple champion du monde. Il avait vu son équipe céder sa domination à Red Bull Racing, puis à McLaren. Et nombreux étaient ceux qui doutaient de sa capacité à reconstruire une nouvelle dynastie. Mais ce dimanche 8 novembre 2026, sur le circuit d’Interlagos, le boss de Mercedes a obtenu sa revanche.

Wolff : Neuf couronnes, un pari fou, un empire retrouvé.
Mercedes-AMG Petronas est officiellement championne du monde des constructeurs de Formule 1 pour la neuvième fois de son histoire.
Grâce aux quatrième et cinquième places de George Russell et Kimi Antonelli au Grand Prix de São Paulo, l’écurie allemande décroche le titre trois courses avant la fin de la saison.
Une semaine après le sacre mondial d’Antonelli au Mexique, Mercedes réalise le doublé pilotes-constructeurs. Et cette fois, Lewis Hamilton n’était pas au volant.
L’histoire possède une ironie difficile à ignorer : celui qui avait quitté Mercedes pour tenter de ramener Ferrari au sommet voit son ancienne équipe retrouver sa couronne sans lui. Wolff avait perdu Hamilton.
Il vient de gagner un nouvel empire.
Le neuvième sacre d’une dynastie
De 2014 à 2021, Mercedes avait exercé une domination presque absolue sur la Formule 1. Huit championnats des constructeurs consécutifs. Une série historique, construite autour de l’excellence technique de Brackley et Brixworth, et des performances de Lewis Hamilton, Nico Rosberg puis Valtteri Bottas.
Mais la révolution aérodynamique de 2022 avait brutalement interrompu cette suprématie. Red Bull Racing s’était emparée du pouvoir en 2022 et 2023, avant que McLaren ne s’impose en 2024 et 2025.
Pendant quatre saisons, Mercedes avait dû apprendre à perdre. Une expérience inhabituelle pour une organisation qui avait fait de la victoire une habitude.
En 2026, le nouveau règlement technique lui a permis de retrouver les premières positions. Et avec douze victoires lors des dix-neuf premières manches, l’écurie a rapidement pris l’ascendant sur ses adversaires.
Interlagos, la dernière pièce du puzzle
Avant le Grand Prix du Brésil, Mercedes disposait déjà d’une avance considérable sur Ferrari. Il lui suffisait d’inscrire trois points supplémentaires par rapport à la Scuderia pour être mathématiquement sacrée. Mais la course n’a pas été une formalité.
Kimi Antonelli, parti en première ligne, s’est emparé de la tête dès le départ avant de commettre plusieurs erreurs sur une piste particulièrement délicate. George Russell, pénalisé de cinq places sur la grille, a également dû batailler pour retrouver les avant-postes.
Pendant que Lando Norris filait vers la victoire et que Max Verstappen remontait spectaculairement depuis la 21e position, les deux pilotes Mercedes ont finalement sécurisé les points nécessaires. Quatrième place pour Russell. Cinquième pour Antonelli, également auteur du meilleur tour. Au terme des 71 tours, le verdict était définitif.
Mercedes : 652 points. Ferrari : 512 points.
Cent quarante unités d’écart. Et une couronne mondiale déjà acquise.
Après l’arrivée, Toto Wolff n’a pas caché sa satisfaction. Interrogé sur ce neuvième titre, le patron autrichien a reconnu avoir été lui-même surpris par l’ampleur de la réussite de son équipe.
« Je n’aurais jamais cru cela possible », a-t-il confié, évoquant également l’excellent début de saison qui avait permis à Mercedes de construire son avance. Une réaction d’autant plus intéressante que le dirigeant avait insisté, quelques jours auparavant, sur le caractère collectif du championnat des constructeurs.
Pour Wolff, cette distinction possède une signification particulière. Elle récompense non seulement les pilotes, mais également les ingénieurs, les mécaniciens et l’ensemble des salariés de l’organisation.
De Brackley, où les monoplaces sont conçues et développées, à Brixworth, où sont élaborés les groupes propulseurs, des centaines de personnes participent à chaque victoire. Et le titre mondial vient consacrer leur travail.
Brackley et Brixworth, les véritables héros
À l’occasion de la conférence de presse de la FIA organisée vendredi à Interlagos, Toto Wolff avait rappelé une réalité rarement mise en avant. Le championnat des constructeurs représente également un enjeu financier essentiel pour les salariés. Le dirigeant avait expliqué que les primes liées aux résultats permettaient concrètement aux employés de financer leurs projets personnels et familiaux. Une déclaration qui donne une tout autre dimension au titre.
Car derrière les trophées, les célébrations et les photographies officielles, une équipe de Formule 1 reste avant tout une organisation humaine. Les mécaniciens qui travaillent de nuit. Les ingénieurs qui analysent les données. Les techniciens qui développent les nouvelles pièces. Et toutes les personnes dont le nom n’apparaît jamais sur les feuilles de classement. Cette neuvième couronne leur appartient également.
Antonelli, le pari qui a changé l’histoire
Mais impossible d’évoquer ce titre sans revenir sur la décision la plus audacieuse de Toto Wolff. Lorsque Lewis Hamilton annonce son départ pour Ferrari, le dirigeant autrichien choisit de miser sur un adolescent italien. Kimi Antonelli. Un pilote immensément prometteur, mais sans expérience en Formule 1. Un pari que certains considèrent alors comme prématuré. Deux saisons plus tard, le jeune Italien est devenu le plus jeune champion du monde de l’histoire. Et Mercedes vient de retrouver le titre des constructeurs.
Dans une interview accordée après le sacre d’Antonelli, Wolff a expliqué avoir instinctivement pensé à lui dès que Hamilton lui avait confirmé son départ. Une décision presque immédiate. Un pari sportif considérable. Et aujourd’hui, une réussite historique.
Wolff découvre une autre émotion
Vendredi, devant les journalistes, Toto Wolff avait également raconté une scène étonnante survenue après le sacre d’Antonelli au Mexique. Il expliquait n’avoir ressenti presque aucune émotion au moment de l’arrivée. Puis, lorsqu’il avait retrouvé son pilote, ses parents et les membres de l’équipe au stade, la réalité de l’exploit l’avait finalement frappé. Le patron de Mercedes décrivait alors ce moment comme quelque chose de magique. Une émotion différente de celles vécues avec Lewis Hamilton. Car cette fois, le champion n’était pas un pilote déjà établi. C’était un jeune homme que Mercedes avait accompagné dans son ascension. Et que Wolff avait choisi de propulser au plus haut niveau malgré les interrogations.
Russell, l’autre artisan du titre
Si Kimi Antonelli concentre aujourd’hui les projecteurs, George Russell mérite également une place essentielle dans cette réussite collective. Le Britannique a traversé une saison particulièrement frustrante. Longtemps engagé dans la lutte pour le championnat des pilotes, il a vu son coéquipier décrocher la couronne mondiale. Mais il a continué à inscrire des points précieux pour l’équipe.
Toto Wolff a d’ailleurs publiquement reconnu les difficultés rencontrées par Russell. Il estime notamment que certaines circonstances indépendantes de sa volonté, ainsi que les performances parfois insuffisantes de sa monoplace, ont compromis ses ambitions. Mais le dirigeant insiste sur sa combativité. Pour lui, Russell doit désormais conserver une mentalité de combattant et préparer sa revanche en 2027. Le titre des constructeurs appartient donc aux deux pilotes. Même si un seul possède la couronne individuelle.
Ferrari regarde passer le train
Le contraste avec Ferrari est saisissant. L’écurie italienne avait recruté Lewis Hamilton pour retrouver le sommet du championnat.
Mais au terme du Grand Prix du Brésil, la Scuderia se retrouve avec 140 points de retard sur Mercedes. Les performances de Charles Leclerc et Hamilton n’ont pas suffi à empêcher le sacre allemand.
Et pendant que Frédéric Vasseur tente de gérer les ambitions de ses deux pilotes, son ancien collègue Toto Wolff célèbre déjà le titre mondial.
Une situation particulièrement ironique.
Hamilton avait quitté une équipe en reconstruction pour rejoindre une écurie supposée capable de lui offrir une nouvelle chance de titre. Mais en 2026, c’est précisément Mercedes qui a trouvé la formule gagnante.
Mercedes n’a pas seulement gagné, elle a reconstruit
Neuf titres mondiaux. Un nouveau champion du monde des pilotes. Un duo prometteur pour les prochaines saisons. Et une organisation technique redevenue la référence du championnat. Pour Toto Wolff, le titre 2026 possède une saveur particulière. Car il ne récompense pas seulement une saison réussie. Il valide plusieurs années de décisions difficiles, de remises en question et de reconstruction.
Mercedes rejoint désormais Williams, avec neuf titres mondiaux des constructeurs, au troisième rang historique derrière Ferrari et McLaren.
Et pour la première fois depuis 2021, les Flèches d’argent règnent à nouveau sur la Formule 1. Toto Wolff avait promis de reconstruire. Kimi Antonelli a apporté la couronne des pilotes. George Russell a contribué à sécuriser celle des constructeurs. Et de Brackley à Brixworth, toute une organisation peut désormais célébrer son retour au sommet.
Mercedes n’a pas simplement récupéré un trophée. Elle a retrouvé son identité de championne. Neuf couronnes, un pari audacieux et un empire reconstruit. Toto Wolff peut savourer sa victoire : les Flèches d’argent ont de nouveau touché leur cible.

George Russell absolutely SOAKS Toto Wolff by dumping an entire bucket of Gatorade over him! 😭😂
HE’S BEEN WAITING FOR THIS MOMENT!
(via. @Nachez98) #F1 | #BrazilGP 🇧🇷 pic.twitter.com/TiArUfyRqz
— Everything Formula (@evrythngformu1a) November 8, 2026
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— Mercedes-AMG Passion Club (@MercedesAMGPCF1) November 8, 2026




