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Quand il s’est élancé 37e sur la grille (en raison d’une erreur préalable de pression de pneu), on ne pouvait que plaindre Andy Verdoïa dont les chances étaient réduites à zéro. Quand il passa 11e à l’issue du premier tour, le commentateur pensa comme tout le monde que « les chronométreurs allaient corriger l’erreur ». Quand Andy passa troisième au quatrième tour, on s’imagina sur une autre planète. Au sixième tour, Verdoïa était premier. Plus aucun doute n’était permis : On était bien dans un autre monde !

Deuxième plus jeune du plateau de 54 pilotes permanents, car âgé de 16 ans et né le 30 octobre 2002 (à Nice, comme « El Diablo »), Andy Verdoïa a bluffé tout le monde à Donington dimanche dernier, malgré des qualités intrinsèques déjà connues. Pour sa première année, il terminait cinquième de sa première course en Aragon, puis cinquième à Jerez et troisième à Misano, avant cette incroyable deuxième place de Donington.

Tu es parti 37e sur la grille et a bouclé le premier tour en 11e position. Comment s’est passé ce premier tour ?

« J’ai pris un départ assez bon, puis, arrivé dans le premier virage, plutôt que de passer à l’intérieur comme tout le monde l’a fait, je suis passé directement à l’extérieur. J’ai pu gagner beaucoup de positions déjà dans le premier virage ».

« Puis j’ai continué sur ma lancée et avec l’élan dans la descente il n’y avait qu’à doubler plusieurs pilotes et quand je suis arrivé au troisième virage, j’avais gagné déjà 17 positions ».  

« Dans le quatrième virage, toujours à l’extérieur, j’ai gagné encore quatre positions. J’ai doublé 21 pilotes en 4 virages. Et ça a continué comme ça sur la plupart du tour. C’était comme si je zigzaguais entre les pilotes pour essayer de passer. J’arrivais avec une vitesse plus importante que la leur, beaucoup plus élevée. Arrivé au gros freinage du premier tour, j’ai doublé encore trois pilotes d’un coup ».

Au gros freinage, tu veux dire dans l’épingle du bout ?

« Oui, dans l’épingle qui se situe après la chicane. Puis après dans le dernier virage, j’ai doublé encore un pilote. J’avais remonté 26 positions. »

Tu n’es pas passé loin de la victoire en terminant deuxième à 0.239 de Sabatucci. Ta remontée t’avait épuisé, toi ou tes pneus ?

« C’était surtout mentalement que c’était dur. Ça énerve ! Ce n’est pas une pression mais il est sûr que ça énerve et que ça fait perdre quand même un peu de ses moyens. Il faut passer au-dessus. Du coup, au final, l’énervement ça épuise ».

Tu veux dire que ça demande beaucoup de concentration ?

« C’est ça et du coup j’ai donné beaucoup de forces dans les premiers tours et mentalement j’étais épuisé ».

« Et en plus dans le dernier tour j’étais tellement épuisé que je ne me suis pas rendu compte qu’il s’agissait du dernier tour. Pour moi, il en restait encore un ».

Tu te retrouves maintenant deuxième du Championnat derrière Manuel Gonzalez qui compte 108 points, mais à égalité avec Ana Carrasco (Championne du Monde en titre) et Scott Deroue avec 65 points. Dans ce groupe, tu es le seul rookie, Gonzalez ayant une saison complète derrière lui, Carrasco et Deroue deux saisons. Comment vois-tu les trois courses qui restent à Portimao, Magny-Cours et Losail ?

« Je pense que pour le moment je suis sur une bonne lancée, avec deux podiums lors des deux dernières courses. Ça rassure mentalement, ça aide. Ce n’est pas forcément une progression, mais dans la tête, faire deux podiums consécutifs ça fait du bien. Ça aide pour la suite ».

« Je vais tout faire pour essayer de monter à l’occasion des trois dernières courses sur le podium pour engranger un maximum de points ».

Qu’envisages-tu comme programme pour l’année prochaine ?

« Pour moi, c’est un petit peu compliqué à dire, parce que c’est sûr que cette année je voulais remporter le Championnat. Ce n’est pas terminé, mais c’est beaucoup plus compliqué car il ne reste que trois courses. Si j’avais eu le titre, je serais monté l’année prochaine en 600. J’ai toujours une possibilité de monter en 600, mais je vais réfléchir avant : Soit refaire une année en 300, soit passer en 600 ».

Quels souvenirs gardes-tu de ton séjour à Tavullia avec Valentino Rossi, dans le cadre du programme du Yamaha VR 46 Master Camp?

« Ce qui m’a plu le plus, c’est quand nous sommes allés au Ranch. C’est mon plus gros souvenir. Le Ranch, c’est quand même mythique. La VR46 a fait une course là-bas et voir rouler Valentino Rossi au Ranch, c’était quand même quelque chose ».

« Rossi nous a parlé un petit peu, il était en plein entraînement. Il devait partir au Mugello. Il a discuté un peu avec nous, nous a demandé comment ça allait, où on en était dans les championnats. Il a été sympa ».

Photos © Yamaha Racing, worldsbk.com, bLU cRU Yamaha