Le Sprint du Grand Prix MotoGP d’Australie offre une comparaison intéressante entre Jack Miller (Prima Pramac Yamaha MotoGP) et Fabio Quartararo (Monster Energy Yamaha MotoGP), car sur la même base Yamaha YZR-M1, mais dans deux équipes différentes, l’Australien a été nettement plus performant à Phillip Island samedi.
5e sur la grille puis dans le top 10 du Sprint, Jack Miller a même fourni une référence que le team Monster Energy Yamaha souhaite désormais étudier. Mais pour expliquer cet écart avec Fabio Quartararo, il faut aussi tenir compte d’un élément difficilement quantifiable : l’énorme motivation de Jack Miller pour son dernier Grand Prix MotoGP à domicile à Phillip Island.
Jack Miller porté par son public en Australie
Pour Jack Miller, ce week-end australien n’est pas un Grand Prix comme les autres. Il s’agit de sa dernière apparition en MotoGP à Phillip Island, un circuit auquel il est profondément attaché et où le virage 4 porte même son nom. Depuis le début du week-end, l’Australien insiste sur l’importance de son public et sur l’émotion particulière entourant cette dernière course sur « The Island ».
Cette motivation a également été relevée par son Team Director, Gino Borsoi : « Courir à domicile donne clairement une motivation supplémentaire à un pilote, mais cela montre également que la moto a été capable de l’aider ici. Avant tout, je tiens à féliciter Jack.
Ce résultat est important pour lui, pour sa famille, pour le paddock et pour tous ses fans, parce qu’il le mérite vraiment. »
Après le Sprint, le numéro 43 a lui-même pris son temps dans son tour de rentrée pour saluer les spectateurs : « J’ai pris mon temps dans le tour de rentrée pour saluer le public et, même aujourd’hui, il y avait énormément de monde. Les grillages étaient remplis tout autour du circuit.
C’est incroyable de voir les fans australiens mettre une telle ambiance pour Phillip Island, et je suis certain qu’il y aura encore davantage de monde demain. Cela pourrait également être une nouvelle grande journée pour les pilotes australiens, avec plusieurs d’entre nous bien placés sur la grille. »
Cette dimension émotionnelle ne suffit évidemment pas à expliquer une performance chronométrique, mais elle doit être intégrée à l’analyse. L’Australien connaît parfaitement le circuit, apprécie ses virages rapides et arrive dans un contexte où il est particulièrement déterminé à offrir un dernier grand résultat à son public.

P5 pour Miller contre P19 pour Quartararo sur la grille MotoGP
La différence entre les deux pilotes Yamaha s’est surtout construite lors de qualifications très délicates. Très performant dans les conditions humides et changeantes du samedi matin, Miller a dominé la Q1 avant de décrocher la 5e place en Q2.
Fabio Quartararo a vécu la situation inverse. Le Français ne s’est jamais senti réellement à l’aise dans les conditions mixtes et n’a obtenu que la 19e position sur la grille.
« Ce matin, je ne me sentais vraiment pas bien du tout dans les conditions mixtes », expliquait Fabio Quartararo, alors que Jack Miller, de son côté, estimait que sa Yamaha tournait bien et disposait d’une bonne vitesse de passage en courbe : « J’espérais un peu plus d’humidité cet après-midi, mais malheureusement elle n’est pas arrivée. Malgré cela, nous avons fait une bonne course sans commettre d’erreur et je me sentais à l’aise sur la moto. Globalement, la moto tournait bien et notre vitesse de passage en courbe était bonne ».
Quartararo remonte fort dans le Sprint
Sur piste sèche, la différence a été moins importante. Parti P19, El Diablo a gagné cinq places dans les deux premiers tours puis poursuivi sa remontée. Il a finalement franchi la ligne à la 11e place, à 11,215 secondes du vainqueur, après avoir gagné huit positions.
Jack Miller, parti depuis la deuxième ligne, a terminé avec environ trois secondes et demie d’avance sur Quartararo. Il a surtout été capable de rester au contact d’un groupe plus rapide pendant une grande partie du Sprint.
Le Français reconnaissait néanmoins un problème précis : « Ce matin, je ne me sentais vraiment pas bien dans les conditions mixtes, mais dans le Sprint, ça allait plutôt bien. Il me manque simplement du feeling avec l’avant dans les deux derniers secteurs.
J’espère que nous pourrons trouver quelque chose sur le mouillé demain afin de retrouver ce feeling. Je pense que je me sentirai mieux dans des conditions complètement mouillées que dans les conditions mixtes que nous avions ce matin. »
Une faiblesse particulièrement pénalisante à Phillip Island, où la confiance dans le train avant est essentielle dans les longues courbes rapides.

Les données de Miller vont être étudiées par Yamaha en Australie
Les performances de l’Australien n’ont pas échappé à l’équipe officielle. Massimo Meregalli a confirmé que Yamaha allait comparer les données de Miller avec celles de Quartararo afin d’essayer de progresser avant la course.
Fabio Quartararo reconnaît lui-même l’intérêt de cette comparaison : « Jack était également vraiment rapide aujourd’hui, donc il y a clairement des choses que nous pouvons apprendre. »
Jack Miller identifie pourtant toujours une faiblesse importante de la M1. Dans les lignes droites, l’Australien expliquait être « une cible facile », notamment face à Brad Binder. En revanche, il estimait pouvoir compenser dans les virages grâce à une bonne capacité de la Yamaha à tourner.
Gino Borsoi confirme le constat : la moto perd encore du terrain en ligne droite, mais se montre beaucoup plus proche de ses rivales dans les courbes. « Nous perdons toujours du terrain dans les lignes droites, mais dans les virages, comme Jack l’a dit, je pense que nous sommes assez proches de nos rivaux ».
Attention à ne pas tout attribuer aux réglages de la moto !
La comparaison entre Jack Miller et Fabio Quartararo est donc particulièrement intéressante, mais elle doit rester nuancée. La performance de Miller n’est pas uniquement une indication technique sur le potentiel de la Yamaha. Elle intervient sur un circuit qu’il connaît parfaitement, dans des conditions qu’il apprécie et lors d’un week-end à très forte charge émotionnelle.
Son Grand Prix national, le soutien massif du public australien, sa dernière course MotoGP à Phillip Island et l’envie de conclure sa carrière en MotoGP de la meilleure manière possible constituent autant de facteurs capables de pousser Jack Miller à aller chercher quelques dixièmes supplémentaires.
À l’inverse, on ne peut pas oublier que Fabio Quartararo clôturera sa belle histoire d’amour avec Yamaha dans cinq Grands Prix. Son avenir ne passant bientôt plus avec la firme aux diapasons, le Français avait déclaré avec franchise que son seul objectif était dorénavant de prendre du plaisir quand il le pouvait. Or, dans les conditions délicates des qualifications, le poleman de l’an passé n’en avait clairement aucun ce matin, même si en course, comme d’habitude, il a tout donné.
Mais le fait que l’équipe officielle Yamaha veuille désormais analyser les données de Jack Miller montre néanmoins que la performance de ce dernier ne peut pas non plus être réduite au simple « effet domicile ». Miller semble avoir trouvé à Phillip Island un équilibre de la M1 que Quartararo recherche encore.
La pluie annoncée pour dimanche permettra peut-être de vérifier si ces enseignements peuvent réellement être transférés d’une Yamaha à l’autre…
Résultats de la course sprint du Grand Prix d’Australie :

Crédit classement : MotoGP.com
MotoGP Australie Miller Quartararo MotoGP Australie Miller Quartararo




