F1
Publié le 1 octobre 2026 • 01:00 par Oléna Champlain

F1 – Ferrari : Hamilton proche d’Elkann, Vasseur fragilisé ?

 David Croft s’interroge sur l’autorité de Fred Vasseur chez Ferrari face à la proximité entre Lewis Hamilton et John Elkann.

Le commentateur britannique David Croft met le doigt sur une question sensible chez Ferrari : la proximité entre Lewis Hamilton et John Elkann peut-elle affaiblir l’autorité de Fred Vasseur ? L’interrogation arrive au moment où la Scuderia a publiquement réaffirmé sa confiance envers son directeur. Le message est officiel. La question, elle, reste entière.

Croft questionne l’autorité de Vasseur chez Ferrari

La proximité qui fait parler

Croft ne prétend pas qu’Hamilton cherche à court-circuiter son patron. Il s’interroge sur l’effet produit par les liens affichés entre le pilote et Elkann, président de Ferrari. Quand une star de l’équipe peut se prévaloir d’une relation directe avec le sommet de la marque, quelle place reste-t-il au team principal pour imposer ses choix ? Le commentateur de Sky Sports évoque aussi le rôle opérationnel d’Elkann et la marge de manœuvre laissée à Vasseur.

La nuance est essentielle. Rien ne prouve qu’Hamilton ait demandé une décision directement au président, ni qu’Elkann se mêle du travail quotidien de l’écurie. Croft formule une question de gouvernance, pas une accusation. Mais en Formule 1, où les hiérarchies sont souvent aussi importantes que les chronos, la perception peut rapidement devenir un sujet à part entière.

Vasseur dirige l’équipe sur les circuits et porte la responsabilité sportive de ses choix. Elkann préside Ferrari, tandis que Benedetto Vigna en est le directeur général. Sur le papier, les rôles sont identifiés. Dans la réalité d’une écurie en difficulté, les décisions stratégiques, les recrutements et les arbitrages remontent forcément vers les dirigeants. C’est précisément cette frontière entre la fonction du patron d’équipe et le poids de la présidence que Croft invite à regarder.

Ferrari sort le communiqué

Le timing n’a donc rien d’anodin. Mardi, Ferrari a pris la parole pour couper court aux spéculations sur l’avenir de Vasseur et à l’hypothèse d’un retour de Christian Horner en Formule 1. Maria Conti, directrice de la communication, a déclaré au nom d’Elkann et de Vigna que la Scuderia avait « pleine confiance » en Vasseur et en son équipe. Une formulation claire, destinée à fermer la porte aux rumeurs.

Mais quand une équipe doit rappeler publiquement qu’elle soutient son patron, le communiqué ne fait pas disparaître les interrogations : il les rend plus visibles. Le message confirme la hiérarchie officielle, avec Elkann et Vigna au-dessus de Vasseur. Il ne révèle pas pour autant la manière dont se prennent les décisions en coulisses, ni le poids accordé à chaque voix lorsque Ferrari doit trancher.

Vasseur n’a pas caché son agacement face aux rumeurs autour de son poste. À Bakou, il a rappelé qu’Horner « cherche un travail », en ajoutant qu’il en cherche « partout », selon les comptes rendus de ses propos. La pointe était sèche. Elle n’a cependant pas empêché la machine à spéculations de repartir, preuve qu’à Maranello, un démenti peut parfois offrir une nouvelle saison à la rumeur qu’il voulait tuer.

Des résultats qui compliquent le message

La situation sportive rend le sujet plus inflammable. Ferrari occupe la deuxième place du championnat constructeurs, mais accuse 160 points de retard sur Mercedes, selon Reuters. Le dernier titre constructeurs de la Scuderia remonte à 2008. Ces chiffres ne prouvent rien sur l’autorité de Vasseur, mais ils expliquent pourquoi chaque revers nourrit les interrogations sur la direction du projet. Dans une équipe qui attend depuis longtemps un nouveau titre, la patience est une ressource rare.

Hamilton n’est pas un simple élément du décor dans cette histoire. Elkann a joué un rôle dans sa venue chez Ferrari, et le Britannique a déjà exprimé son soutien à Vasseur. Il n’y a donc pas de preuve d’un affrontement entre le pilote et le directeur. Leur proximité avec des figures différentes de la hiérarchie ne suffit pas à créer un conflit. Mais elle peut alimenter une question légitime : qui a le dernier mot lorsque les intérêts sportifs et les choix de la direction se croisent ?

Les décisions et les résultats pèseront davantage que les liens personnels pour juger l’autorité réelle de Vasseur. Croft pose une question, pas un verdict.

La réponse officielle est connue : Vasseur reste le patron de la Scuderia et Ferrari affirme lui faire confiance. Reste maintenant à observer les actes, les décisions et la façon dont l’équipe parlera d’une seule voix lorsque la pression montera. Car un directeur peut conserver son titre et son bureau tout en voyant son autorité discutée. À Maranello, le patron est-il celui qui dirige l’équipe depuis le muret des stands, ou celui qui peut appeler directement le président ?