F1
Publié le 25 août 2026 • 01:00 par Oléna Champlain

F1 – Hamilton explose contre Ferrari : « Je veux gagner ! » — à Zandvoort, Mercedes lui donne une leçon que la Scuderia aurait préféré ne pas voir

Hamilton fulmine contre Ferrari après Zandvoort : secondes perdues, podium envolé et Mercedes prise en exemple.

Lewis Hamilton n’a pas quitté Zandvoort avec une quatrième place. Il est surtout reparti avec une colère froide, quelques secondes perdues et un exemple Mercedes soigneusement glissé sous le nez de Ferrari. Le Britannique n’a pas renversé de table. Il a fait pire : il a comparé.

Hamilton ne décolère pas contre Ferrari

À force d’hésiter, Ferrari a peut-être hésité jusqu’au podium.

Et lorsque votre nouveau pilote vous explique que son ancienne équipe sait prendre en quelques secondes la décision que vous avez mis plusieurs tours à assumer, le débriefing du lundi matin promet d’être légèrement moins confortable que le communiqué officiel.

Car Hamilton est formel : il était là pour gagner, il avait davantage de rythme que Charles Leclerc à un moment crucial de la course et Ferrari a trop attendu avant de libérer sa route. Résultat ? Quatrième, à moins d’une seconde de George Russell et du podium.

Autant dire que les secondes abandonnées derrière l’autre Ferrari ont soudain pris la taille d’un immeuble.

« Je veux gagner » : Hamilton ne cache même plus son impatience

À la radio, la première flèche était déjà partie. Lorsque Leclerc est finalement rentré aux stands au 44e tour, après avoir continué un tour supplémentaire malgré la situation, Hamilton a lâché sarcastiquement :

« Belle perte de temps, les gars. »

La F1 confirme qu’Hamilton était revenu dans les échappements de Leclerc autour du 43e tour et estimait disposer de davantage de rythme grâce à sa stratégie différente. Le Monégasque n’a pourtant pas immédiatement libéré son équipier et a repoussé son arrêt d’un tour.

Ce n’était d’ailleurs pas la seule manifestation d’agacement du septuple champion. Plus tard, lors d’une Virtual Safety Car, il demandera encore à Ferrari :

« Vous m’utilisez comme cobaye ?»

Ambiance.

Hamilton a ensuite expliqué très clairement ce qui se cachait derrière ces messages.

« Je veux gagner. Je suis ici pour gagner. »

Et cette fois, il n’a même pas eu besoin de chercher très loin pour montrer à Ferrari comment il aurait aimé que la situation soit gérée.

Il lui suffisait de regarder… Mercedes.

Le coup qui fait mal : « Regardez Mercedes »

Car quelques tours plus tard, le scénario s’est reproduit chez les Flèches d’Argent.

Kimi Antonelli, chaussé de pneus tendres plus frais après la Virtual Safety Car, revenait rapidement sur George Russell. Mercedes a estimé qu’il était inutile de faire perdre du temps aux deux hommes et a immédiatement demandé à Russell de laisser passer son équipier.

Ordre donné. Ordre exécuté. Antonelli deuxième. Russell troisième. Double podium. Fin de l’histoire.

Hamilton, lui, regardait cela depuis sa Ferrari. Et visiblement, il prenait des notes. Il a souligné après la course que Mercedes avait pris sa décision et l’avait appliquée immédiatement, contrairement à ce qu’il venait de vivre quelques minutes auparavant chez Ferrari. Voilà probablement la phrase qui pique le plus à Maranello. Pas parce que Mercedes aurait inventé une stratégie révolutionnaire. Mais précisément parce qu’il n’y avait rien de révolutionnaire.

Une voiture plus rapide derrière. Un objectif collectif. Un ordre. Terminé.

Chez Ferrari, on a pris quelques secondes supplémentaires pour réfléchir à ce que tout le monde avait déjà compris. Et à l’arrivée, Hamilton échoue à moins d’une seconde du podium. C’est là que la colère du Britannique devient beaucoup moins théorique. Hamilton a terminé quatrième derrière Russell, avec moins d’une seconde d’écart. Leclerc a fini cinquième, juste derrière lui.

Et Hamilton estime avoir perdu plusieurs secondes derrière son équipier. Il n’affirme donc pas qu’un podium était garanti. Mais il estime très clairement que Ferrari lui a retiré la possibilité de se battre à armes égales jusqu’au bout. Reuters rapporte qu’il considère ces secondes perdues derrière Leclerc comme susceptibles d’avoir fait la différence dans la lutte finale contre Russell.

Difficile de lui répondre que trois ou quatre secondes ne comptent pas lorsqu’on vient précisément de manquer le podium pour moins d’une seconde. La Formule 1 est parfois d’une cruauté mathématique assez admirable.

Mercedes n’a même pas trouvé la décision compliquée

Et comme si la comparaison n’était déjà pas suffisamment douloureuse, Toto Wolff est venu ajouter une petite couche. Mercedes a expliqué que laisser Antonelli dépasser Russell permettait d’éviter que les deux pilotes se battent entre eux alors que les Ferrari revenaient derrière.

Russell lui-même, pourtant directement sacrifié par l’ordre, a reconnu après coup qu’Antonelli était devant lui avant la séquence de la VSC et qu’il aurait été absurde de perdre du temps en se battant. Autrement dit : Mercedes savait exactement ce qu’elle voulait faire avant même d’avoir besoin de le faire.

C’est précisément ce qu’Hamilton réclame aujourd’hui à Ferrari. Pas davantage de réunions. Pas davantage de scénarios. Pas un conseil stratégique de l’ONU à chaque fois que deux voitures rouges se retrouvent à trois dixièmes l’une de l’autre.

Une décision.

Ferrari avait pourtant la voiture pour jouer devant

Le plus frustrant pour Hamilton est peut-être là. La SF-26 n’était pas à la dérive. Loin de là.

Le Britannique a lui-même reconnu après l’arrivée que Ferrari possédait une très bonne voiture à Zandvoort, même s’il estime que Mercedes conserve un avantage important en ligne droite. La F1 rapporte qu’il évaluait cet avantage à environ quatre dixièmes sur certaines portions. Ferrari a d’ailleurs terminé quatrième et cinquième dans une course où Norris s’est imposé devant Antonelli et Russell.

Le problème n’était donc pas seulement la performance. C’était son exploitation. Et c’est exactement le genre de détail qui transforme une équipe rapide en candidate au championnat… ou en collectionneuse de « on aurait pu ».

Hamilton ne veut plus collectionner les « on aurait pu »

Son message dépasse d’ailleurs largement la quatrième place de Zandvoort.

Hamilton est désormais à égalité de points avec Russell et à 59 points du leader Kimi Antonelli. Chaque abandon, pénalité ou décision stratégique hésitante commence donc à peser beaucoup plus lourd qu’en début de saison.

Le Britannique l’a résumé lui-même : pour gagner un championnat, il faut aller chercher chaque point disponible. Et voilà le cœur de sa colère. Hamilton n’est pas arrivé chez Ferrari pour célébrer les quatrièmes places héroïques. Il n’est pas là pour entendre après la course que « le rythme était encourageant ». Il est là pour gagner.

Et quand il voit son ancienne équipe prendre en quelques secondes une décision qui protège ses deux pilotes et lui ferme ensuite la porte du podium, il n’a manifestement aucune envie de sourire poliment.

Et maintenant… Monza

Le timing est savoureux. Ou catastrophique, selon le côté du garage depuis lequel on regarde.

La prochaine manche se disputera à Monza, à domicile pour Ferrari. Hamilton et Leclerc comptent chacun une victoire cette saison, mais la Scuderia attend toujours son premier titre mondial depuis 2008. Autant dire que Zandvoort vient de fournir un excellent sujet de réunion avant le rendez-vous italien.

Hamilton a indiqué vouloir régler cette discussion en interne. Très bien. Mais le message, lui, est déjà public.

Mercedes décide. Mercedes exécute. Mercedes place ses deux voitures sur le podium. Ferrari réfléchit. Et Hamilton termine quatrième. À moins d’une seconde.

Parfois, la stratégie n’a pas besoin d’être mauvaise pour coûter cher.

Il suffit qu’elle arrive un peu trop tard.