F1
Publié le 6 novembre 2026 • 02:00 par Oléna Champlain

F1 – Lawson fait ses preuves, Racing Bulls lui montre la sortie !

 Lawson brille chez Racing Bulls, mais Bayer refuse de garantir son volant pour 2027. Nikola Tsolov menace sa place.

Chez Racing Bulls, il existe une étrange manière de récompenser les performances : plus un pilote marque de points, plus on lui rappelle que son siège pourrait bientôt appartenir à quelqu’un d’autre. Liam Lawson vient d’en faire l’expérience. À 24 ans, le Néo-Zélandais réalise pourtant une saison particulièrement convaincante. Régulier dans les points, solide face à son coéquipier et capable de remonter depuis la voie des stands jusqu’à la septième place au Mexique, il possède de sérieux arguments pour conserver son volant en 2027, oui mais…

Lawson marque des points, Bayer prépare la relève.

…Peter Bayer, directeur général de Racing Bulls, préfère entretenir le suspense.

Interrogé sur l’avenir de son pilote, l’Autrichien reconnaît que Lawson a démontré sa valeur. Avant de rappeler immédiatement que la mission première de son écurie reste de former de nouveaux talents.

Autrement dit : félicitations pour les résultats, mais ne vous installez pas trop confortablement.

83 points et toujours aucun contrat

Avec 83 points inscrits cette saison, Liam Lawson figure parmi les révélations du championnat. Le Néo-Zélandais occupe la neuvième place du classement des pilotes et domine les autres représentants du milieu de grille. Son coéquipier Arvid Lindblad, pourtant considéré comme l’un des grands espoirs de Red Bull, accuse un retard important au championnat.

Des performances qui devraient normalement placer Lawson dans une position confortable au moment de négocier son avenir. Mais chez Racing Bulls, la logique sportive ne suffit manifestement pas toujours.

Le pilote n’a reçu aucune garantie concernant la saison 2027. Une incertitude d’autant plus préoccupante que les autres écuries ont déjà largement avancé dans la constitution de leurs équipages. Et qu’en cas d’éviction, les solutions de rechange pourraient être particulièrement limitées.

Bayer félicite Lawson, puis sort le règlement intérieur

Interrogé par la télévision autrichienne ORF, Peter Bayer reconnaît que Liam Lawson a fait le nécessaire pour démontrer sa légitimité. Selon lui, c’est d’ailleurs l’opinion générale dans le paddock. Mais le compliment est immédiatement suivi d’un rappel institutionnel.

Racing Bulls est avant tout une équipe de développement chargée de faire émerger de nouveaux pilotes. Bayer souligne que la structure a contribué à lancer 22 pilotes en Formule 1, parmi lesquels Sebastian Vettel et Max Verstappen.

Un argument historiquement recevable. Mais qui laisse une question entière.

À quoi sert de former un pilote, de le voir progresser et de le rendre performant si l’objectif consiste ensuite à le remplacer au moment où il commence à récolter les fruits de son expérience ?

Chez Red Bull, la formation ressemble parfois à un examen permanent. Et même les bonnes réponses ne garantissent pas le passage en classe supérieure.

Tsolov, la menace venue de Formule 2

Derrière cette hésitation se cache un nom : Nikola Tsolov. Le jeune Bulgare de 19 ans, engagé dans la lutte pour le titre en Formule 2, représente l’une des options envisagées pour 2027. Et sa récente apparition lors des essais libres du Grand Prix du Mexique a visiblement marqué les esprits. Au volant de la Racing Bulls, Tsolov a terminé douzième de la séance, à seulement 126 millièmes d’Arvid Lindblad. Une prestation saluée par Peter Bayer, impressionné par sa rapidité d’adaptation. Le dirigeant a qualifié sa performance de remarquable, soulignant son intégration immédiate au sein de l’équipe.

Le message adressé à Lawson est difficile à ignorer. La relève est déjà dans le garage. Et elle n’attend visiblement pas une invitation officielle pour se faire remarquer.

Mexico : Lawson répond sur la piste

L’ironie de la situation est encore plus frappante lorsqu’on revient sur le Grand Prix du Mexique. Le week-end de Liam Lawson avait pourtant très mal commencé. Un accrochage avec Max Verstappen pendant les essais libres lui avait valu une pénalité. Puis une infraction technique liée à la gestion de la puissance électrique entraînait sa disqualification des qualifications.

Parti de la voie des stands, le Néo-Zélandais semblait condamné à une course particulièrement compliquée. Mais il a réussi à remonter jusqu’à la septième place. Une performance importante pour Racing Bulls, engagée dans une bataille serrée avec Alpine au championnat des constructeurs.

De quoi convaincre définitivement sa direction ? Apparemment pas.

Lawson ne sait plus quoi prouver

Avant le Grand Prix de São Paulo, Liam Lawson a laissé transparaître son incompréhension. Interrogé par Formula 1, il explique avoir consacré chaque week-end à obtenir le meilleur résultat possible. Il souligne les progrès de Racing Bulls, sa régularité et les points inscrits ces dernières semaines.

Puis il lâche cette question, aussi simple que révélatrice :

« Je ne sais pas ce qu’ils attendent de plus de moi. »

Le Néo-Zélandais reconnaît également que l’incertitude devient particulièrement difficile à gérer à ce stade de la saison. Les places disponibles se raréfient. Et attendre jusqu’aux dernières courses pour connaître son avenir laisse peu de temps pour envisager d’autres possibilités. Pour un pilote qui a déjà connu une rétrogradation brutale de Red Bull Racing vers Racing Bulls, la situation possède un goût désagréablement familier.

Permane détient désormais les clés

Peter Bayer a toutefois pris soin de préciser que la décision finale concernant les pilotes appartenait à Alan Permane, directeur de l’écurie.

Trois candidats seraient ainsi en lice pour deux volants : Liam Lawson, Arvid Lindblad et Nikola Tsolov. Aucun choix définitif n’a été annoncé.

Racing Bulls doit donc arbitrer entre l’expérience et les résultats de Lawson, la progression de Lindblad et le potentiel de Tsolov. Un véritable dilemme sportif.

Mais également une démonstration des limites du système de formation de Red Bull, où la concurrence permanente peut parfois devenir une source d’instabilité.

Le mérite ne garantit plus le volant

À quelques courses de la fin du championnat, Liam Lawson possède des résultats que beaucoup de pilotes du milieu de grille aimeraient afficher. Il marque régulièrement. Il contribue directement au classement de son écurie. Et il a démontré sa capacité à réagir après des week-ends compliqués. Pourtant, son avenir reste suspendu à une décision dont la date demeure inconnue.

Bien entendu, Racing Bulls possède le droit de préparer la relève. Et Nikola Tsolov mérite d’être évalué pour ses performances. Mais il existe quelque chose de profondément paradoxal à reconnaître qu’un pilote a fait tout ce qu’on attendait de lui, tout en refusant de lui garantir sa place.

Lawson a répondu sur la piste. Bayer lui adresse des compliments. Permane garde la décision. Et Tsolov attend derrière la porte.

Chez Racing Bulls, les points se gagnent en course. Le droit de rester, lui, semble se jouer à la loterie des jeunes talents.

 

Nikola Tsolov

 

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