F1
Publié le 15 septembre 2026 • 00:00 par Oléna Champlain

F1 – Paulina sort la robe, Montoya prend l’addition : 500 euros pour un bout de jambe dans la pit-lane

Paulina Montoya entre en pit-lane en robe courte : PREMA écope de 500 euros par la FIA, pour non-respect des règles de sécurité.

On connaissait les amendes pour excès de vitesse dans les stands, unsafe release ou infraction technique : à Madrid, la FIA a inauguré une variante autrement plus élégante : 500 euros pour une paire de jambes insuffisamment couverte. Sebastian Montoya n’a pourtant rien fait. Ni freinage raté, ni contact, ni bouton interdit. Le pilote PREMA de Formule 2 a simplement vu sa sœur Paulina Montoya s’approcher de sa monoplace dans la zone de travail de la pit-lane vêtue d’une robe courte. La robe était blanche. La facture, elle, était bien salée. Précision importante : contrairement à ce qui a parfois été raconté, la FIA n’a pas personnellement condamné Sebastian à sortir 500 euros de sa poche. La décision officielle est adressée au concurrent, PREMA Racing, même si elle est enregistrée sous la voiture n°11 du Colombien. 

Chez Montoya, même la garde-robe finit chez les commissaires.

Une robe, un article 22.15 et les commissaires sortent le règlement

L’affaire s’est produite vendredi pendant les qualifications de F2 à Madrid. Paulina se trouve près de la voiture de son frère dans la working lane, la partie réglementée de la pit-lane. Et là, l’article 22.15 du règlement sportif de Formule 2 ne laisse guère de place à la haute couture : les membres d’équipe et personnels techniques doivent porter un pantalon long dans la pit-lane pendant les essais et les courses.

Les commissaires ont donc relevé officiellement : « Trousers not worn in a restricted area. »

Voilà. En Formule 2, on peut désormais arriver chez les commissaires sans avoir tourné un volant.

PREMA tente le coup du « mais c’est une invitée »

PREMA avait pourtant une défense toute trouvée : Paulina Montoya n’est ni mécanicienne, ni ingénieure, ni membre opérationnel de l’équipe. C’est une invitée. Sur le papier, l’argument n’était pas absurde. Il n’a tenu que quelques minutes.

Le directeur de course avait précisément rappelé aux concurrents avant le week-end que les invités ayant accès aux zones réservées entraient eux aussi dans le périmètre de responsabilité des équipes. Et l’article 9.15 du Code Sportif International prévoit qu’un concurrent répond des actes ou omissions des personnes auxquelles il a permis l’accès à ces espaces.

Traduction : tu l’invites, tu réponds de sa tenue.

La FIA a regardé les images, entendu PREMA et décidé que la personne située près de la voiture n°11 ne portait pas le pantalon réglementaire. Verdict : 500 euros d’amende pour l’écurie, à régler dans les 48 heures. La robe était donc gratuite pour Sebastian. L’accès à la pit-lane, beaucoup moins.

Ce n’est pas une brigade de la mode

L’anecdote prête évidemment à sourire, mais la règle n’a pas été inventée pour juger si Paulina était suffisamment chic. Une pit-lane reste une zone de travail où circulent voitures, pneus brûlants, équipements et personnels techniques. Le pantalon long constitue donc une mesure minimale de protection. Les médias italiens qui ont rapporté l’affaire insistent d’ailleurs sur ce point : ce n’est pas la robe en elle-même qui pose problème, mais les jambes découvertes dans une zone considérée à risque

Et le règlement 2026 confirme noir sur blanc cette obligation à l’article 22.15. Bref, la FIA n’a pas créé une police du bon goût.

Même si, vue de loin, la scène y ressemble furieusement.

Paulina avait choisi la mauvaise tenue… au pire endroit

La situation devient d’autant plus savoureuse que Paulina est régulièrement présente dans l’univers automobile autour de son père Juan Pablo et de son frère Sebastian.

Mais être habituée au paddock ne transforme manifestement pas une robe en pantalon. Sky Italia rapporte que PREMA a bien tenté d’insister sur son statut d’invitée, sans convaincre les commissaires, lesquels ont rappelé que l’équipe était juridiquement responsable des personnes qu’elle introduisait dans la zone réservée

Le lendemain, Paulina a d’ailleurs pris l’affaire avec humour et est revenue correctement équipée, accompagnant sa nouvelle tenue d’un petit « La tenue appropriée ».

Message reçu. On ignore en revanche si PREMA lui a envoyé la facture avec.

Et Sebastian avait déjà suffisamment de problèmes sans ouvrir le dressing

L’ironie est encore meilleure quand on regarde le reste du vendredi du Colombien.

Montoya n’avait vraiment pas besoin que la garde-robe familiale ajoute un dossier à son après-midi : ses qualifications avaient déjà tourné court et son nom figurait parmi les multiples décisions publiées par les commissaires lors d’une séance particulièrement agitée. La FIA a officiellement publié le dossier « trousers not worn » comme document 27, juste au milieu d’une longue série de convocations et d’infractions concernant les qualifications madrilènes.

Pour Sebastian, Madrid aura donc offert une leçon assez particulière. Sur la piste, surveille les limites. Dans les stands, surveille aussi les chevilles de tes invités.

500 euros : beaucoup pour une robe, peu pour une leçon de règlement

L’amende n’a rien changé au résultat sportif du week-end. Elle restera surtout l’une de ces histoires dont les paddocks raffolent : suffisamment absurde pour faire sourire, mais parfaitement explicable une fois le règlement ouvert. Car juridiquement, le dossier est beaucoup moins mystérieux que son résumé sur les réseaux : ce n’est pas Paulina qui a été sanctionnée, ni réellement Sebastian à titre personnel. C’est PREMA Racing, responsable de son invitée dans une zone réservée.

Paulina aura donc appris qu’en F2, une robe peut être parfaitement adaptée au paddock… et devenir réglementairement beaucoup trop courte quelques mètres plus loin.

Et Sebastian ?

Il pourra toujours rappeler à sa sœur qu’à Madrid, son choix vestimentaire valait exactement 500 euros.