À l’occasion du 65e anniversaire de Yamaha, revenons sur six pilotes, qui, dans six décennies différentes, ont fait briller la marque aux diapasons. Poursuivons sur Jorge Lorenzo , pilote au caractère unique mais terriblement efficace en piste.

Jorge Lorenzo évolua dans l’ère la plus compétitive de l’histoire. Ce point de vue, défendu par Carmelo Ezpeleta, est tout à fait valide du point de vue historique et statistique. Jamais l’espagnol ne connut le succès facile. Rival historique de Dani Pedrosa, il parvint toujours à le contenir dans une course au titre sur Yamaha.

En terme de talent et de vitesse pure, Casey Stoner et Marc Márquez étaient les plus proches. Ces deux derniers lui ont causé beaucoup de problèmes sur la piste. En 2011 et 2013, il a dû s’incliner contre ces titans en confrontation directe.

Mais de tous, seul Valentino Rossi réussit à le piquer de la sorte. Entre guerres psychologiques avant, pendant et après le fameux mur entre les deux boxes, les deux ne se sont pas lâchés d’une semelle pendant plus de dix ans. Mais cela s’explique finalement assez simplement.

Jorge Lorenzo, Valentino Rossi, Casey Stoner, Dani Pedrosa. Le quatuor magique, qui fit revivre les grand prix au milieu des années 2000. Ici en 2009. Photo : Morten Jensen.

Lorenzo est une extension de Rossi. C’est une sorte de Rossi extrême, moins calculé, moins posé, moins régulier dans les années mais avec des sommets plus élevés. Les deux se ressemblent énormément.

Finalement, on y voit deux grands compétiteurs, deux grands vainqueurs possédant chacun leur univers, leur personnage. Au fond, ils ont été rivaux car il ne pouvait y avoir qu’un seul Valentino Lorenzo, ou Jorge Rossi sur la grille. Yamaha, en les assemblant, a peut être créé la meilleure escadrille de l’histoire des grands prix. Deux pilotes à la mentalité et la philosophie similaire s’affrontant pour la place de numéro 1 à motos égales.

En 2015, huit ans après leurs premières confrontations Valentino Rossi et Jorge Lorenzo jouent à nouveau le titre, à motoq égales. Le majorquin, plus vite en qualifications et en piste s’adjuge un titre mérité, mais gâché par la fameuse affaire de fin de saison. Photo : alberto-g-rovi

À n’en pas douter, les deux se respectent énormément. Chacun sait exactement le travail que l’autre a du abattre pour arriver à ce niveau. Les deux ont été le renouveau de Yamaha, et les créateurs de l’identité bleue que l’on connaît aujourd’hui et qui perdurera dans le temps.

Lié à jamais à la firme d’Hamamatsu, « Por fuera » ne pourra se détacher de la famille qu’il l’a façonné, et lui permit d’engranger trois titres de champion du monde mérités, 44 victoires et une légende, un héritage.

Beaucoup ne l’aimaient pas. Mais il faut reconnaître que son personnage a été essentiel au développement de la MotoGP durant ces 15 dernières années. Toutes les belles histoires ont besoin d’anti-héros charismatiques, qui incarnent quelque chose, qui se démarquent du reste, qui osent. Jorge Lorenzo, c’est un moment, une émotion que personne n’a vécu avant, et que personne ne revivra par la suite.

 

Photo de couverture : Carlos Gonzalez.



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