Le MotoGP a découvert cette semaine une discipline nouvelle : le grand écart. D’un côté, un promoteur qui assure que tout va bien au Qatar. De l’autre, des pilotes qui aimeraient savoir comment rentrer chez eux si tout va mal. Au milieu ? Un championnat qui distribue des consignes pendant que ses vedettes cherchent la sortie de secours. Sortez les Post-it : notre Benêt atypique a travaillé.
POST-IT N° 1 du Benêt — QATAR : SOURIEZ, VOUS ÊTES OBLIGÉS !
Le Grand Prix de Losail reste au programme malgré les inquiétudes sécuritaires. Les pilotes se réunissent, demandent des garanties. Le promoteur répond avec des assurances… et rappelle que les absences peuvent avoir des conséquences contractuelles et sportives.
Précision utile : aucune exclusion des manches suivantes en cas d’absence volontaire n’a été officiellement prononcée. Mais dans un paddock où l’on devrait parler trajectoires, on débat désormais du billet de retour. C’est donc ça, le tourisme sportif.

POST-IT N° 2 — YAMAHA : LE DIAPASON JOUE FAUX
Yamaha refuse le déplacement au Qatar, invoquant ses restrictions de voyage. Le promoteur regrette et prévient ; la FIM reste compétente pour les suites disciplinaires éventuelles.
Pendant ce temps, Honda confirme sa présence. Deux constructeurs japonais, deux lectures du risque : même carte du monde, GPS manifestement différents.
Et l’on voudrait nous faire croire que le paddock forme une grande famille ? Une famille dont certains ont déjà réservé le taxi pour l’aéroport.

POST-IT N° 3 — MARQUEZ : DIX TITRES ET UNE ENVIE DE RENTRER
Marc Marquez remporte Sepang devant Pedro Acosta et son frère Alex. Il possède 44 points d’avance sur Jorge Martin et peut coiffer sa dixième couronne au Qatar.
Voilà normalement le moment où l’on déroule le tapis rouge. Sauf que l’Espagnol annonce qu’il arrivera « le plus tard possible », jeudi soir, et préfère ne rien dire sur le maintien de l’épreuve.
Son bras droit le fait encore souffrir. Tardozzi promet qu’il restera chez Ducati jusqu’en 2028 ; Dovizioso envisage une retraite anticipée.
Notre benêt a une suggestion : avant de prévoir la fête, vérifier que l’invité d’honneur a envie de venir.

POST-IT N° 4 — BAGNAIA : LA PIÈCE MANQUANTE DU PUZZLE
Pecco Bagnaia affirme qu’un élément technique utilisé lors des essais de Misano et au Japon a « disparu ». Davide Tardozzi répond ne pas savoir de quoi il parle. Même les techniciens, dit-il, n’ont pas trouvé la solution.
Pendant ce temps, les Ducati des frères Marquez continuent de briller. On ignore ce qu’est cette fameuse pièce du puzzle. Mais la communication interne semble avoir autant de grip qu’un pneu froid sous la pluie. Et dire qu’il suffirait parfois de commencer par se parler.

POST-IT N° 5 — APRILIA : EN FAMILLE, MAIS PAS TROP
Marquez soupçonne Ai Ogura d’avoir défendu les intérêts d’Aprilia pendant le Sprint. Massimo Rivola réplique que les jeux d’équipe se pratiqueraient plutôt « chez eux… en famille ».
Allusion transparente aux frères Marquez. Le lendemain, Ogura attaque Bezzecchi, son collègue de marque, et termine quatrième devant lui.
Pour un domestique supposé, le Japonais a oublié la notice. Le paddock adore les complots ; la piste a parfois l’indélicatesse de contredire le scénario.

POST-IT N° 6 du Benêt — BEZZECCHI : VITE, MAIS PAS JUSQU’AU DRAPEAU
Troisième du Sprint, Bezzecchi termine sixième du Grand Prix après avoir élargi dans le dernier tour et laissé passer Bastianini.
Neil Hodgson y voit le résumé de sa saison : du talent, des victoires, mais trop de points offerts. Pendant que Martin soigne son bras fracturé, Aprilia aurait besoin d’un prétendant solide.
Elle a surtout un pilote capable de fulgurances… et d’oublier de fermer la porte. La vitesse d’un champion, peut-être. La carrure, encore à démontrer.

Le benêt atypique vous laisse donc avec trois questions…
- Au Qatar, qui aura le dernier mot : les garanties de sécurité, les pilotes ou le règlement ?
- Marquez fêtera-t-il son dixième titre avec le sourire… ou en regardant déjà vers la sortie ?
- Ducati retrouvera-t-elle la pièce perdue de Bagnaia avant de perdre définitivement le mode d’emploi ?
Sur ce, notre âne remet son bonnet de bouffon. Lui aussi aimerait qu’on le rassure avant de l’envoyer au Qatar. Mais il paraît qu’un Post-it signé suffit…





