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Carmelo Ezpeleta

La tension couve sous la surface du paddock. Alors que le MotoGP entame sa mue sous l’ère Liberty Media, une question ancienne et sensible refait surface : celle de la syndicalisation des pilotes. Une idée qui, pour Carmelo Ezpeleta, le grand ordonnateur de la discipline, est synonyme de catastrophe programmée.

L’anecdote révélée par l’analyste Diego Lacave lors d’un entretien avec Nico Abad remet en lumière la doctrine du PDG de MotoGP Sports Group : une hostilité viscérale à toute forme de structure collective chez les pilotes.

Carmelo Ezpeleta, le patron historique du MotoGP, n’a jamais aimé les syndicats. Il y a vingt ans, des pilotes ont tenté de s’organiser. L’Espagnol les a convoqués. Il les a regardés droit dans les yeux, et a lâché une phrase glaçante : « Si le MotoGP dépendait de vous tous, ce sport serait ruiné en une seule saison. »

La menace était claire. Les pilotes ont reculé. Depuis, aucune tentative de syndicalisation n’a abouti. Aujourd’hui, avec l’arrivée de Liberty Media, les choses pourraient changer. Les pilotes, plus exposés (calendrier surchargé, risques accrus), réclament une représentation collective. Mais Ezpeleta, toujours aux commandes, veille. Et son avertissement résonne encore.

Les syndicats de pilotes, en sport automobile, existent. En Formule 1, la GPDA (Grand Prix Drivers’ Association) a été fondée en 1961, relancée en 1994 après les tragédies d’Imola. Elle pèse, négocie, protège. En MotoGP, rien de tel. Pourquoi ? À cause de Carmelo Ezpeleta.

Carmelo Ezpeleta

« Carmelo Ezpeleta les a regardés droit dans les yeux »

Diego Lacave, analyste espagnol, a raconté l’anecdote à Nico Abad. « Carmelo a regardé les pilotes droit dans les yeux et leur a dit : « Si le MotoGP dépendait de vous tous, alors ce sport serait ruiné en une seule saison. » Voilà ce que j’ai entendu Carmelo dire aux pilotes il y a près de 20 ans ».

L’époque : début des années 2000. Valentino Rossi, fraîchement champion, tentait d’organiser une association. D’autres pilotes, comme Sete Gibernau, soutenaient l’idée. La réponse d’Ezpeleta : une intimidation massive.

La menace était claire. Si les pilotes se syndiquaient, Ezpeleta saborderait le championnat. Moins de courses, moins de prize money, moins de sponsors. Les pilotes, pris en otage. « Les pilotes ont reculé. Personne n’a osé franchir le pas. »

Depuis, le MotoGP n’a pas de syndicat. Les pilotes négocient individuellement, ou via leurs équipes. Mais ils ne pèsent pas collectivement. L’arrivée de Liberty Media, qui a racheté le MotoGP pour 4,2 milliards d’euros, change la donne. Les Américains, habitués à la F1, où la GPDA est forte, pourraient être surpris.

Les pilotes MotoGP, eux, sont préoccupés. Calendrier surchargé (22 courses), risques accrus (circuits urbains, conditions météo), obligations promotionnelles (événements, sponsors). Ils veulent une représentation collective. Pour peser, négocier, protéger.

Malgré la vente, Carmelo Ezpeleta est resté PDG du MotoGP Sports Group. Il dirige encore. Et il veille. Si les pilotes tentaient à nouveau de se syndiquer, il réagirait. Probablement avec la même fermeté.

« Il ne veut pas perdre le contrôle. Son pouvoir, il le doit à sa capacité à gérer les crises, à diviser pour régner, à maintenir les équipes et les pilotes sous sa coupe. »

En Formule 1, la GPDA a obtenu des avancées majeures : le Halo, des changements de circuits, des restrictions de calendrier, une meilleure répartition des revenus. Certains pilotes MotoGP ont évoqué l’idée de créer une association similaire. Mais Ezpeleta mettrait son véto. Ou menacerait de réduire les primes, les avantages.

Carmelo Ezpeleta a construit le MotoGP moderne. Il a sauvé le championnat de la faillite, attiré les sponsors, négocié les droits TV. Sans lui, le MotoGP ne serait pas ce qu’il est. Mais sa méthode, autoritaire, parfois brutale, a aussi des défauts. Il n’aime pas qu’on lui résiste.

Les pilotes, conscients de leur valeur, pourraient tenter un nouveau coup avec l’arrivée de Liberty Media, qui a l’habitude des négociations collectives en F1. Mais Ezpeleta, lui, n’est pas prêt à lâcher.

« Si le MotoGP dépendait de vous tous, ce sport serait ruiné en une seule saison. » La menace, vieille de 20 ans, résonne encore. Et les pilotes, prudents, n’ont toujours pas osé.

Carmelo Ezpeleta a terrorisé les pilotes MotoGP. Il y a vingt ans, il leur a dit qu’un syndicat ruinerait le sport. Depuis, personne n’a bougé. Aujourd’hui, avec Liberty Media, le vent pourrait tourner. Les pilotes, fatigués des calendriers surchargés, des risques, des exigences promotionnelles, veulent une représentation collective. Mais Ezpeleta, toujours aux commandes, veille. Sa phrase, restée célèbre, résonne. Et les pilotes, conscients du rapport de force, hésitent. La bataille, si elle a lieu, sera féroce. Et le MotoGP, lui, pourrait en sortir changé.

Carmelo Ezpeleta

 

 

 

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