Honda a donc choisi : Pol Espargaró a été recruté pour être mis aux côtés de Marc Marquez au sein du team Repsol Honda. Quant à la nouvelle recrue Alex Marquez, il ira faire sa seconde saison en MotoGP au sein du team satellite LCR-Honda. Il sera l’équipier de Takaaki Nakagami soutenu par le sponsor Idemitsu. A ce jeu des chaises musicales, c’est Cal Crutchlow qui se retrouve sans option. Et ce n’est pas une bonne nouvelle pour Lucio Cecchinello, dont le système de fonctionnement qu’il a mis en place pour son écurie a besoin d’un pilote capable de briguer les avant-postes…

L’arrivée de Pol Espargaró au sein du team Repsol Honda, aura des conséquences collatérales certaines sur ses collègues et une écurie en particulier. Il fera ainsi déménager Alex Marquez, mettre au chômage Cal Crutchlow, et ébranlera l’économie d’une équipe, en l’occurrence le team satellite LCR.

Cette dernière a ainsi opté pour la formule du sponsor finançant un Grand Prix. Ce qui la met à l’abris de la défection d’un soutien unique et à l’année, qui peut retirer ses billes aussi vite qu’il les a engagées. Certes, mais pour que la formule fonctionne, il faut proposer à Givi, Castrol et Rizoma une réelle perspective de visibilité en un meeting. « Lorsqu’un sponsor principal se retire, toute l’équipe s’effondre souvent », explique Lucio Cecchinello. « Pour moi, il ne manque qu’une partie du budget, qui peut généralement être remplacé ».

Un potentiel avéré avec un pilote comme Cal Crutchlow, qui a rapporté trois victoires et neuf podium depuis qu’il a intégré les murs de LCR en 2015. Mais avec Alex Marquez, ce sera a priori bien plus compliqué. Une situation difficile déjà vécue avec Toni Elias, qui n’y arrivait pas sur la Honda. Depuis, Nakagami a permis qu’une seconde moto soit dans le box, avec le système du sponsor unique, différent de celui qui fait tourner la structure de l’Italien depuis 2005.

Un système économique ingénieux mais avec un pilote de pointe

Il faudra pourtant faire avec, et d’autant plus que Lucio Cecchinello ne paie pas ses pilotes. C’est Honda qui en a la charge, et le constructeur fait donc ce qu’il veut : « je ne suis pas intéressé par un pilote qui se finance » explique Cecchinello. « Je ne m’intéresse qu’aux pilotes à fort potentiel. C’est pourquoi j’ai attendu l’apparition de Nakagami, un solide pilote asiatique qui s’est révélé attrayant pour les sponsors. Je ne fais la promotion de tels projets qu’en étroite collaboration avec Honda ».

Un confort qui avait trouvé jusque-là son équilibre avec Cal Crutchlow. C’est pour cette raison que l’ancien vainqueur à sept reprises en 125 en avait fait sa priorité pour 2021. Y-aura-t-il des compensations de la part de HRC ? Seul Carmelo Ezpeleta le sait puisque le patron de Dorna a affirmé connaître tout ce qui cache derrière l’arrivée de Pol Espargaró. Pour le moment, à ce que l’on sait, c’est que la vaillante équipe LCR, présente depuis 15 ans, a bien souffert du confinement.

LCR a eu comme premier pilote en 2006 le sensationnel Casey Stoner, puis Carlos Checa, Randy de Puniet. En 2011 est arrivé Toni Elias, de 2012 à 2014 Bradl a officié avec, en point d’orge, une seconde place à Laguna Seca en 2013. Puis Crutchlow est arrivé, en 2015. Jack Miller était à ses côtés avant le retour de l’équipe réduite à un pilote qui a pris fin en 2018 avec l’installation de Takaaki Nakagami.

Il reste à Lucio Cecchinello à profiter de la saison 2020 pour espérer garder le goût des bulles sur un podium. Puis à espérer qu’Alex Marquez se révèle à son avantage sur la RC213V…

 



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