Le MotoGP a retrouvé le chronomètre à Losail, mais pas sa sérénité. Avec seulement 18 pilotes classés et les quatre Yamaha absentes, le Grand Prix du Qatar se déroule sur fond de contestation sécuritaire. Dans ce plateau réduit, Fabio Di Giannantonio signe le meilleur temps en 1’50″406, devant Marc Marquez et Marco Bezzecchi. Trois enseignements se dégagent d’une journée où la hiérarchie sportive et les tensions du championnat se croisent.
Les trois signaux du jour :
- Di Giannantonio mène la séance, mais Márquez reste à 142 millièmes.
- Martin retrouve le rythme malgré un poignet encore douloureux.
- Acosta invoque les contrats, puis termine quatorzième à plus d’une seconde.
Qatar : Di Giannantonio devant, Bagnaia répond, Ducati occupe le terrain
La feuille des temps ne ressemble pas à une démonstration solitaire de Marquez. Fabio Di Giannantonio place sa Ducati VR46 au sommet avec 1’50″406, 0″142 devant le pilote officiel. Marco Bezzecchi, troisième à 0″260, maintient Aprilia dans la bataille, tandis que Francesco Bagnaia prend la quatrième place à 0″386.
Pour Pecco, ce résultat possède une saveur particulière. Après avoir ironisé sur le fait que ses critiques envers Ducati lui rapportaient davantage d’attention médiatique que ses performances, il trouve cette fois une raison sportive de faire parler de lui. Cela ne gomme pas ses difficultés de la saison, mais rappelle qu’il n’a pas renoncé à terminer son histoire avec Ducati dignement.
Reste une précaution : cette séance fixe l’ordre provisoire et les accès directs affichés en Q2, pas la grille définitive. Marquez demeure à portée immédiate du meilleur temps.
Martin septième, mais le courage ne suffit pas à guérir un poignet
Jorge Martin figure au septième rang, en 1’51″041, à 0″635 du leader. Le chiffre est encourageant pour un pilote dont le retour était encore incertain après sa fracture du poignet et son forfait malaisien.
Paolo Bonora a néanmoins prévenu : les changements de direction se passent mieux, mais les freinages restent pénibles. Aprilia lui a demandé de prendre son temps et de ne pas prendre de risques.
Martin doit donc préserver ses chances mathématiques face à Marquez, tout en évitant qu’une attaque de trop ne compromette sa récupération. Bezzecchi, troisième, donne à Aprilia un autre motif d’espoir. Mais pour Martin, la vraie question sera sa résistance sur la durée, pas seulement son meilleur tour.
15 laps in FP1 ✅
18 laps in Practice ✅
Straight to Q2 ✅@88jorgemartin is most definitely in the game. #QatarGP 🇶🇦 pic.twitter.com/nWWERKAZp1— MotoGP™🏁 (@MotoGP) November 6, 2026
Acosta quatorzième : le discours des contrats face à la réalité du chrono
Pedro Acosta avait expliqué que les pilotes devaient respecter leurs contrats et faire confiance aux décisions prises pour venir au Qatar. Sa position tranche avec le retrait de Yamaha et Pramac, qui prive le plateau de quatre machines.
Sur la piste, l’Espagnol ne trouve pas encore le même aplomb : quatorzième en 1’51″575, à 1″169 de Di Giannantonio, il apparaît loin de Bezzecchi, sa cible déclarée pour la troisième place finale du championnat.
Ce résultat ne préjuge pas de sa course, mais souligne la distance entre ses ambitions de fin de saison et son vendredi. KTM place Bastianini en Q2, Brad Binder dixième, tandis que Maverick Viñales est quinzième.
Ce que nous surveillerons demain :
- La capacité de Di Giannantonio à confirmer face à Marquez en qualifications et en Sprint.
- L’endurance du poignet de Martin lorsque les relais et les freinages s’intensifieront.
- La réaction d’Acosta et de KTM, tandis que le débat sur le retrait de Yamaha reste ouvert.
Alors, qu’a-t-on appris ?
Le Qatar possède bien une hiérarchie chronométrique, mais elle reste provisoire. Ducati se montre solide, Aprilia garde des arguments et Acosta doit réagir. Surtout, les 18 noms sur la feuille des temps prouvent que la séance a eu lieu, pas que la crise entourant ce Grand Prix MotoGP est réglée.
Tough day at the office for the Shark 😔#QatarGP 🇶🇦 pic.twitter.com/Gzg8dFlTAz
— MotoGP™🏁 (@MotoGP) November 6, 2026




