Moto GP
Publié le 29 octobre 2026 • 21:00 par André Lecondé

MotoGP, ce que le paddock nous a appris aujourd’hui : Martin ne peut pas se brosser les dents, mais veut reprendre des points à Marquez

Poignet fracturé de Martin, garanties qataries et responsabilité juridique : Sepang révèle les tensions sportives et politiques du MotoGP.

Martin

Jorge Martin ne peut toujours pas se brosser les dents avec la main droite. Pourtant, dix points seulement le séparent de Marc Marquez et il tentera vendredi de piloter une MotoGP à Sepang. Pendant ce temps, les pilotes ont contraint le Qatar à préciser son plan d’évacuation, sans obtenir encore de garantie juridique complète.

Les trois signaux du jour :

  • Martin est autorisé à participer aux EL1, mais devra subir un nouveau contrôle médical immédiatement après la séance.
  • Sa tentative répond directement à la lutte pour le titre : sans cet enjeu, il reconnaît qu’il serait rentré chez lui.
  • Le Qatar propose désormais un plan d’évacuation, mais la responsabilité financière et contractuelle reste à attribuer.

Martin ne reçoit pas un feu vert, mais un permis d’essai

Six jours après sa fracture non déplacée du radius distal droit à Phillip Island, Jorge Martin a obtenu l’autorisation médicale de participer aux premiers essais libres du Grand Prix de Malaisie.

Cette décision ne vaut ni pour le Sprint ni pour la course. Les médecins réexamineront le pilote Aprilia après les EL1 afin d’évaluer la réaction de son poignet à l’effort.

Le constat livré par Martin mesure l’ampleur du défi : il ne peut pas se brosser les dents avec la main droite. Or cette même main commande le frein avant et l’accélérateur de sa RS-GP. Sepang ajoute de longues phases de décélération et dix virages à droite, multipliant les contraintes sur la zone fracturée.

Aprilia et Alpinestars préparent des adaptations de la moto et du gant. Elles pourront améliorer le confort ou la prise en main, mais elles ne supprimeront ni les efforts au freinage ni la douleur accumulée au fil des tours.

Le classement des EL1 sera donc presque secondaire. Il faudra observer la longueur de ses relais, sa régularité et surtout son état lorsqu’il descendra de la moto.

Sans le titre, Martin serait déjà rentré chez lui

Martin ne dissimule pas la raison de cette prise de risque : « Si je ne jouais pas le titre, je serais chez moi avec un plâtre pendant un mois. » L’annulation de la course australienne a limité les conséquences de sa blessure. Marc Marquez n’a pu prendre que dix points lors du Sprint et aborde Sepang avec cet avantage au championnat.

Renoncer laisserait à Marquez une occasion de creuser l’écart. Insister avec une main insuffisamment fonctionnelle pourrait provoquer une chute, aggraver la fracture et compromettre les dernières manches.

Martin doit ainsi répondre à une question plus complexe que celle de son aptitude médicale : peut-il rouler assez vite pour marquer des points sans mettre en danger la suite de son championnat ? Le premier verdict viendra après les EL1. Jusqu’à ce contrôle, le présenter comme officiellement engagé pour tout le Grand Prix serait prématuré.

Qatar : un plan existe, mais qui en assumera la responsabilité ?

Les pilotes se sont réunis mercredi à Sepang avec plusieurs responsables d’équipe. Ils réclament un plan d’évacuation en cas de fermeture de l’espace aérien, la couverture des coûts supplémentaires et des garanties de rapatriement pour l’ensemble du paddock.

Le ministère qatari des Sports aurait transmis une lettre détaillant un dispositif spécifique. Cette évolution montre que la mobilisation des pilotes a produit un premier résultat : les assurances générales laissent place à des mesures opérationnelles.

Le point de blocage demeure toutefois essentiel. Les pilotes souhaitent que MotoGP Sports Entertainment Group assume directement ces garanties. Le promoteur considère qu’il ne peut porter seul cette responsabilité juridique et financière.

La question n’est donc plus seulement de savoir si le Qatar peut accueillir le MotoGP. Il faut déterminer qui décidera d’une éventuelle évacuation, qui organisera les vols et qui paiera si le paddock reste immobilisé.

Aucune décision finale ni garantie contractuelle complète n’a encore été publiée. Le Grand Prix paraît probable, mais le dossier ne sera réellement refermé que lorsqu’un responsable clairement identifié acceptera de signer les engagements.

Ce que nous surveillerons demain :

  • Le verdict du second contrôle médical de Jorge Martin après les EL1 et son éventuelle autorisation pour poursuivre le week-end.
  • La réaction de son poignet sur les freinages de Sepang, au-delà de son classement et de son meilleur chrono.
  • Les conclusions de la rencontre avec Carmelo Ezpeleta sur le Qatar et l’identité de l’organisme garantissant le plan d’évacuation.

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