Moto GP
Publié le 29 octobre 2026 • 20:30 par Nicolas Pascual

Parlons MotoGP : La guerre est en train d’unir les pilotes, mais ont-ils raison ?

La guerre au proche-Orient fait toujours rage à un peu plus d’une semaine du Grand Prix du Qatar. Faut-il s’y rendre quand même ?

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Plus on se rapproche de la date d’échéance, et plus la réponse du MotoGP se fait attendre ; en effet, le Grand Prix du Qatar est toujours maintenu, alors que bon nombre d’autres événements ont été annulés dans cette région du monde en raison de la guerre. Les pilotes ont même commencé à se soulever lors du dernier rendez-vous, à Phillip Island. Bref, faut-il courir à Losail ? Analyse.

 

Un contexte extrêmement tendu

 

C’est le grand sujet de discussion du moment en MotoGP. À Phillip Island, une réunion des pilotes a débouché sur un vote en défaveur de la tenue de l’événement, à 15 contre 5 ; notez qu’apparemment, les quatre pilotes Aprilia se sont prononcés en faveur du maintien. On sait déjà que ça va encore faire parler à Sepang, et tout porte à croire qu’on arrive à une majorité « contre », encore une fois. Mais, à vrai dire, quels sont les risques ?

 

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Hormis Marc Marquez, voix la plus vocale dans cette affaire, Bagnaia semble prêt à ne pas y aller. Photo : Michelin Motorsport

 

Pour ceux qui ne s’intéressent pas à la géopolitique, laissez-moi d’abord vous rappeler simplement pourquoi c’est une question difficile. Il y a quelques mois, les tensions entre Israël et l’Iran sont montées d’un cran, ce qui a entraîné l’implication des États-Unis dans cette région du monde. Donald Trump tente de faire pression sur l’Iran en envoyant des troupes en mer avec appui aérien. Le cœur du conflit concerne aujourd’hui, d’après Trump lui-même, le fameux détroit d’Ormuz, un passage stratégique pour le transit d’hydrocarbures situé entre le golfe Persique et le golfe d’Oman. L’Iran et les États-Unis s’échangent des frappes, et, à l’heure où ces lignes sont écrites, la situation s’enlise, voire, s’aggrave.

Depuis le début du XXIe siècle, la péninsule arabique accueille de nombreux événements sportifs de premier plan, et, bien sûr, les sports mécaniques n’y coupent pas. Mais à l’heure de la guerre – malgré ce que dit Trump –, il est difficile d’imaginer l’organisation d’un Grand Prix dans la bonne humeur. Pour cette raison, la Formule 1 a annulé deux de ses quatre Grands Prix dans cette zone cette saison (Bahreïn et Jeddah, en Arabie Saoudite). Le Championnat du monde d’endurance automobile, le FIA WEC, fait l’impasse sur le Bahreïn et le Qatar également. Le Dakar ne roulera pas non plus en Arabie Saoudite. Même l’ESports World Cup, initialement tenue à Riyad, en Arabie Saoudite, a été organisée à Paris pour des raisons de sécurité. Vous imaginez bien que, dans ce contexte, il serait plutôt étrange de voir le MotoGP, seul contre tous, au Qatar !

D’un autre côté, la position du Qatar dans cette guerre est plutôt passive. La monarchie a un rôle diplomatique important, et agit sous la bannière de la neutralité militaire. Cependant, les risques existent tout de même : sur le territoire qatari est située la plus grande base militaire américaine de la région, qui pourrait parfaitement devenir une cible de l’Iran. D’ailleurs, le dernier pays mentionné a déjà fait pleuvoir des missiles à Bahreïn, non loin, et a visé des sites gaziers qataris.

À savoir qu’on a déjà vu des GP se dérouler non loin de zones de guerre. Il faut remonter au Grand Prix d’Arabie Saoudite de Formule 1 2022, où une frappe yéménite, visible depuis le circuit, n’avait pas perturbé l’événement. On imagine volontiers que le Qatar, allié militaire majeur des États-Unis, aurait à sa disposition les meilleurs outils de défense pour se prémunir d’un tir en direction de nos champions, car l’image du pays en souffrirait énormément.

 

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L’image du missile yéménite à Jeddah, en 2022.

 

Donc, pour résumer, le Qatar peut tout à fait être pris pour cible par l’Iran. Le problème reste bien sûr l’imprévisibilité ; en quelques jours seulement, tout peut basculer. Une simple décision d’un lunatique peut nous renvoyer directement à l’âge de pierre, ou faire stopper tout conflit, avec, en supplément, un juteux accord sur le pétrole. La position du MotoGP est la même depuis le début : Carlos Ezpeleta, qui y était récemment en visite pour constater par lui-même la réalité du terrain souhaite apparemment le maintenir, et la fédération qatarie assure qu’elle fait le maximum pour préparer l’arrivée du MotoGP, d’une part, mais aussi de la F1, le week-end du 29 novembre.

 

Conclusion – faut-il aller au Qatar pour le MotoGP ?

 

D’après moi, non. Le risque est trop important, et il n’y a pas grand-chose à y gagner. De plus, les pilote sont contre, donc on se dirige vers un véritable scandale si la décision est prise d’y aller. D’accord, on ôte 37 points de l’équation, mais la saison compterait tout de même 21 Grands Prix si on décidait de ne pas le remplacer, c’est plus qu’assez pour couronner un champion valeureux. J’avais trouvé assez pathétique le Grand Prix d’Arabie Saoudite de F1 en 2022, donc si c’est pour assurer le show alors que des civils innocents sont visés à quelques kilomètres, je ne vois absolument pas l’intérêt. Par décence, le MotoGP devrait prendre la décision d’annuler, purement et simplement.

D’ailleurs, je pense que c’est ce qu’il va se passer, car ce conflit est trop imprévisible et la position des pilotes arrêtée.

Je suis curieux d’avoir votre avis sur cette question. Le MotoGP doit-il se rendre au Qatar ? Dites-le-moi en commentaires !

Pour rappel, cet article ne reflète que la pensée de son auteur, et pas de l’entièreté de la rédaction.

 

L’année dernière, Maverick Vinales était sur le podium… avant une rétrogradation pour pressions pneumatiques non conformes. Photo : Michelin Motorsport

 

Photo de couverture : Michelin Motorsport

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