Moto GP
Publié le 29 octobre 2026 • 19:00 par André Lecondé

MotoGP : Alex Marquez et Bastianini veulent unir les pilotes face à la direction, mais le rapport de force reste défavorable

Alex Marquez et Enea Bastianini veulent unir les pilotes face aux décisions du MotoGP. La crise du Qatar accélère leur mobilisation.

Pilotes

Le Grand Prix du Qatar pourrait bien provoquer une révolution dans les coulisses du MotoGP. Alors qu’Ezpeleta maintient l’épreuve de Losail malgré les inquiétudes sécuritaires du paddock, les pilotes commencent à envisager une réponse qui dépasse largement ce rendez-vous : créer une véritable association capable de défendre collectivement leurs intérêts. À Sepang, Alex Marquez et Enea Bastianini confirment que les discussions avancent. Et cette fois, le mouvement semble prendre une dimension nouvelle.

Alex Marquez : « Nous, les pilotes, sommes plus unis que jamais »

Le constat du pilote Gresini est sans ambiguïté. Après plusieurs tentatives infructueuses, les pilotes semblent enfin comprendre l’intérêt de parler d’une seule voix. « Nous sommes plus unis que jamais, et c’est très positif. »

Alex Marquez rappelle que des discussions similaires avaient déjà eu lieu lors du Grand Prix d’Inde, sans déboucher sur une organisation durable. À l’époque, les divergences et les réticences internes avaient empêché le projet d’aboutir. Mais le contexte a changé.

Les contraintes du calendrier, les obligations promotionnelles et désormais les inquiétudes liées au Qatar renforcent la nécessité d’une représentation commune. « Avec tout ce qui se passe, tout le monde se rend compte que nous en avons besoin. »

Une prise de conscience qui pourrait marquer un tournant dans les relations entre les pilotes et le promoteur.

Bastianini : « Nous devons créer une véritable association des pilotes »

Enea Bastianini va encore plus loin. Le pilote Tech3 estime que les réunions organisées à Phillip Island puis à Sepang constituent les premières étapes d’une démarche appelée à durer. « Nous devons absolument nous concerter cet hiver et tenter de bâtir une véritable association. »

Son objectif ne se limite pas à obtenir des garanties pour le Qatar. Il souhaite que les pilotes disposent enfin d’une influence réelle sur les décisions qui affectent leur métier. « Le plus difficile jusqu’à présent a été de ne pas avoir voix au chapitre, surtout lorsque nous n’étions pas d’accord avec certaines décisions. »

Les pilotes sont les principaux acteurs du spectacle, mais ils estiment ne pas disposer d’un poids suffisant dans les orientations du championnat.

Le Qatar : le révélateur d’un déséquilibre

La situation à Losail agit comme un accélérateur. Alors que le conflit régional entretient les inquiétudes, les pilotes réclament des garanties concrètes concernant leur sécurité et les procédures d’urgence.

Bastianini ne cache pas son malaise. « La situation n’est pas normale. Ce n’est pas comme aller courir n’importe où ailleurs dans le monde. » Les pilotes attendent des réponses précises avant la fin du week-end malaisien.

Mais leurs demandes interviennent alors qu’Ezpeleta a rappelé les obligations contractuelles qui les lient à leurs équipes. D’un côté, le promoteur entend maintenir son calendrier. De l’autre, les pilotes souhaitent pouvoir peser sur une décision dont ils supporteraient directement les conséquences. Et c’est précisément cette asymétrie que leur future association pourrait chercher à corriger.

Une organisation pour les générations futures

Alex Marquez insiste sur une dimension moins immédiate du projet. À 30 ans, il estime ne pas être nécessairement celui qui profitera le plus de cette initiative. « Il me reste peut-être quatre ans en MotoGP, donc je n’en profiterai probablement pas beaucoup. »

Mais il pense aux pilotes qui arriveront après lui. « Je suis très heureux pour les jeunes pilotes qui arrivent en MotoGP. » Cette approche donne au projet une portée qui dépasse les revendications du moment.

Il ne s’agit plus seulement de négocier des conditions particulières, mais de créer une structure permanente capable de représenter les compétiteurs. Bastianini évoque notamment la possibilité de réfléchir cet hiver aux protections qui pourraient être intégrées aux futurs accords.

Pour l’instant, aucune organisation formelle ni aucun mécanisme de négociation collective n’ont été annoncés. Mais les intentions se précisent.

Alors, qu’est-ce qu’on retient ?

  • Alex Marquez : les pilotes seraient plus unis que jamais et déterminés à défendre leurs intérêts.
  • Bastianini : une véritable association pourrait prendre forme à partir des discussions de cet hiver.
  • Qatar : la crise sécuritaire révèle le manque d’influence des pilotes sur certaines décisions.

Carlo Ezpeleta peut rappeler les contrats, mais il pourrait avoir réveillé une revendication beaucoup plus profonde. Car si les pilotes parviennent réellement à s’organiser, le MotoGP devra peut-être apprendre à négocier avec ceux qui, jusqu’ici, avaient surtout pour mission de prendre le départ.

Enea Bastianini

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