Chez Ducati, on n’est plus loin de se décider pour faire finalement table rase du passé. Et de partir d’une feuille blanche chez les rouges. Andrea Dovizioso est encore loin de signer son contrat. Et au vu des résultats actuels, il y aurait une sérieuse remise en cause à faire. On se souviendra en effet que la grosse sensation de ce début de saison est un Johann Zarco qui a été étincelant à Brno en prenant la pole position et un podium. Et ce n’est pas tant qu’il soit sous les couleurs d’Avintia qui interpelle. Mais plutôt le fait qu’il roule sur une GP19… Du coup on ne sait plus à quel saint se vouer chez le constructeur italien. 

Jack Miller a tenu la route à Jerez 1 alors que Bagnaia a montré qu’il méritait un avenir à Borgo Panigale à Jerez 2. Ensuite ? On attend Dovizioso, on a bien remarqué Zarco, et il faut absolument ce jeune que d’autres ont su trouver. Petronas a pêché Quartararo, KTM a Brad Binder depuis un moment dans ses filets. Alors Ducati a mis sa ligne à l’eau. Et trois poissons ses sont approchés sans pour autant mordre à l’appât…

On sait qu’il y a eu en premier lieu Jorge Martin, dont l’installation chez Pramac était carrément acquise au moment du confinement. Puis la saison a débuté, et c’est Luca Marini qui a séduit. Certes, mais très vite, avec Jerez 2 et à Brno, c’est Bastianini qui a écarté tout ce beau monde, avec deux victoires prenantes et une prise de pouvoir dans la course au titre version Moto2…

De fait, à l’approche du Red Bull Ring, c’est maintenant celui qui a été formé par Gresini qui devance celui qui est le frère du maître d’école de la VR46 Académie et celui qui a grandi dans la famille KTM… « Ducati est une chance et le MotoGP un objectif », a affirmé Bastianini au micro de la Gazzetta dello Sport, « mais je veux d’abord penser à cette saison. Je voudrais franchir le pas avec la couronne de champion du monde. Mais surtout je me sens plus mature pour le MotoGP : je n’ai plus les petits doutes du début de saison. Je n’ai jamais caché mes chances de jouer titre : maintenant, cependant, j’en ai plus de conscience même si je pense à un Grand Prix à la fois », dit-il. ».

Avec Carlo Pernat comme manager, Bastianini a des atouts

Il faut dire que l’espoir de 23 ans a un manager qui sait nager en eaux troubles. Il s’agit de Carlo Pernat. Qui vend bien son produit en usant de la course sensible : « Enea est prêt pour le MotoGP , nous l’avons vu, et beaucoup de constructeurs l’apprécient. J’ai l’impression de retourner en 1994-95- 96 quand le trio Biaggi-Sandi-Pernat était chez Aprilia… ». Oui, car même si à la place de Biaggi il y a maintenant la Biastianini, dans le rôle de directeur technique il y a toujours Giovanni Sandi, celui qui a gagné non seulement avec le Corsair mais aussi avec Tetsuya Harada et Jorge Lorenzo. « Dans l’équipe, nous travaillons dur et bien, mais pour moi, il est fondamental d’un point de vue technique et humain : je ne pourrais pas me passer de lui », confirme Enea.

Il va falloir maintenant continuer sur les deux dernières lancées sur le Red Bull Ring qui accueillera deux épreuves en deux week-ends successifs. Ensuite, tout sera permis, et même l’affirmation d’un nouveau larron, tellement la réflexion de Ducati se fait au fil de l’eau…

 

 



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