A l’arrivée du dernier Grand Prix d’Espagne, le directeur général de Ducati Corse, Gigi Dall’Igna, ne cachait pas sa joie et célébrait sans retenue un doublé historique pour sa marque à Jerez. Un tracé qui n’avait fait que très rarement la part belle à une Desmosedici, la dernière satisfaction remontant à 2006 avec Loris Capirossi. Le vainqueur de cette année en Andalousie Jack Miller avait alors 11 ans… Dans son bonheur revendiqué, l’éminence grise de l’armée rouge lâchait aussi une confidence qui était comme un soulagement teinté d’un petit règlement de compte avec un certain Andrea Dovizioso…

Le présent de Ducati au terme du Grand Prix d’Espagne laisse entrevoir un avenir radieux avec la satisfaction de pouvoir faire table rase du passé… Une époque récente, puisque remontant à l’an passé avec la fin de la période Dovizioso, coïncidant aussi avec le terme du contrat avec Danilo Petrucci. Et à écouter Gigi Dall’Igna, on a appris de cette leçon.

Mais d’abord, parlons du bonheur de l’instant : « je pense que je suis la personne la plus heureuse du monde en ce moment » lâche Dall’Igna. « Jerez a toujours été une piste historiquement difficile pour Ducati, donc pouvoir terminer à la première et à la deuxième place, c‘est important, surtout d’un point de vue technique ». Le reste du mérite revient aux deux pilotes qui ont piloté sa Desmosedici GP21 : « tous deux ont fait une course exceptionnelle et ont été très bons. Ils ont pu mener une épreuve mature. Jack a maintenu un bon rythme et a parfaitement géré sa course et Pecco, qui a eu du mal un peu plus tôt ce week-end, a réussi à faire une belle course, en terminant à la deuxième place et maintenant il mène le championnat du monde ».

« Félicitations aux deux, à l’équipe et à tous ceux de Ducati Corse » exulte l’Italien. Désormais, Bagnaia est leader du championnat, avec deux points d’avance sur Fabio Quartararo et l’état-major Ducati ne pourrait pas être plus satisfaits des choix accomplis… Qui n’étaient pas si évidents au départ…

Ducati

Ducati tourne la page et passe un message

Lorsque l’on aborde le chapitre des pilotes, on ne peut que se remémorer les propos de Dovizioso durant l’intersaison MotoGP, insistant sur le manque d’humanité ressenti durant son bail de 8 ans. Une évaluation assez dure qui a blessé le staff Ducati. Alors, la gestion de Jack Miller depuis le début de la saison, et la consécration de Jerez sont une occasion pour Dall’gna de répondre aux critiques : « ces dernières semaines, j’ai beaucoup pensé à Jack » commence le Directeur de Ducati Corse. « Il avait collecté moins que ce qu’il aurait pu et quand cela se produit, c’est un facile de sombrer dans une spirale descendante. J’avais peur, il a bien réagi ».

Dans le passé, Ducati a eu la réputation de “manger les pilotes”, cette fois la légende urbaine est balayée. « Je ne sais pas comment c’était dans le passé, mais je ne considère plus l’actuelle moto  comme une Ducati « mangeuse de pilotes ». Nous avons toujours été proches d’eux en essayant de fournir ce qui était nécessaire pour ramener à la maison le meilleur résultat possible. Ensuite, il peut arriver que nous entrions parfois en conflit ».

La référence à Andrea Dovizioso n’est pas trop voilée. La révolution souhaitée par le top management porte ses fruits. La relation entre Pecco et Jack est excellente… Mais un autre coup de Gigi Dall’Igna arrive… « Il est important que les pilotes s’entendent, mais jusqu’à un certain point. Nous avons eu tort dans le passé de faire des choix basés sur l’amitié. L’important est qu’ils soient des professionnels et qu’ils collaborent. Et qu’ils se respectent ». A bon entendeur…

Ducati Dall'Igna

 



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