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A l’issue de la troisième journée du Grand Prix de France MotoGP au Mans, Fabio Quartararo a effectué son débriefing devant les journalistes présents.

Déjà auteur d’un très beau Sprint samedi, le pilote Yamaha a effectué une magnifique entame de Grand Prix dimanche, pour se positionner provisoirement 2e.

Malgré sa M1 V4 encore en développement, El Diablo a ensuite tout donner pour limiter l’inévitable descente au classement, franchissant finalement la ligne d’arrivée en 6e position malgré son pneu tendre avant.
Et en marquant plus de points au Mans que lors des quatre premiers GP, le sourire est revenu sur le visage du Français…

Comme à notre habitude, nous reportons ses propos sans aucune mise en forme.


🎤 Comment avez-vous réussi à gérer les pneus tendres sur toute la distance de course tout en gardant malgré tout un bon rythme ?
Fabio Quartararo : « Oui, vous savez, nous devions être vraiment très doux au freinage. Mais au final, c’est justement au freinage que je peux essayer de faire la différence.
Et aujourd’hui, cela faisait longtemps que je ne m’étais pas senti comme ça. Même si nous savons que le potentiel de notre moto reste encore assez limité, j’ai pu me pousser à 100 %, et je pense que c’était vraiment bien. Surtout dans le premier tour, où tout est plus serré et où il est plus facile de tenter des dépassements. Donc oui, c’était sympa. »

🎤 Êtes-vous un peu plus optimiste pour l’avenir avec les sensations que vous avez eues ce week-end, ou pensez-vous que c’est simplement lié au Mans ?
« Non. Enfin, optimiste, non, parce qu’au final ce n’est pas une question de performance pure de la moto. Si c’était réellement plus de performance, tout le monde en profiterait.
Là, c’est surtout une question de feeling : personnellement, je sens un peu mieux la moto. Nous verrons sur d’autres tracés. Mais ce dont je suis sûr à 100 %, c’est que je peux pousser.
Lors des quatre premières courses, j’étais en mode survie. Et ça, c’est une énorme différence. On l’a vu aussi sur le time attack à Jerez : j’étais vraiment très loin de mon chrono de 2025. Ce week-end, j’étais seulement à quatre dixièmes… seulement…
J’étais à quatre dixièmes, donc je pense que nous pouvons être contents. Et je sens davantage la limite de la moto. »

🎤 Fabio, quel effet cela fait-il de réaliser un week-end comme celui-ci avec une moto dont on sait qu’elle n’est pas au niveau des autres ? À quel point êtes-vous fier de vous ?
« Je suis heureux parce que je me pousse toujours à la limite, peu importe la position. Je pousse toujours au maximum.
Et je pense que pour mon avenir, c’est important de continuer à me pousser à cette limite. Je veux continuer à apprendre en tant que pilote. À chaque fois que je monte sur la moto, j’apprends quelque chose… ou plutôt, je ne veux pas perdre cette motivation supplémentaire que j’ai toujours pour attaquer à 100 %.
Le jour où j’aurai le bon package, je pousserai toujours à 100 %, mais les résultats seront meilleurs. »

🎤 Fabio, quelle a été la plus grande évolution ce week-end en termes de moto ? Est-ce seulement une question de sensations ou y a-t-il aussi un vrai gain de performance ?
« Comme nous l’avons dit à l’équipe, nous essayons toujours de trouver de la performance à travers les réglages. Mais je pense qu’après cinq courses, nous savons désormais où se situe notre base.
Donc tant que nous n’aurons pas un meilleur package, de nouvelles pièces, nous ne changerons plus la moto. Pour l’instant, je ne veux plus toucher à la moto. Je veux surtout travailler au mieux sur l’électronique.
Et quand l’équipe apportera de nouvelles pièces à tester, nous les testerons, puis nous verrons si cela apporte davantage de performance. »

🎤 Fabio, hier vous disiez avoir de très bonnes accélérations en sortie des virages 7 et 14, vers les longues lignes droites. Est-ce que cela signifie que le V4 aide enfin dans les domaines où vous souffriez l’an dernier, notamment la motricité et le grip arrière ?
« Pas vraiment. Comme je l’ai dit, nous avons beaucoup travaillé cette année sur l’électronique, pour que j’aie davantage le contrôle et moins l’électronique.
Et ça, c’est positif. Mais on a vu Pecco au premier tour me dépasser au virage 1 comme si de rien n’était… Donc c’est encore compliqué.
Je faisais du bon travail, mais ensuite il faut toujours gérer certains manques de puissance, notamment à partir du virage 6, un peu plus de grip, et ainsi de suite… »

🎤 Fabio, pensez-vous avoir offert un beau spectacle aux fans aujourd’hui ?
« Au moins, j’ai donné le maximum. Vous savez, le niveau de risque que j’ai pris aujourd’hui pour garder cette position était énorme. Mais je pense que nous avons quand même bien joué le coup.
Comme je l’ai dit, pour moi la position n’est qu’un chiffre. À Jerez, je crois que nous avions terminé à 29 secondes d’Alex après 26 tours. Aujourd’hui, nous terminons à 7 secondes de Jorge.
C’est davantage ce que je regarde : les chronos, à quel point nous sommes proches. Et je pense que c’était positif. »

🎤 Fabio, êtes-vous un peu déçu que la pluie ne soit finalement pas arrivée ?
« Non, non, non, non. C’était très bien comme ça. »

Les questions sont ensuite en français.
🎤 Vous êtes très bien parti, vous étiez deuxième dans les tout premiers tours. Vous pouvez revenir là-dessus, sur ce début de course ?
« Non, j’ai fait un départ qui était assez bon, il n’était pas parfait, il était assez bien. Ensuite, on a réussi à faire des bons premiers tours, mais voilà, je pense que c’était assez positif. »

🎤 Qu’est-ce qui s’est passé après ? 
« Rien. C’est un petit peu quelque chose de normal avec notre moto en ce moment: on n’a pas les performances pour rester avec les hommes de devant, on donne le maximum et malheureusement petit à petit on retourne à notre position. »

🎤 C’est le V4 en fait, auquel qu’il faut s’habituer ? 
« Ça se voit que vous êtes nouveau (Rire). En général c’est la performance de notre moto qui est en ce moment inférieure aux autres. on y travaille, on essaie de travailler là-dessus mais c’est compliqué. »

🎤 Quel bilan tu fais ton week-end malgré tout ?
« Très mauvais vendredi mais très bon samedi et dimanche. Je pense qu’on a donné le max et les résultats sont quand même là. Ce sont des résultats que l’on n’a pas fait souvent l’année dernière, même si la moto était plus performante. Donc je pense qu’on peut être satisfait quand même des deux courses et de la qualité. » 

🎤 Confirmer les bonnes sensations d’hier et faire deux bonnes courses d’affilée, ça faisait longtemps que cela ne t’était pas arrivé. C’est important…
« C’est important. Ensuite, on sait que c’est un circuit que j’aime bien, où je suis toujours allé vite. On va à Barcelone, mais c’est un circuit que j’apprécie beaucoup. Donc voilà, mais c’est surtout que j’arrive à pousser à 100%, et ça c’est quelque chose que je n’ai pas réussi à faire dans les quatre premières courses. »

🎤 La semaine prochaine, Barcelone, circuit qui n’a pas de grip du tout. Comment tu vois les choses ? 
« Je ne sais pas. Circuit qui n’a pas de grip du tout, mais c’est un circuit que j’aime beaucoup. On va essayer de compenser un petit peu les deux choses, mais en général, je sais qu’on va être un petit peu en difficulté, surtout le dimanche. » 

🎤 Est-ce que tu penses qu’il y en a qui prennent plus de risques quand tu es devant et que tu as un rythme un peu plus faible, que les Ducati et les Aprilia prennent plus de risques pour venir te dépasser ?
« En tout cas, c’est sûr qu’il n’y a pas beaucoup de gens qui prennent le nombre de risques sur 27 tours comme aujourd’hui. Ca c’est sûr. Mais ensuite, ce que je fais, c’est que je freine super fort. Je pense que Mir, à un moment de la course, était plus rapide que moi, mais il n’arrivait pas à me doubler. Justement, c’est là où j’ai réussi à rester devant et à maintenir ma position. »

🎤 Mais ce que je disais aussi, c’était plutôt est-ce que tu trouves qu’ils sont plus agressifs comme c’est une Yamaha devant. Dans les dépassements, ils sont quand même un peu plus optimistes, je trouve…
« Ogura était très optimiste aujourd’hui. En tout cas sur les deux dépassements qu’il a faits, il était un petit peu optimiste. Ensuite voilà, je ne sais pas. C’est plus sérieux de le demander mais je pense qu’en ce moment tout le monde est un petit peu en galère pour dépasser, je pense que c’est de plus en plus difficile de dépasser en MotoGP, donc on est obligé un petit peu de faire des dépassements agressifs. Mais voilà, le dépassement de Mir a été très propre, le dépassement de Pecco très propre. »

🎤 Le fait d’être devant ton public, ça agit dans quel pourcentage ? C’est difficile à quantifier, j’imagine, mais par rapport à ce que tu peux donner ailleurs, même si tu dis que tu te donnes toujours à 100%, là on sent qu’il y a eu quand même un petit plus encore… 
« Il y a eu un petit plus, c’est sûr qu’on essaie toujours de faire mieux devant son public, essayer de donner le maximum. Donc c’est sûr que c’est spécial d’écouter la Marseillaise avant : ça nous donne un petit peu un boost d’énergie. Et surtout, là où je l’ai ressenti, c’est sur le premier tour. Je sais que c’est là où je peux faire des dépassements, parce qu’ensuite, en course, on sait qu’on ne dépasse pas. C’est là où je peux faire un petit peu la différence. On est tous un peu dans le mix, essayer de me faufiler. Je pense que c’est là où ça fait un petit plus. »

🎤 A la fin, tu lances tes bottes… 
« C’est une tradition. A la fin de la course, on jette toujours la paire de bottes. »

Résultats du Grand Prix de France MotoGP au Mans : MotoGP France Quartararo MotoGP France Quartararo

Crédit classement : MotoGP.com

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