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Le Mans, 2026, restera gravé comme le moment où le lion de Noale a dévoré la concurrence. Dans l’euphorie d’un triplé que personne n’osait prédire, Massimo Rivola, le PDG d’Aprilia Racing, savoure une revanche aussi technique qu’humaine. Et qui va devoir définir une « Pax Aprilia ».

Il y a exactement un an, au Mans, Jorge Martin annonçait à Rivola qu’il voulait quitter le projet. Douze mois plus tard, il offre à Aprilia sa première victoire en terre française.

Rivola a admis avoir été dur avec l’Espagnol au début. « Je ne pouvais pas accepter qu’il pense que nous n’étions pas assez forts ». Aujourd’hui, avec la 12e victoire de la marque et son 7e podium consécutif, la preuve est faite : l’Aprilia est, selon les mots de son patron, « la moto à battre ».

Rivola attribue ce succès à son « chef d’orchestre », Fabiano Sterlacchini, qui a su transformer les doutes de Martin en une arme de guerre. Avec maintenant deux pilotes séparés par un seul point au championnat, le garage Aprilia pourrait devenir un baril de poudre. Rivola a pourtant une gestion très simple : le respect comme unique loi.

Pas de consignes d’équipe, mais une interdiction de dépassements « sales ». « Tant qu’ils se dépassent comme ça, tout va bien. S’ils commencent à se mettre par terre, il sera temps de parler ».

Rivola salue la nouvelle maturité de « Bez ». Là où il aurait chuté l’an dernier pour gagner, il a su accepter la 2e place derrière un Martin intouchable. « Il est prêt », affirme sur GPOne Rivola, soulignant que la progression est désormais réciproque entre le pilote et la machine.

 

Rivola reste en alerte : « Ducati n’a pas obtenu les résultats qu’elle méritait »

Malgré l’euphorie, Rivola reste « superstitieux ». Il sait que la domination actuelle d’Aprilia est aussi due aux déboires de Borgo Panigale. « Ducati n’a pas obtenu les résultats qu’elle méritait, car la moto est probablement plus performante que ne le suggère le classement ». Une manière de rappeler à ses troupes que Bagnaia et les Desmosedici restent des menaces existentielles.

Rivola a aussi été impressionné par la gestion des pneus de son pilote satellite, Ai Ogura, prouvant que la RS-GP fonctionne désormais avec tous les styles de pilotage.

Jorge Martin a l’expérience des titres (gagnés et perdus), tandis que Bezzecchi a la fraîcheur et le soutien total de l’usine. Rivola dispose du duo le plus équilibré du plateau. KTM est inconstant et Ducati est en crise de leadership. Aprilia est la seule structure où l’harmonie technique (Sterlacchini) et humaine (Rivola) semble totale.

La prochaine course à Barcelone ce week-end sera un autre test. Si l’Aprilia y brille sur un circuit historiquement difficile pour elle, le championnat 2026 pourrait bien se transformer en une simple affaire interne à Noale.

Massimo Rivola a réussi son pari. Il a transformé Aprilia de « petit poucet italien » en « référence absolue ». En imposant le respect comme unique règle, il s’assure que ses pilotes se poussent mutuellement vers le titre mondial sans s’autodétruire.

 

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