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Marc Marquez

Alors que Marc Marquez tente de faire bonne figure en appelant Ducati à changer de méthode, l’expert MotoGP et ancien pilote Tom Lüthi a exprimé ses doutes sur la santé réelle de l’Espagnol dans les colonnes de Motorsport-Magazin. Pour Lüthi, le discours officiel et la réalité physique du pilote pourraient être deux mondes bien distincts.

Le discours est maîtrisé, les réponses sont propres, presque trop. Pourtant, en coulisses, une autre lecture s’impose peu à peu. Autour de Marc Marquez, les interrogations ne portent plus seulement sur ses résultats, mais sur ce qu’il choisit — ou non — de révéler.

L’intervention de Tom Lüthi agit comme un déclencheur. Sans accuser frontalement, l’ancien pilote met le doigt sur une dissonance qui intrigue de plus en plus d’observateurs. « Il ne dit pas tout », glisse-t-il, résumant en quelques mots un sentiment diffus dans le paddock. Une phrase courte, mais lourde de sous-entendus.

Officiellement, Marquez évoque encore les séquelles de son épaule. Une explication logique, presque attendue, tant son historique médical est chargé. Mais sur la piste, le tableau est plus complexe.

Le pilote espagnol est capable d’afficher une vitesse pure impressionnante, de rivaliser sur un tour avec les meilleurs, voire de dominer certaines phases de course. Pourtant, cette performance ne tient pas dans la durée. Elle s’effrite, se fragilise, disparaît dès que l’intensité monte d’un cran.

Ce contraste ne correspond pas au schéma classique d’une blessure en cours de guérison. Il suggère autre chose, plus insidieux, plus difficile à cerner.

Lüthi : « Si Marc Marquez dit : « Ça ne va pas encore », les adversaires savent qu’ils peuvent l’attaquer là-dessus »

« Je ne crois pas que quelque chose de vraiment grave touche son épaule, sinon il ne pourrait pas être aussi rapide sous la pluie. Or, dans le sprint à Jerez, il a gagné. Il avait les sensations » commente Lüthi. « On doit imaginer que le niveau en MotoGP est tellement élevé que tout doit être parfait pour jouer la victoire. S’il manque un peu de mobilité à l’épaule, cela le gêne dans une certaine position. Peut-être justement dans les virages à droite. Et c’est dans un virage à droite qu’il est tombé. »

Les signaux les plus révélateurs apparaissent dans des moments précis : les départs, les premiers tours, les phases où la moto est la plus exigeante physiquement. Là où tout se joue, Marquez semble en difficulté.

À l’inverse, lorsque la course s’installe, que le réservoir s’allège et que les contraintes diminuent, son niveau remonte. Comme si le problème n’était pas de rouler vite… mais de soutenir cet effort dans les conditions les plus extrêmes.

Cette lecture change tout. Elle transforme une blessure supposée en limite structurelle, bien plus problématique dans un MotoGP où chaque détail physique est amplifié.

Dans ce contexte, la moto devient un révélateur. La Ducati actuelle, ultra performante mais particulièrement pointue, demande un engagement total, sans compromis.

Or, Marc Marquez lui-même l’a reconnu à demi-mot : il n’est pas encore à 100 %. Dans un environnement aussi compétitif, ce déficit, même minime, devient immédiatement visible. La machine ne compense pas, elle expose. Le résultat est brutal. Chaque faiblesse est amplifiée, chaque hésitation sanctionnée.

Le problème, c’est que le MotoGP 2026 n’attend personne. Avec des pilotes comme Marco Bezzecchi ou Jorge Martin capables d’enchaîner les performances solides, la moindre irrégularité devient un handicap majeur. « On ne veut pas toujours abattre toutes ses cartes. Si Marc dit : « Ça ne va pas encore », les adversaires savent qu’ils peuvent l’attaquer là-dessus » signale Lüthi.

Marquez reste dangereux, capable de coups d’éclat, mais il n’impose plus cette continuité qui faisait sa force. Et dans un championnat resserré, cela suffit à le faire basculer du statut de favori à celui de chasseur.

Les mots de Lüthi résonnent d’autant plus fort qu’ils correspondent à ce que montrent les images. Quelque chose ne colle pas totalement. Quelque chose échappe encore.

Marc Marquez n’est pas fini. Il reste rapide, incisif, capable de se battre avec les meilleurs. Mais il n’est plus intouchable. Et surtout, il n’est plus lisible.

Le secret le mieux gardé de 2026 ne se trouve peut-être pas dans le moteur de la Ducati, mais sous la combinaison de Marc Marquez. Si Tom Lüthi a raison, l’Espagnol est engagé dans un bluff héroïque qui pourrait soit le mener au titre, soit à une fin de carrière prématurée.

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