On pensait le sort de Miguel Oliveira au championnat scellé dès les deux premiers Grands Prix au Qatar. Sa KTM ne digérait pas la nouvelle allocation Michelin, un handicap qu’il a ramené en Europe, avec, notamment, la grande déception d’un échec national à Portimao. Un tracé qu’il avait si bien dominé lors des derniers mois de 2020. Et puis le miracle a eu lieu : la RC16 s’est métamorphosée au Mugello, une embellie confirmée en Catalogne. Et revoilà Oliveira étonnamment relancé dans la course au titre…

Pour bien comprendre l’ampleur du redressement, il faut rappeler que Miguel Oliveira a marqué 45 des 50 points proposés lors des deux dernières épreuves. Il est passé, en seulement huit jours, de la 20e à la septième place du championnat, propulsant son employeur KTM au classement des constructeurs à la troisième place, devant Suzuki et Honda

En Catalogne, il a frappé les observateurs. Ainsi, Dennis Noyes a commenté : « Oliveira a eu le même rythme en course que les jours précédents, ce que Quartararo n’a pas fait. D’une manière ou d’une autre, toutes les Yamaha semblaient avoir un rythme inférieur à celui du FP4. C’était la meilleure course qu’il ait faite de ces trois victoires qu’il a remportées, il a mené et il a pris soin des pneus ».

A propos de pneus, Oliveira n’a pas caché qu’il avait écouté les conseils de Dani Pedrosa sur la grille de départ en prenant les durs… Dani Pedrosa, l’homme qui fait autant de bien à KTM qu’il manque actuellement cruellement à Honda… « Je pense que la plus grosse erreur de Honda a été de laisser partir Dani Pedrosa. KTM a les caractéristiques de la Honda, elle gagne au freinage, a de très bonnes accélérations et n’est pas loin derrière la Ducati en vitesse » dit le même Noyes.

Pedrosa sans doute, la KTM également, mais Oliveira a aussi sa part dans ce succès retrouvé. Marco Melandri précise ainsi que le Portugais a toujours été sous-estimé. Sauf par lui : « je le suis depuis qu’il est en Moto3 et je l’ai toujours beaucoup aimé. Il a toujours été, à mon avis, l’un des pilotes les plus forts de tous les temps. Mais il n’est pas l’un des plus charismatiques, peut-être qu’il n’excite pas comme les autres. Mais à mon avis c’est l’un des plus capables : il a de l’intelligence, de la technique… tout. Je l’avais déjà dit depuis samedi en Catalogne, car la KTM va fort. La moto se courbe serrée, elle tourne au moteur… Quartararo n’aurait pas pu le doubler ».

Oliveira : « vous ne pouvez jamais être trop sûr de votre cause en MotoGP »

Reste à savoir à présent si ces qualités vont continuer à s’affirmer lors des prochains Grands Prix : « pour moi, oui, il sera souvent devant. Je ne sais si ce sera tout le temps, il jouera sûrement d’autres podiums et courses » dit Melandri. Et le principal intéressé ? Il déclare : « j’aimerais répondre à cette question par un ‘OUI’. Mais vous ne pouvez jamais être trop sûr de votre cause en MotoGP ».

« Chaque piste a ses particularités et vous devez travailler sur tant de détails chaque week-end pour pouvoir atteindre l’arrivée, afin que vous puissiez montrer une bonne performance lors des séances d’essais libres et en qualifications. Pour le moment, je peux dire que la KTM est compétitive sur tous les circuits. Nous pouvons même obtenir d’excellents résultats sur des pistes où nous avons eu des problèmes dans le passé. J’espère que nous pourrons le faire aussi sur les prochains circuits ».

Il termine avec cette précision qui n’est pas anodine : « cette saison, nous avons quelques incertitudes car nous allons sur des circuits sur lesquels nous n’avons pas roulé en 2020, par exemple Sachsenring, Assen, Silverstone et certains Grand Prix d’outre-mer. J’espère que nous arriverons à nous montrer performants dès le vendredi. »

 

Championnat MotoGP après la Catalogne (7/19) :



Tous les articles sur les Pilotes : Miguel Oliveira

Tous les articles sur les Teams : KTM MotoGP