Le temps paraît décidément bien long d’ici le prochain Grand Prix d’Argentine. Il aura lieu à la fin de ce mois, mais juste avant, les instances fédérales de la moto ont promis de se prononcer sur une réclamation déposée par quatre constructeurs. Jusque-là, les résultats de la pourtant belle course au Qatar sont suspendus. La faute à un sabot greffé sur le bras oscillant devant le pneu arrière. KTM, Aprilia, Suzuki et Honda disent qu’il génère un appui aérodynamique illicite. Ducati jure qu’il n’est là que pour refroidir le pneu. La décision ne sera pas si simple à prendre et l’affaire intéresse jusqu’à la Formule 1 qui ouvre sa saison en Australie…

Les ingénieurs de la catégorie reine du sport-automobile suivent en effet cette actualité. Par exemple, l’aérodynamicien Ali Rowland-Rouse, qui officie au sein de l’équipe Alfa Romeo Sauber, donne son avis sur le dispositif Ducati : « Ducati a un “dispositif “composé de trois éléments », note Rowland-Rouse. « Il procure des bénéfices décents en appui lorsque la moto est en position horizontale. Cela réduit le patinage de la roue postérieure en exerçant davantage de pression sur le pneu arrière. À mesure que l’appui aérodynamique augmente avec le carré de la vitesse, vous obtenez un appui quatre fois plus fort. En outre, plus la charge du pneu arrière est élevée, plus sa température de fonctionnement est élevée, de sorte que l’usure du pneu augmente également. Mais cette aile est montée sur une partie non suspendue de la machine, de sorte qu’elle ne génère aucune fatigue du pneu arrière ».

Rowland-Rouse insiste : « c’est le Saint-Graal de la force d’appui, car vous obtenez une meilleure adhérence. Parce que l’effet n’’est pas transmis par la suspension. Donc, vous n’avez rien à compenser par un réglage plus dur de la suspension ». Il termine : « chez Ducati, ils fonctionnent comme une équipe de Formule 1 et examinent absolument tous les aspects. Les autres constructeurs doivent le reconnaître et jouer le même jeu ».

A écouter l’homme d’une Formule 1 d’où vient le nouveau team manager d’Aprilia, Massimo Rivola, l’affaire est donc pliée : il y a appui et donc c’est illégal. Sauf que le dire c’est bien, mais le prouver, c’est moins simple… Alex Baumgärtel, l’homme de Kalex rappelle en effet sur Speedweek : « sur une moto de course, la conception de chaque composant individuel a une influence aérodynamique. Un composant neutre qui ne génère ni traînée ni appui n’existe pas dans la dynamique de la moto. Cela vaut pour tout, même si vous faites un déflecteur d’eau qui a un trou pour refroidir le pneu. Il a toujours une influence aérodynamique, que cela vous plaise ou non. Cela s’applique également à chaque aile… ». Un vrai casse-tête…

 

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