Le MotoGP 2026 offre un scénario que le championnat n’avait plus connu depuis longtemps : après douze Grands Prix, seulement 56 points séparent les six premiers du classement. Les quatre Aprilia et deux Ducati restent directement concernées par le titre. Dans une lutte aussi serrée, une course supplémentaire — ou sa disparition — peut peser extrêmement lourd. Et c’est précisément ce qui rend le sort du Grand Prix du Qatar particulièrement sensible.
La situation géopolitique au Moyen-Orient fait désormais planer de sérieux doutes sur la tenue de l’épreuve de Losail, programmée du 6 au 8 novembre après avoir déjà été reportée plus tôt dans la saison. Dans l’hypothèse d’une annulation, le MotoGP aurait alors deux possibilités : supprimer purement et simplement l’épreuve ou lui trouver un circuit de remplacement. Sportivement, les conséquences pourraient être considérables.
Qatar : une course que Marc Marquez ne regretterait probablement pas
Dans la bataille qui oppose actuellement Aprilia à Ducati, tous les circuits ne se valent pas. La saison l’a parfaitement démontré : la RS-GP dispose de terrains particulièrement favorables, tandis que Marc Marquez reste capable de faire une différence spectaculaire lorsque les caractéristiques du tracé correspondent davantage à la Ducati et à son pilotage.
Or Losail apparaît, sur le papier, davantage favorable aux qualités actuelles de l’Aprilia. Pour Marquez, le circuit qatari n’est par ailleurs historiquement pas son meilleur terrain de chasse. La disparition de Losail pourrait donc enlever à Jorge Martin, Marco Bezzecchi, Ai Ogura et Raul Fernandez une occasion potentiellement importante de prendre des points aux Ducati.
Mais une autre question est encore plus intéressante : par quoi remplacer le Qatar ?
Ne pas remplacer le Qatar : avantage au leader
La première solution serait simplement de raccourcir le championnat. Dans ce cas, Jorge Martin pourrait être le premier bénéficiaire de la décision. L’Espagnol possède actuellement 40 points d’avance sur Marc Marquez. Chaque course supprimée réduit mathématiquement les possibilités de remontée du pilote Ducati.
Dans une saison où les écarts restent aussi faibles, retirer un Grand Prix signifie également retirer jusqu’à 37 points disponibles sur un week-end, entre Sprint et course principale. Pour Marquez, une course en moins signifie donc une occasion en moins de revenir. Mais tout changerait si le MotoGP décidait de remplacer Losail.
Barcelone ou Portimão : Aprilia pourrait retrouver un terrain favorable
Le choix du circuit deviendrait alors extrêmement politique sur le plan sportif, même s’il était évidemment dicté en premier lieu par des considérations logistiques. Un retour à Barcelone ou à Portimão pourrait théoriquement préserver certaines caractéristiques favorables à Aprilia.
La RS-GP 2026 a démontré qu’elle pouvait particulièrement bien exploiter certains tracés où la vitesse de passage en courbe, la motricité et la gestion du pneu arrière prennent une importance déterminante.
Pour Aprilia, remplacer Losail par un circuit possédant ces caractéristiques limiterait donc les conséquences sportives de l’annulation. À l’inverse, un autre choix pourrait complètement bouleverser l’équilibre du championnat.
Un deuxième Aragon serait un cadeau magnifique pour Marquez
MotorLand Aragon représente le scénario que les adversaires de Marc Marquez auraient probablement le moins envie de voir apparaître. Le pilote Ducati possède une relation particulière avec ce circuit.
Sept fois vainqueur en MotoGP à Aragon, il y avait réalisé un week-end parfait en 2025 avec la pole position, la victoire en Sprint puis celle du Grand Prix. Et Marquez prépare déjà activement l’édition 2026.
Ajouter une deuxième course à MotorLand en remplacement du Qatar reviendrait donc, théoriquement, à remplacer un circuit plutôt favorable à Aprilia par l’un des terrains préférés de Marquez. Évidemment, rien ne garantirait au numéro 93 les 37 points. Mais dans un championnat aussi serré, la simple modification de la nature du circuit pourrait avoir une influence réelle. Ce qui poserait inévitablement la question de l’équité sportive.
Misano comme compromis ?
Une troisième possibilité serait donc de chercher un tracé considéré comme moins nettement favorable à l’un des deux camps. Misano pourrait correspondre à cette logique. Aprilia y possède des arguments sérieux, notamment avec Marco Bezzecchi, tandis que Marc Marquez y reste naturellement extrêmement compétitif.
Ce serait donc potentiellement une solution moins susceptible d’être interprétée comme un avantage indirect offert à l’un des prétendants. Mais le MotoGP ne pourra évidemment pas choisir son éventuel circuit de remplacement uniquement en fonction du championnat. Disponibilité du circuit, logistique des équipes, transport du matériel, homologation, contrats commerciaux et calendrier international pèseront probablement davantage.
Un choix extérieur qui pourrait peser sur le champion 2026
Le MotoGP pourrait être obligé de prendre pour des raisons de sécurité et de logistique une décision ayant des conséquences sportives majeures. Supprimer Losail favoriserait plutôt le pilote possédant déjà l’avantage au championnat. Le remplacer par un terrain favorable à Aprilia préserverait davantage l’équilibre initial. Le remplacer par Aragon pourrait, au contraire, offrir à Marc Marquez une opportunité supplémentaire particulièrement intéressante.
À 40 points de Jorge Martin et alors que 56 unités seulement couvrent les six premiers du championnat, Marquez n’a besoin que de quelques week-ends pour renverser la situation. Le Qatar pourrait donc disparaître du calendrier 2026. Mais paradoxalement, une course qui ne sera peut-être jamais disputée pourrait malgré tout participer à décider du nom du champion du monde.









