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Entre deux gorgées de Prosecco, Carlo Pernat a posé son regard acéré sur les décombres du Grand Prix d’Espagne. Pour l’agent le plus célèbre du paddock, Jerez n’a pas seulement été une course, c’est un séisme qui a mis à nu les failles des géants et consacré la prise de pouvoir de Noale. Il y a des week-ends qui comptent double. Jerez en fait partie. Et cette fois, le verdict est sans appel.

Pour Carlo Pernat, ce Grand Prix d’Espagne n’est pas une simple étape européenne. C’est un basculement. Un moment où la hiérarchie, que l’on pensait encore stable malgré les premiers signaux, a définitivement explosé.

Ce que Jerez a confirmé, c’est la prise de pouvoir de Aprilia. Avec Marco Bezzecchi et Jorge Martin, la marque de Noale ne se contente plus de jouer les trouble-fêtes. Elle impose son rythme, sa régularité, et surtout une impression de maîtrise qui commence à peser lourd dans la balance du championnat.

Bezzecchi incarne cette solidité : propre, rapide, constant. Martin, lui, apporte l’agressivité, le tranchant, la capacité à revenir au sommet après une période compliquée. Quatre Aprilia dans le top 6 à Jerez : ce n’est plus un coup d’éclat. C’est un système.

Le contraste est violent. La veille, Ducati signe un doublé en Sprint. Le dimanche, c’est le néant. Zéro point pour l’équipe usine. Une anomalie presque impensable il y a encore quelques mois.

La chute de Marc Marquez, l’abandon de Francesco Bagnaia, et soudain, tout ce qui semblait sous contrôle s’effondre.

Carlo Pernat a -t-il raison de sonner l’hallali ?

Mais pour Pernat, le problème est plus profond : la GP26 n’est tout simplement pas au niveau de la GP24. Moins intuitive, moins parfaite, plus difficile à exploiter. Et surtout, elle dépend davantage du pilote.

C’est peut-être le point le plus sensible de l’analyse. Marc Marquez reste dans la course, au classement comme dans l’impact. Mais ce n’est plus ce Marquez capable de compenser n’importe quelle faiblesse technique.

Les blessures, les années, l’usure mentale aussi… tout cela finit par peser. Là où il trouvait autrefois ces fameux « 20 % en plus », il doit désormais composer, gérer, parfois subir. Et face à une Aprilia en pleine confiance, cela change tout.

Pernat n’y va pas par quatre chemins : aujourd’hui, le titre se joue entre Bezzecchi et Martin. Derrière, les autres suivent. Ducati tente de comprendre. Marquez tente de revenir. Mais la dynamique est clairement du côté d’Aprilia.

Pendant que l’Europe se bat en tête, les constructeurs japonais décrochent. Yamaha est à la dérive, entre choix techniques discutables et climat interne incertain. Yamaha est « complètement hors course » selon lui puisqu’ils ont même refusé le nouveau châssis, signe d’une direction technique en grande difficulté.

Ce que Jerez a changé, ce n’est pas seulement le classement. C’est la perception. Aprilia est devenue la cible. Ducati n’est plus intouchable. Marc Marquez n’est plus invincible.

Et pour la première fois depuis longtemps, le MotoGP ne repose plus sur une domination… mais sur un équilibre instable, où tout peut encore basculer — sauf peut-être une chose : le fait que rien ne sera plus comme avant.

Le Prosecco de Pernat sur GPOne a le goût de la vérité pour les uns et du fiel pour les autres. Mais à Jerez, les faits lui donnent raison : Aprilia est le nouveau patron, et Ducati est un roi nu qui cherche désespérément ses vêtements.

Carlo Pernat

 

 

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