Le Grand Prix d’Espagne 2026 à Jerez restera comme celui des paradoxes. Si Alex Marquez a fait triompher la bannière Ducati pour la 124e fois de son histoire, le box officiel de Borgo Panigale, lui, ressemble à un champ de ruines. Entre la chute de Marc Marquez et l’abandon technique de Pecco Bagnaia, le constructeur italien ne respire que grâce à l’oxygène de ses équipes satellites.
Il fallait une victoire. Ducati l’a eue. Mais à Jerez, derrière le succès de Alex Marquez, difficile d’ignorer ce qui s’est réellement joué : une course qui relance les compteurs… sans régler les problèmes de fond.
Ce succès n’a rien d’un accident. Déjà dominateur l’an dernier sur ce circuit, Alex est revenu avec une certitude : ici, il peut faire la différence. Et il l’a prouvé. Quatrième victoire en MotoGP, deuxième à Jerez : la “magie” dont il parle commence à ressembler à une vraie tendance.
En face, le scénario est devenu trop familier. Un début solide, une position idéale… puis la chute.
Marc voulait réagir immédiatement après le dépassement. Trop vite, trop tôt. Résultat : une perte de l’avant à haute vitesse, et une nouvelle occasion envolée. Le contraste avec son Sprint victorieux la veille est saisissant, mais il dit beaucoup de sa situation actuelle : capable de coups d’éclat, mais encore incapable d’enchaîner sur la durée. Et au championnat, la sanction est immédiate.

Gigi Dall’Igna Ducati : « Ce test de Jerez sera une journée où nous devrons travailler dur »
Pendant que Ducati se débat avec ses contradictions, Marco Bezzecchi continue d’avancer. Sa deuxième place, acquise avec sang-froid après un samedi chaotique, lui permet de consolider sa position en tête du championnat.
Derrière lui, Fabio Di Giannantonio complète le podium, confirmant qu’il est aujourd’hui le pilote Ducati le plus constant. Une donnée qui, il y a encore quelques mois, aurait semblé improbable.
Quant à Jorge Martin, sa remontée jusqu’à la quatrième place rappelle que la menace Aprilia reste bien réelle, même dans un week-end moins flamboyant.
L’abandon de Francesco Bagnaia ajoute une couche supplémentaire d’inquiétude. Problème à l’avant, silence dans le box, suspicion autour d’un élément externe : rien n’est clair, mais tout sonne comme une alerte.
Car malgré la victoire d’Alex Marquez, la réalité reste la même : la GP26 continue de poser des questions. Et lorsque même Luigi Dall’Igna regarde déjà vers ce test du lundi plutôt que vers la course, le message est limpide. Gigi Dall’Igna, patron de Ducati Corse, n’a pas caché ses priorités : « Je pense plus aux essais de lundi qu’au Grand Prix d’Espagne. Jerez sera important, notamment ce test de lundi, où nous aurons l’occasion d’essayer de nouvelles choses. Ce sera donc une journée où nous devrons travailler dur. »
Ducati a gagné à Jerez. Sur le papier, l’essentiel est là. Mais la vraie réponse, Ducati la cherche ailleurs. Dans les données. Dans les réglages. Et surtout… dans ce test MotoGP du lundi. Voici sa seconde partie !































