Pedro Acosta n’a jamais caché son ambition de devenir champion du monde MotoGP. Pourtant, à quelques mois de rejoindre Marc Marquez dans le garage officiel Ducati, l’Espagnol ne parle pas de guerre interne ni de revanche générationnelle. Dans une interview accordée au quotidien AS à Phillip Island, le pilote de 22 ans dévoile une approche étonnamment pragmatique : profiter de la présence de son futur coéquipier pour apprendre, avant de songer à le détrôner.
Marquez : un rival, mais d’abord une référence
L’arrivée annoncée d’Acosta chez Ducati en 2027 promet l’une des associations les plus fascinantes du plateau. D’un côté, Marc Marquez, champion expérimenté et référence incontournable de sa génération. De l’autre, Pedro Acosta, considéré comme l’un des talents les plus prometteurs du MotoGP.
Mais le Murcien refuse de brûler les étapes. « La première chose sera de m’adapter à l’équipe et de voir si je peux progressivement apprendre de Marc. » Une déclaration qui contraste avec l’image d’un pilote souvent présenté comme impatient, ambitieux et peu disposé à accepter un rôle secondaire.
Acosta semble avoir compris qu’affronter Marquez ne signifie pas nécessairement chercher à le battre dès les premiers essais. Observer sa méthode de travail, sa gestion des courses et son expérience pourrait représenter un avantage considérable. D’autant que cette occasion ne durera pas éternellement.
Rossi et Marquez : deux légendes au même niveau
Interrogé sur les plus grands pilotes de l’histoire, Acosta refuse de départager deux figures qui ont profondément marqué le MotoGP. « Marc a accompli énormément de choses sur la piste et Valentino a marqué les médias. Ils sont au même niveau. Ce sont les deux meilleurs de l’histoire. »
Une comparaison intéressante. Pour Acosta, Marquez incarne avant tout l’exploit sportif, tandis que Valentino Rossi a également transformé la popularité et la dimension médiatique du championnat. Cette distinction ne diminue aucun des deux champions.
Elle montre surtout qu’Acosta mesure déjà l’importance de l’héritage laissé par les grandes figures du paddock. Et qu’il s’apprête à partager son quotidien avec l’une d’elles.

Carmelo Morales : celui qui a aidé Acosta à retrouver le sourire
L’interview révèle également une facette plus personnelle. Avant sa première victoire MotoGP en Autriche, Acosta a traversé une période difficile chez KTM. Les résultats tardaient, les frustrations s’accumulaient et le jeune Espagnol reconnaît avoir été profondément perturbé.
C’est alors qu’il s’est tourné vers Carmelo Morales. « J’étais très perturbé et je l’ai appelé parce que je n’allais pas bien. Au moins avec lui, je pouvais rire. » Ce qui devait être un simple soutien moral s’est progressivement transformé en une aide précieuse sur le plan technique.
Acosta a découvert chez Morales une connaissance des motos et une capacité d’analyse qu’il ne soupçonnait pas. Un accompagnement qui lui a permis de prendre du recul et de mieux comprendre ses difficultés. Derrière le talent brut, il y avait donc aussi un pilote qui cherchait à retrouver sa confiance.
Acosta : « Mettre un masque est très facile, mais il finit par tomber »
La célébrité constitue un autre défi pour Acosta. Mais contrairement à certains sportifs qui construisent soigneusement leur image publique, l’Espagnol revendique sa spontanéité.
« Il vaut mieux être connu et aimé ou détesté pour ce que l’on est, et non pour un personnage fictif. » Une philosophie qui rappelle parfois la franchise de Jorge Lorenzo, autre champion connu pour ses déclarations sans détour.
Acosta accepte ainsi le risque de déplaire. Il préfère assumer ses maladresses plutôt que fabriquer une personnalité destinée à satisfaire tout le monde.
Alors, qu’est-ce qu’on retient ?
- Ducati : Acosta veut d’abord apprendre de Marquez avant de le défier.
- KTM : Carmelo Morales l’a aidé à traverser une période de doute.
- Personnalité : le Murcien refuse de sacrifier son authenticité à la célébrité.
Pedro Acosta arrive chez Ducati avec l’ambition d’un futur champion, mais aussi avec une lucidité nouvelle. Il veut apprendre de Marquez tant qu’il en a l’occasion. Reste à savoir combien de temps l’élève acceptera de rester dans l’ombre du maître.





