Maverick Viñales est un pilote considéré par le paddock comme l’un des cinq plus rapides du plateau MotoGP. Se retrouvant soudainement disponible pour la saison prochaine, en raison d’un divorce annoncé avec Yamaha, les autres constructeurs en lice sont contraints de se pencher sur la question de son recrutement. Apparemment, Aprilia est avancé sur la question. Sur le papier, c’est l’option la plus logique puisque la place est à prendre, la RS-GP ne pouvant compter actuellement que sur Aleix Espargaró comme pilote titulaire véloce et expérimenté. Mais serait-ce réellement une bonne affaire pour les deux parties ? Des éléments incitent à la prudence…

D’un côté nous avons un Maverick Viñales qui a décidé de changer d’orientation, bouleversant ainsi sa carrière qui, aujourd’hui, n’a que comme certitude celle de finir la présente saison sur une Yamaha. Ensuite, et pour le moment, c’est l’inconnue. De l’autre, nous avons un constructeur Aprilia qui cherche désespérément un pilote véloce et solide à installer aux côtés du vaillant Aleix Espargaró qui tient seul et à bout de bras le projet RS-GP. Une moto qui, par ailleurs, montre cette saison de belles dispositions grâce à sa nouvelle évolution. Au vu de leur situation respective, les deux protagonistes ne peuvent que se retrouver.

Et pourtant, ce n’est pas évident. Chez Aprilia, on a appris à se méfier depuis que des espoirs du Moto2 ont rejeté l’opportunité de rejoindre la structure avec pourtant un contrat usine. Et actuellement, Andrea Dovizioso commence à faire comprendre qu’il se verrait plus comme un pilote d’essai que comme un titulaire à la saison. Il y a donc comme une malédiction pour ce second guidon que personne ne semble vouloir. Cela étant dit, si Viñales disait oui, les gens de Noale ferait-il une bonne affaire ?

Economiquement, c’est à voir. Piaggio devrait donner un bon coup de pouce sur la question du salaire, mais il paraît que pour 2,5 millions d’euros, Viñales donnerait son accord. C’est pourtant bien moins que la moitié de ce qu’il touche actuellement chez Yamaha. Mais ce serait le sacrifice à faire pour jouir de cette ambiance familiale et de cet intérêt exclusif qu’il réclame toujours depuis qu’il est chez Yamaha. Et qu’il avait connu à ses débuts chez Suzuki. Enfin, il n’aurait pas la pression du résultat immédiat. Personne n’envisage la RS-GP comme une machine gagnante pour le moment.

Viñales

Entre Maverick Viñales et Aprilia ça ne coule pas de source

Voilà pour l’homme. Mais pour Aprilia ? La réponse est plus nuancée… La marque a besoin de stabilité et de sérénité pour grandir. Sur ce point, le caractère que Viñales a montré jusque-là n’encourage pas à faire reposer sur ses épaules la responsabilité d’un développement technique. Et puisque l’on parle de technique, on signalera qu’il n’a connu, avec Suzuki et Yamaha, que des motos équipées d’un quatre cylindres en ligne. Or, chez Aprilia, on a un V4. Il faudra s’adapter, comme Jorge Lorenzo l’a fait en se posant sur la Ducati. Il lui a fallu du temps pour réussir, et ça ne s’est pas fait sans heurts, avec l’épilogue que l’on sait.

Par ailleurs, l’Aprilia est connue comme être une moto qu’il faut savoir cravacher. Un ADN normal puisque c’est Aleix Espargaró, au style viril, qui la connait. Un Andrea Dovizioso voire un Petrucci venant de Ducati, peuvent s’y faire. Mais Viñales qui sort des agiles Suzuki et Yamaha ? Cela reste à démontrer.

Au vu de son palmarès et de sa vélocité intrinsèque reconnue, Viñales est certainement sur le papier une opportunité à saisir pour une usine Aprilia qui n’arrive pas à séduire en MotoGP. Cependant, entre le caractère du pilote, sa capacité à savoir développer une moto qui reste à prouver, et d’autant plus en partant d’une base loin de ses expériences connues, le choix mérite réflexion et la question de l’intégration au projet RS-GP à poser.

VR46 Aprilia



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