Pecco Bagnaia et Jack Miller sont les nouveaux pilotes du team usine Ducati. Ils connaissent la marque et la Desmosedici puisqu’ils viennent de l’équipe satellite Pramac de la marque, mais ils entrent tout de même dans une nouvelle dimension. En changeant simplement de couleur, ils ont élevé le niveau d’exigence. La pression sera là et pas seulement sur Jack Miller qui va devoir être digne de ses compatriotes qui sont passés avant lui dans le box que sont Bayliss et Stoner. Pour Bagnaia aussi le poids du passé va peser. Et il est plus que récent puisqu’il s’appelle Andrea Dovizioso …

Bagnaia comme Miller va devoir composer avec les fantômes du passé pour se faire une place propre dans l’histoire Ducati. Car ils y sont entrés de plain-pied depuis la présentation officielle en rouge le 9 février. Pour l’Italien, l’émotion est d’autant plus grande qu’il vient d’atteindre un but rêvé depuis qu’il est enfant : « j’ai grandi avec toujours une Ducati dans la famille. Enfant, j’adorais le bruit des motos Ducati, différent de tous les autres. Et c’est une moto italienne. Arriver en MotoGP est le rêve de tout pilote, pour moi réussir avec la Ducati est le plus beau. Et maintenant je suis dans l’équipe officielle : magnifique ».

Le rêve est ainsi vécu, mais la réalité impose aussi ses impératifs : « nous devons parvenir à un résultat, essayer de faire oublier quelqu’un comme Dovizioso. Prendre sa suite ne sera pas facile, pas plus que celle Danilo Petucci. Sans parler de Lorenzo a fait un excellent travail. C’est une énorme responsabilité.  Dovi a terminé deuxième trois fois au championnat du monde et une année, il était vraiment très près de remporter le titre. Ce sera très difficile, mais nous sommes ici pour essayer de réussir. Nous avons toutes les références pour montrer que notre moto est la plus rapide et que les pilotes le sont aussi ».

Lors de la présentation, le patron sur le terrain Dall’Igna avec qui il vaut mieux s’entendre selon Dovizioso a clairement fixé le titre comme objectif. N’est-ce pas trop déjà demandé à un pilote qui n’a encore rien gagné en MotoGP, même s’il est auréolé d’un titre mondial en Moto2 en 2018, ce qui déjà plus que son équipier Jack Miller ? … « C’est une pression positive et de la part d’un pilote d’usine c’est ce que vous attendez : un pilote officiel Ducati ne peut pas penser à terminer cinquième ou sixième, ou faire une bonne course et deux ou trois mauvaises … » reconnait l’Italien.

« Le but est forcément de remporter le titre. Comme cela m’est déjà arrivé en 2018, en Moto2, je vise avant tout à gagner la première course et à partir de là, je commencerai à penser plus grand. Je dois être plus constant, même en cas de problème. La pression qu’ils exercent sur nous n’est que positive, Miller et moi savons qu’être dans l’équipe d’usine porte une grande responsabilité à la fois pour le développement et les résultats ».

Pecco Bagnaia : « je me suis toujours senti bien avec Ducati »

Bagnaia précise où il a sa marge de progression : « avec les températures élevées, j’ai toujours été compétitif, tandis qu’avec les basses, j’ai beaucoup lutté. J’ai travaillé pendant l’hiver pour améliorer cet aspect, même au Ranch j’ai essayé de comprendre comment m’améliorer en début de session, avec des pneus froids. Pour moi, c’est la chance d’avoir Jack comme coéquipier, vous pouvez en apprendre beaucoup : j’ai analysé chaque session de Jack en Aragon et à Valence, j’ai essayé de comprendre comment il est immédiatement efficace dès le début ».

Puisqu’il parle du Ranch, a-t-il parlé à Rossi de ses années chez Ducati ? « La moto d’aujourd’hui n’a rien à voir avec la Ducati de l’époque: tout le monde a changé, c’est un projet totalement différent. Dovi a également commencé à bien faire lorsque Ducati a commencé à développer ce projet. Pour Valentino, la situation était très compliquée, de nombreux pilotes n’allaient pas vite avec cette moto. Je ne me compare pas à lui, c’est impossible : maintenant la Ducati est la moto la plus compétitive de la grille, aucune comparaison ne peut être faite ».

Bagnaia termine sur l’ambiance interne au sein de cette équipe qui a souvent eu des fins de contrat compliquées avec ses pilotes … « Je me suis toujours senti bien avec Ducati et je me suis toujours senti considéré : jusqu’à ce que ça m’arrive, ce n’est pas quelque chose qui m’inquiète et, honnêtement, je n’ai pas peur d’être remis en question. La relation est très bonne et je sais qu’elle ne sera jamais remise en cause, sauf si je suis toujours 15e. Mais dans ce cas, je serai le premier à me remettre en question ».

 



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