En un Grand Prix d’Andalousie qu’il n’a pourtant pas fini à cause de la rupture du moteur de sa Desmosedici, Pecco Bagnaia est devenu un choix crédible pour le team officiel Ducati. C’est dire si son capital sympathie était fort dès le départ tandis que cette tendance confirme encore un peu plus l’ambiance chez les rouges dans la gestion du dossier Dovizioso. Son actuel patron chez Pramac, Francesco Guidotti parle de cette nouvelle situation qui, si elle se confirmait, donnerait cette physionomie inédite : la paire de l’équipe d’usine en 2021 serait exactement celle de Pramac cette saison, puisque Jack Miller a déjà signé…

Francesco Guidotti, manager de l’équipe Pramac est le premier à reconnaître qu’une hirondelle ne fait pas le printemps. Il reste donc prudent sur le cas Bagnaia qui n’a jamais montré d’aussi belles dispositions en MotoGP que lors du dernier Grand Prix d’Andalousie. On rappellera que le Champion du Monde Moto2 version 2018 était un solide second de la course, avant que son moteur ne le lâche.

« Il a fait une belle course. Nous espérons que c’est le début de ce à quoi nous nous attendions » commente Guidotti. Reste que cette prestation lui a assuré, au pire, sa place actuelle : « la prolongation du contrat avec Bagnaia est désormais presque une évidence ». Puis l’Italien ajoute : « nous pourrions la perdre si les négociations épuisantes avec Dovizioso ne conduisaient pas à une conclusion ».

La tension est donc vive chez Ducati Corse entre la structure officielle et celui qui y évolue depuis 2013, avec trois statuts de vice-champion du monde. Un bilan plus qu’honorable qui ne semble pourtant pas faire le poids… De fait, Pramac pourrait perdre Bagnaia, justes après avoir dû laisser partir Miller. « Inévitablement, je n’ai pas beaucoup de marge de manœuvre pour négocier avec Ducati », reconnaît Guidotti. « Sérieusement, je ne mettrais jamais mon veto si un pilote avait la possibilité de rejoindre l’équipe d’usine, et aussi parce que c’est notre travail d’en arriver là ».

Luca Marini intéresse beaucoup

« S’il arrivait que nous leur remettions nos deux pilotes, cela signifierait que l’équipe d’usine serait en quelque sorte la nôtre cette année. Ce serait bien si cela arrivait. Parce que cela signifierait aussi que nous avions un bon nez lorsque nous avons signé Pecco il y a trois ans » ajoute Guidotti avec une certaine philosophie.

Mais si cela arrivait, il faudrait trouver le successeur. Or, celui de Jack Miller n’est pas encore officialisé. Ce serait une vraie chasse ouverte sur les terres du Moto2. On sait que Jorge Martin tiendrait la corde pour le guidon laissé par Miller. Dans le cas de Bagnaia, un Italien remplacerait un autre Italien.  Lequel ? Voici les noms avancés par Guidotti

« Luca Marini est certainement le pilote le plus expérimenté, il a déjà montré qu’il pouvait être devant lui aussi. Même si ce n’est parfois que par phases. Je pense que d’un point de vue sportif, il est suffisamment mature pour passer au MotoGP. Bastianini a également montré qu’il était là, mais peut-être devra-t-il acquérir encore plus d’expérience en Moto2 ».

« Marini me semble être le pilote le plus complet aujourd’hui, mais peut-être que tout sera différent en trois courses », a résumé Guidotti, qui a également assuré que Pramac n’était pas pressé : « nous pouvons attendre, car si c’était le cas, nous proposerions une moto qui plairait aussi bien aux débutants qu’aux pilotes expérimentés. »

Une dernière phrase qui intéressera sans doute Cal Crutchlow ou donnera espoir à un Andrea Iannone toujours en attente de la décision d’un tribunal qui déterminera la suite de sa carrière. Sinon, le titre 2020 en Moto2 prend maintenant une toute autre perspective si bien qu’il promet d’être âprement disputé…



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